CHAPITRE 7
16/6.Comment arrêterais-je ? J'ai encore tant
de choses à vous raconter... Mon île Coco,
déserte, au milieu du Pacifique, des cascades d'eau
fraîche qui se déversaient dans notre crique,
sortant de bouquets d'arbres denses, brouillés par
un nuage d'écume où voltigeaient les jabots
écarlates des frégates en amour et Didier
et moi, nus, poussant en nageant une petite baignoire gonflable
dans laquelle gisait un sanglier que nous venions d'abattre,
au fusil de guerre, tout ça entouré d'une
quinzaine de requins, car c'est bien connu, il y a beaucoup
de requins à l'île Coco. Quel fou étais-je
!
Aujourd'hui, c'est la fête des pères... à
l'aurore, je suis allé regarder dans le ciel (dans
les yeux dElise), si ma nouvelle étoile brillait
toujours, et, en se levant, le soleil nous a trouvé
enlacés.
À l'heure où j'écris,
elle est allée faire "son marché",
au temple, son plein d'énergie pour la semaine. Dieu
sait qu'elle va en avoir besoin, elle gagne les sous, elle
me fait l'amour, elle fait la lessive...
Vous allez dire
:
Il est fou ! Pour guérir, il faut :
Vivre nu, sur
un voilier, à Tahiti
et faire travailler sa (jeune)
femme ! !
Un full time job !
Oui, mon repos a le goût
amer de sa sueur et de ses larmes,
Comment puis je continuer
de la sacrifier ainsi ?
Cest un meurtre !
Bon, face
Nord :
--- Elise : Tu sais, je peux être très
méchante ,
Il y a un homme qui mattend patiemment
17/6. The next best thing after an orgasm is a full stomach,
disait mon copain David, (avoir lestomac plein est
le seul plaisir qui soit comparable à un orgasme).
Ça me rappelle qu'enfant, j'avais toujours faim,
et ce triste sentiment de culpabilité, à chaque
fois que j'allais chaparder dans la cuisine quelques restes,
chez les parents, grands-parents, marraine ... Ce n'était
sans doute pas encore de la gourmandise, j'avais besoin
de grandir, mais ça l'est devenu. Quelle tristesse
de manger pour le plaisir, sans faim réelle, ce qui
est le lot de la plupart des êtres civilisés
que nous sommes ! Autrefois, je chapardais des petites femmes,
de ci de là, avec l'appétit de ma jeunesse,
plus tard, c'est devenu de la gourmandise...
Maintenant,
j'essaie de me reconstruire, et j'y arrive ! je suis tellement
heureux, le soir après dîner, de ressentir
ce bien être général, ce sentiment d'avoir
l'estomac vide, un peu faim, mais de contrôler parfaitement
cette envie jusqu'au lendemain matin, jusqu'aux pamplemousses
de six heures.
Je me rends compte que personne n'est prêt
à me lire, moi qui pensais pouvoir bientôt
permettre à Elise de quitter son travail pour se
consacrer aux enfants... personne sauf peut-être les
allemands, qui ont compris qu'il faut diviser le temps de
travail par deux pour sauver le pays ; ils savaient déjà
que leurs étudiants étaient plus performants
en ne travaillant que le matin et en faisant du sport l'après-midi,
que les jeunes doivent passer une partie de leurs études
à des activités manuelles professionnelles,
en parallèle au théorique.
A ce propos, quelle
joie de lire un article de Georges Charpak sur l'apprentissage
précoce des sciences dans les milieux défavorisés
californiens, il y a tellement longtemps que j'en suis conscient
et je me suis tellement régalé avec Teva quand
il avait 4, 5 ans, à jouer avec des raisonnements
très complexes, par oral et par écrit.
3/7. Elise a un livre sur le yoga , j'y ai trouvé "ma position" bien décrite : Utkatasan, recommandé aux gens qui souffrent de constipation, soit la plupart dentre nous ...(non ?) et... en post-scriptum :"essayez de tenir 5 secondes..."
Imaginez un médecin
dire au patient qui souffre de « paresse du transit
» :
Prenez votre petit déjeuner accroupi.
Décidément, jai choisi un sujet difficile
!
Les gens sérieux vont sourire . Sauf
si je
leur dis que cest souverain contre : Le stress, lobésité
et limpuissance !
Pour séduire nos secrétaires
(mot mixte !) nous sommes prêts à faire tous
les efforts, souvent aussi stupides que courir en combinaison
étanche, ramer dans notre salle de bain, porter des
poids sous nos vêtements, consommer des anabolisants
..
Rééduquons plutôt nos sphincters en
priant accroupi ! ! !
Pour vous dire à quel point
nos dîners sont spartiates... en sortant de table,
nous pourrions sans peine engloutir un bon repas "traditionnel"
et d'ailleurs, quand il nous arrive d'aller au restaurant
(très rare !), nous ne manquons jamais de dîner
avec les enfants, exactement comme d'habitude, avant d'y
aller, sans doute pour faire des économies.
6/7.
Hier, je n'ai pas trouvé une seconde pour m'allonger;
circuit nage, «concert spatial accroupi », comment
vais-je appeler cette séance de recharge énergétique
? tout ça précédé par un 7 à
9 fou, préparation du petit déjeuner et du
repas de midi de ma troupe (ils vont tous au musée
avec Elise, ils sont en vacances...) et clos par mon 14-19
heures habituel : courses, préparation du dîner,
etc... Nous sommes dans une passe "soupe géante",
Tarua, verdure, lait de coco, avec mito au thon blanc.
Vrai,
je n'ai jamais travaillé pour personne, exact, j'ai
vécu comme un roi avec moins que le SMIG pendant
30 ans. Oui, je suis un nomade, exact, je n'ai jamais payé
d'impôts, vrai, je n'ai jamais payé un centime
de taxes ou TVA sur mes six bateaux, en trente ans, il suffit
de rester mobile et de dire aux douaniers qu'on est de passage,
sinon, chaque pays traversé vous réclame entre
20 et 50 % de la valeur du bateau, si vous restez chez eux
plus de six mois ! Je n'ai jamais dépensé
un sous d'assurances non plus, calculez la fortune que ces
trois rubriques m'auraient coûté en 30 ans
! Sil vous plaît, ne me demandez pas de me justifier
sur la façon dont je participe, soyez heureux que
je vienne vous réclamer un peu dargent
. On
ne donne jamais assez pour la recherche . scientifique et
spirituelle .
Oui, jai nargué les autorités
du monde entier, je nai jamais raté une occasion
de leur faire un pied de nez, naviguant sans papiers pour
mes bateaux autre quun vulgaire reçu de mon
chantier chinois, ce qui rendait perplexe les douaniers,
(américains, Australiens ou autres ), quittant les
ports sans faire de clearance ou allant toujours à
lopposé de lendroit où je déclarais
aller, si par hasard jen faisais une .
Vrai, c'est
fatiguant d'être totalement responsable de tout. Je
sais maintenant qu'il me reste une cinquantaine d'années
à vivre, peu et beaucoup à la fois, et que
mon "travail" ne fait que commencer, que j'en
passerai sûrement une partie en prison, (avec tout
ce que j'écris !)
11/7. Ça aide à tenir
le coup, de se dire qu'il y a quelque chose au-dessus du
hasard, de la fatalité, de la logique, pour vous
récompenser de vos efforts. Si le monde était
fait de deux forces contraires absolument égales,
le bien et le mal, que ce serait ennuyeux ! (mais, qu'est-ce
qui m'arrive ? Je dois être très fatigué.)
14/7. Tepea m'a rapporté quatre ufs, il y a
beaucoup de poulettes semi sauvages, dans le grand parc
du musée; bouillis, épluchés... j'y
ai trouvé quatre poussins, que j'ai mis dans la soupe
(j'aurais eu honte de les jeter), tels quels, bien sûr.
Aux Philippines, autour des combats de coqs, les gens se
régalent de ces ufs qui croquent un peu sous
la dent ! ---
Teva : Dis papa, tout le monde est intelligent,
hein ? --- On peut être nul à lécole
et être un génie, nest ce pas?
Si je
dis que ma thérapie m'a sauvé, les foules
vont éclater de rire, si je dis que c'est la foi
dElise, les masses vont hausser les épaules...
décidément, le suffrage universel ne signifie
pas grand-chose !
Chacun de nous a une part de responsabilité
dans la bonne marche de l'univers, cet immense corps dont
nous faisons partie, mais, si la terre explose demain, par
notre faute, elle renaîtra un peu plus loin dans quelques
milliards d'années... après-demain quoi !
Vous allez dire que je parle trop de ma vie intime, de la
sexualité de mon couple, je serais malhonnête
de ne pas le faire, une fois de plus, aujourd'hui, je dois
à tous de vous dire les pas de géant que ma
thérapie m'a fait faire; je suis bien obligé
de constater des changements spectaculaires, nos "explosions"
n'en finissent pas, et sont plus intenses que jamais, mes
petits ufs sauvages fécondés m'ont bien
remercié de ne pas les avoir jetés; dans la
machine bien nettoyée et réceptive que je
suis devenu, ils ont produit un effet magique... des câlins
divins...
Et trop peu de la vie de ma cité lacustre,
car je vis en ermite, accroupi 4 à 6 heures par jour,
plongé dans la lecture, boules Quiès dans
les oreilles, à mes activités de "maman"
le reste du temps. Pourtant, il s'en passe des choses autour
de nous; en ce moment, par exemple, des dizaines de voiliers,
américains pour la plupart, sont en escale, après
avoir traversé le Pacifique, le voyage de leur vie;
ça anime notre mouillage et le quai, en ville, est
bondé, pour quelques mois.
Non, je ne suis pas nostalgique,
enfin, pas trop !
En fait d'activités de "maman",
je vois mal une femme faire mon marché quotidien.
Hier, je suis rentré avec 60 kilos : 30 kilos de
tarua et 25 de bananes (régime). Le reste en poisson
etc. Sur la moto, c'est du sport ! et la moto est le seul
moyen de faire vite, à cause des embouteillages.
Les jours ordinaires, il est rare que j'aie moins de 30
kilos sur le dos. Mais surtout, j'ai besoin de beaucoup
de concentration, pour tisser mon réseau de fournisseurs.
Après avoir jeûné 3 jours, Elise s'est
remise à manger, et... critique la rudesse de mes
repas. Je leur donne, pour leur journée passée
au musée, quelques taruas vapeur cuits dans leur
peau, avec du poisson séché et quelques bananes.
Spartiate, vrai, mais quand on a voyagé comme nous
l'avons fait, on sait que c'est du luxe. Des millions de
gens n'ont pour repas qu'un bol de riz ou deux par jour,
point ! Avoir un morceau de manioc chaud est un luxe rare,
un morceau de poisson, l'éden, un fruit frais, impensable
! 17.7. Je sens que leffet du magistral coup de poing
que jai reçu dans la figure commence à
sestomper, je ne nage plus, ou si rarement, je ne
vais tout de même pas abandonner ça . Autrefois,
j'étais heureux, maintenant, je gagne des moments
de bonheur au prix d'un travail acharné. C'est peut-être
ça, devenir adulte, ou est-ce l'enfer ?
Tous des
P(h)arisiens, après avoir épuisé nos
terres, nous les avons abandonnées pour venir grossir
les cités, et nous osons encore parler de pollution,
indécent ! tout le monde sait bien que les citadins
sont tous d'anciens campagnards, qui élaborent de
belles théories sur la protection de l'environnement
(comme moi !) dit-on écosystème ? et que chacun
attend que ce soit "l'autre", qui retourne s'éreinter
sur la charrue ! Pourtant ... il faut avoir vécu
dans une contrée isolée, avoir cultivé
« à lancienne », avoir supporté
la dictature DU curé, DU gendarme, DU médecin
et DE linstit de lîle, pour comprendre
lexode rural et la tentation des engrais et insecticides
chimiques . Ah, Laurence ! Il va falloir que tu mettes tout
ça en ordre avec ton bel ordinateur...
25/7- Je le
répète, ma thérapie est très
efficace, mais c'est un énorme travail, plusieurs
heures par jour pendant des mois, sept, pour moi, et j'en
suis à 6 heures accroupi par jour ! J'arrive maintenant
à m'endormir en position ftale (tête
dans les genoux). Ça s'appelle faire l'uf :
c'est votre fils, ça, madame ? Quel uf ! !
27/7 Bien amélioré mon dispositif ablutions
: un long bras, situé à ma gauche, actionne
une pompe qui remplit mon seau à la demande, c'est
de ce seau que part le tuyau qui aboutit au pubis. Avantages
? eau plus propre et plus froide, parce que puisée
plus profond (6 m), plus fraîche aussi, et fini les
nombreux seaux qui attendent sur le côté et
les va-et-vient incessants. D'autre part, j'ai augmenté
le débit, passé de 50 litres à l'heure
à 100 litres à l'heure. En bout de journée,
ça fait presque une tonne ! au prix du m3 d'eau parisienne,
ça fait cher, surtout si toute la famille s'y met.
Mais l'eau de mon lagon n'a pas de prix ! Et pourtant, elle
est gratuite...
"Homme libre, toujours tu chériras
la mer"..
. En tous cas, je sens la différence.
Où est-ce que ça va s'arrêter ? Je me
dis que, même si cette thérapie n'est pas reconnue
avant longtemps (100 ans ?), j'aurais eu la chance d'être
parmi les rares initiés, et même parmi ceux
qui l'ont fait progresser.
Une paire de bottes en caoutchouc
est bien pratique, car ça mouille beaucoup dans le
coin.
Une personne a marqué mon enfance, mon grand
père . Aucune image ne restera gravée en moi
plus longtemps que celle de Daddey posant sa grande main
noueuse sur celle, toute fine, de Graney, Graney qui disait,
en souriant, quand il partait faire ses marches avec son
appareil de photo, "il va voir ses petites femmes".
Pendant la journée, il dessinait souvent les paysages
qui l'entouraient, de superbes aquarelles ou des nus, au
crayon, il modelait les corps dans l'argile, et la cave
était pleine de ces "dames"... Tout cela
fait partie d'une tradition encore bien vivante chez nous;
oncle Pierre, et maintenant Manie, ont repris le flambeau.
Daddey, le type même du gaulois, moustache abondante
sous un long nez nerveux et tranchant, l'il vif et
rieur sous un grand front, toison d'argent en broussaille,
dents éclatantes, tout ça sur une carcasse
de un mètre quatre vingt dix mince et musclée,
recouverte d'un habit de toile ocre et froissée et
de chaussures qui semblaient avoir marché un tour
du monde entier. Je revois si bien sa belle main entamant
une boule de pain de campagne avec son grand couteau, en
tirant vers sa poitrine, ou taillant ses vignes, ses roses,
ses crayons ...
Graney m'a éclairé sur une
partie plus cachée de son anatomie en me montrant
une photo jaunie de lui avec une bande de copains quand
il avait 30 ans : "Tu aurais dû les voir certains
jours, tout nus, et bien vivants ! " ( il est resté
vert jusqu'à 70 ans !) Un jour où je faisais
mes classes à Fréjus, je suis allé
rendre visite à leurs amis de jeunesse dans une maison
de retraite voisine, là j'ai entendu une vieille
dame me dire : Christian, quel homme, votre grand-père
! Il avait un ventre de lévrier, avec nostalgie.
Je vous décris un homme de 80 ans, car je n'ai pas
connu celui qui construisait des barrages dans les Alpes
et skiait avec son uniforme de chasseur alpin, son fusil
sur le dos, mais il faut connaître les immenses plages
de la Manche pour l'imaginer allongeant ses grandes jambes
pendant des heures dans le vent marin entre dunes et vagues.
J'entends encore sa grosse voix quand il commandait le silence
aux enfants que nous étions, à table, une
grande table ronde comme je les aime, sur laquelle fumait
la soupière pleine des moules que nous venions de
cueillir dans les rochers (d'autres jours, c'était
des crevettes) ; oui, il fallait un silence absolu car les
grands écoutaient le journal parlé sur un
des tout premiers postes de radio, la guerre venait de s'achever,
autour de nous, beaucoup de maisons en ruine en témoignaient,
ainsi que les nombreux blockhaus dans lesquels nous allions
jouer, éparpillés dans les dunes voisines.
Par miracle, la maison des grands-parents avait échappé
aux bombes, perchée sur une falaise pleine de glaise,
qu'elle sentait bon cette maisonnette de vacances d'où
l'on pouvait voir l'Angleterre une fois ou deux dans l'été,
par très beau temps.
J'ai écrit quelque part
que le père de Daddey était ministre des colonies;
ça a fait sourire mon père . Cest bien
plus tard, en lisant « Les hommes de bonne volonté
», que jai compris la signification de ce sourire
; Jules Romains y fait dire à Jaures : « Jen
suis à me demander si, à lheure quil
est, lhomme le plus puissant de France nest
pas Guillain. » « je vous rappelle quil
a sous sa coupe toutes les sociétés métallurgiques,
toutes les mines, et brasse chaque année des sommes
bien supérieures au budget total du pays, sans parlement
pour lui demander des comptes ! »
Telle était
réellement la puissance de mon grand père,
me dit papa... ....et fils unique d'un modeste charpentier
de marine de Boulogne
que j'imagine bien taillant
à l'herminette les bordées des voiliers terre-neuvas,
comme je revois Daddey tailler le pain de campagne . Mais,
brillant élève, major de sa promotion à
Polytechnique ...
Daddey a été l'artiste de
cette branche, seulement ingénieur hydroélectrique
! Graney lui a toujours un peu reproché de ne pas
avoir repris les grandes affaires familiales.. il ne m'a
jamais dit comment il a obtenu sa croix de guerre en 14/18,
mais qu'il était beau, en uniforme de capitaine !
(Manie m'apprend qu'il a été héroïque,
blessé au « chemin des dames », à
Verdun, terrible bataille qui ne dit rien à nos jeunes...)
Maintenant, je vous demande un peu dattention, quand
il me parlait de son grand père, il me promenait
dans les rues de Boulogne sur mer en 1800 ! et nous sommes
en 2000 ... Pour mes petits enfants, qui verront 2100, ça
fera 300 ans décart ...
27/7 Il y a mille façons
de vivre à peu de frais, une fois par semaine, je
rapporte une tête de thon (elles sont données
et pèsent 5 kilos avec les nageoires caudales). C'est
un plat délicieux. Pour ma part, je me régale
des yeux, un repas à eux seuls ! Les Anglais nous
traitent de mangeurs de grenouilles et d'escargots . Que
vont-ils dire de mes festins d'yeux de thon ? Dans le monde
entier, l'il est un met de choix, au Maroc, le maître
de maison dépose celui du mouton devant l'hôte
qu'il veut honorer, à Tahiti, Aïmata signifie
: "Mangeuse d'yeux", car Aïmata était
le nom des reines et, lors des festins qui succédaient
aux sacrifices humains, c'est à elle qu'était
réservé l'il des victimes (cuit, je
pense), encore que j'ai souvent vu ces gens dévorer
des poissons, crus, sans assaisonnement, parfois assez rustre
ment. Au marché, Benjamin me "vole" toujours
le cur de mes bonites et le mange sous mes yeux.
27/7
Améliorer ma technique ? Bien sûr que c'est
possible. En lisant un article sur Temple Grandin, "évadée
de l'autisme", j'ai pris conscience de la chance extraordinaire
que j'ai d'être sur Najedou . En effet, quelle similitude
entre un cockpit de voilier, étroite baignoire rectangulaire,
et sa machine à calmer les autistes qui vous compresse
les flancs. Ne sommes-nous pas tous un peu autistes ?
Ces
incantations, ces litanies, ces mélopées,
ces rythmes lancinants, ces séances de muscu ! Faites-vous
donc un cockpit bien étroit...
attention à
la couleur, ça compte aussi, le mien est bleu ciel,
bref, bleu nouveau-né !
Dimanche 4/8 Bu une bouteille
de rouge à bord, en juif... en trois jours ! En souffrant,
car je ne supporte plus la moindre goutte d'alcool. En d'autres
temps, je l'aurais jetée après le premier
verre, cette fois-ci, j'ai bu la coupe jusqu'à la
lie, je ne suis pas encore assez fort pour avoir de l'alcool
chez moi. Pourtant, le creux de vague est passé sans
trop de dégâts, la libido fonctionne bien,
j'ai fait venir ma "déesse" quatre fois
en quelques heures tout en gardant "mes forces"
et quand je fais mon hydro-yoga, il faut que je surveille
mes pensées s'il y a les enfants par là...
ils pourraient être choqués. C'est presque
du priapisme : "
Jusqu'à 70 ans, j'ai cru que
c'était un os !" Toujours aussi bonnes, ces
ablutions, bien que j'aie un peu levé le pied, j'en
étais arrivé à 8 heures par jour !
Quel long baptême pour cette renaissance...
La sixième
séance de "gros soupirs" a déclenché
une puissante éruption et... bien sûr, "post
coïtum animale triste"... Alors, au travail, c'est
reparti pour un tour.
Je peux dire que Laurence a été
la chance de ma vie (Elise va adorer ce passage !). Oui,
j'aimerais m'éteindre comme l'a fait Daddey, ouvrir
la fenêtre un matin de printemps ensoleillé,
dire : Quelle belle journée! et mourir, tout simplement,
avec le sourire, à quatre vingt quinze ans...
Pour
l'instant, j'ai du mal à trouver une demi-heure pour
me reposer un peu, en milieu de journée, qui sait
de quoi sera fait demain ? Ne perdons pas une minute, même
si j'ai parfois l'impression que je n'ai trouvé qu'une
béquille, mais pas la voie de la guérison,
que ce combat contre la sénilité est perdu
davance .
Merci, Seigneur, de mavoir donné
un jour de répit,
La mort serait elle la seule victoire
sur le mal ?
J'aimerais rapporter le mot d'un centenaire
à qui l'on demandait son secret de longévité
: "J'ai trempé ma tête dans un seau d'eau
froide, tous les jours toute ma vie..." a-t-il dit.
Encore l'eau... et encore ce lien entre le cerveau et le
sexe. Vous avez tous remarqué que quand on «vient»,
on a le cerveau qui sort par le «ventre», nest
ce pas ?
Mardi.6/8 Je suis l'aîné de nous cinq
et maman voulait une fille, elle avait décidé
que ce serait une fille, elle en était sûre
! Pas d'échographie, en ce temps-là... Bref,
elle a préparé une layette rose, des robes
à smokes, faites par elle, elle en vendait dailleurs
pour gagner 3 sous, car les temps étaient durs, en
mille neuf cent quarante trois. Mais...c'est un garçon
qui est né...!
Elle ne s'est pas découragée,
sur les photos de moi à 2 ans, je vois bien une ravissante
petite fille aux cheveux longs et bouclés !
Vers
10 ans, un soir d'été à Moulay Bousselham,
la plage des riches colons, de nos premiers amours, nous
sommes tous allés à un bal costumé
chez"Michel" et...devinez quoi ?... elle m'a maquillé,
mis sa superbe perruque de longs cheveux noirs (les siens),
une belle robe, bref, la totale ! ! Papa est entré
dans une fureur noire.
A 12 ans, j'étais pensionnaire
à St-Michel de Frigolet, dans la montagnette de Daudet
et Mistral, un établissement privé pour une
cinquantaine de fils de gens très fortunés,
shorts, pèlerines et bérets bleu marine, messe
tous les matins dans la chapelle romane (et glaciale) des
pères prémontrés, chants grégoriens,
puis allemand, latin, et syntaxe française jusqu'au
soir, heure du grand dortoir où j'ai découvert
le plaisir solitaire, (la première fois, ça
fait mal !) et... j'y viens... fête de fin d'année,
nous avons joué "Blanche-Neige", devinez
quel rôle on m'a donné ? La reine ! "Miroir,
dis-moi que je suis bien la plus belle"... Voilà
bien de quoi vous marquer pour la vie !
En me donnant à
une femme stérile, ma marraine, mon père m'a
brisé tout sens social. J'ai toujours été
un solitaire, les enfants du quartier mattachaient
et me martyrisaient cruellement . Les nombreux collèges
religieux, un par an, ont achevé le travail, faire
de moi un jésuite...
Peu de gens savent que des milliers
d'enfants sont sujets à la déprime, la grosse
déprime, bien égale à la fameuse dépression
des adultes. J'ai broyé du noir pendant presque toutes
mes années de scolarité; dans les pensionnats,
un censeur acceptait parfois d'écouter "mes
petits chagrins" ; quand j'étais près
des parents, la réponse était toujours une
boîte de remontants (ampoules de vitamines, phosphore,
cachets divers, etc... !). Mais l'écriture était
déjà ma soupape, j'envoyais à ma mère
d'immenses lettres tachées de larmes, écrites
en cachette pendant les heures d'étude, au lieu d'apprendre
mes leçons, ainsi que des poèmes, tous très
tristes.
Un jour, j'ai recopié les nus des dernières
pages du petit Larousse, j'ai recherché les passages
érotiques de nos grands poètes, pour finalement
me hasarder à acheter ma première revue sexy
et, suprême hardiesse, aller voir un film interdit
aux moins de 16 ans ! en short ! car j'ai eu mon premier
pantalon à 17 ans !
7.8 - Ne souriez pas à
la lecture de mes améliorations, j'ai mis trop de
mois pour trouver la force de les réaliser .
7/8
Mes garçons ne sont pas du genre blasé. Tepea
rentre de colonie de vacances, les premières vraies
vacances de sa vie ! et fond en larmes... je lui demande
ce qui lui arrive, crains le pire, et finalement, il parvient
à articuler : "C'est trop triste ! de quitter
ses amis". Son T-shirt est couvert d'autographes :
"Tu es le plus beau", "je t'aime", "Écris-moi",
etc. etc... Il prend ma guitare et me montre les airs qu'il
a appris, qu'est-ce qu'il a changé ! et... 24 heures
après son retour au foyer, une grande carte... qui
joue "happy birthday" quand on l'ouvre... de Wendy,
sa "meilleure copine". En fait, il ne parle que
de copines...
Même histoire avec Kaya, qui était
dans un camp différent, à Moorea, mais lui,
il a séduit tous les moniteurs et monitrices. Tous
les deux n'ont pas raté une danse, à la boum
de fin de séjour, et ils racontent leurs slows avec
tant d'ingénuité, ces dames se les sont arrachés
!
Quant à Teva, il a appelé d'Auckland, d'une
voix douce, qui roulait les r, il a dit: Maman, je suis
heureux... Quand je pense qu'il a ma taille, et qu'il a
pris l'avion avec mes rangers aux pieds (je chausse du 45
!). Décidément, j'ai fait un bon choix en
venant à Tahiti.
Neuf août. Avoir une peur
bleue, se faire du mouron, du souci, un sang d'encre, du
mauvais sang, de la bile... j'aime ces mots du langage populaire,
et je sais maintenant ce que c'est qu'avoir une chance de
"mari délaissé"...
On peut se tromper
?... Pendant tant d'années ? ...
Christian Genest,
le célèbre sexologue, qui ma initié
au Taïtchi, à lhypnose, au maniement du
sabre et à mille autres choses, a bien ri quand je
lui ai dit ça ! Vous l'avez tous remarqué,
je ne suis pas sorti du stade anal... "Pipi, caca,
culotte, fesses" ! Ça me rappelle que, quand
j'avais 6 ans, dans le petit village de Sidi Slimane où
nous vivions, les parents avaient quelques amis, des notables,
pour la plupart, ou quelques gérants de propriétés
peu fortunés, mais nantis d'une particule, maman
en était folle... bref, notre village avait un contrôleur
civil, et leur fils avait notre âge. Pendant que les
parents papotaient, nous allions au garage jouer au docteur,
et je revois clairement ce petit garçon, nu sur une
table en bois, dont j'aspergeais le sexe de talc avec sérieux,
mais aussi beaucoup d'excitation, quelle volupté
! J'ai tendance à penser que, jusqu'à la puberté,
nous sommes tous bisexuels; pour ma part, de six à
douze ans, il m'est arrivé plusieurs fois de me glisser
dans le lit d'un copain de dortoir et de le caresser, j'ai
même failli sodomiser un cousin, quand j'avais six
ans ! "heureusement", la bonne est survenue à
temps ! Je sais depuis peu, par expérience ! quune
dame peut obtenir beaucoup de plaisir ainsi, mon jeune médecin
a rougi jusquaux oreilles quand je lui ai raconté
cette aventure et que jai ajouté : pourquoi
pas nous, alors ? !
Il paraît que ça sappelle
un orgasme prostatique. Un vieux praticien ma dit
un jour : Lanus est le poumon de la vie. Oui, impossible
de tenir la position accroupie bien longtemps, si cet organe
nest pas vigoureux. Ceux qui mont fait lamitié
de me suivre sur ce chemin (scabreux ?), lont vite
compris. Mais surtout
cette posture met un autre sphincter
« sous pression », celui de la vessie, siège
du plaisir duriner
et sexuel ! Et le rend, lui
aussi
VIGOUREUX ! Quant à leau froide
projetée sur cette zone malade, oui, malade ! les
terminaux sont les réceptacles de toutes les matières
cancérigènes que nous absorbons, qui ignore
encore les statistiques ? : à 50 ans, un homme sur
deux a un cancer de cette région, à 60 ans
: deux sur trois.
vous connaissez bien son effet
tonique . Bref, cest une fantastique rééducation
sphinctérienne et certainement la meilleure façon
de décongestionner cette zone . Allez ! sourire !
Vous ne trouvez pas que ce passage mérite un petit
salaire ? Mais qui osera le publier ?
Enfin
Pendant
toutes ces années d'exil, la sexualité était
secondaire, il fallait survivre, notre mode de vie était
follement excitant en soi. J'ai eu trop d'émotions
fortes, et ça a émoussé mon «
désir génésique », je sais qu'il
y a un lien, puisque j'ai déjà eu un orgasme
à la suite d'un violent choc émotif, quand
j'ai pris conscience que je venais de perdre mes trois filles
. 13/08 - Un an au moins que je travaille la position accroupie,
et j'ai encore du chemin à faire. C'est reparti fort,
ces derniers temps, dix heures par jour !
Ce matin, réveil
4 h30, tenue de combat et au boulot. Quelques minutes d'arrêt
pour ma toilette, à 7 heures, et préparer
une méga salade de mangues, et c'est reparti; je
m'assieds une minute toutes les heures pour me dégourdir
les jambes, il est 10 h 30, déjà 6 heures,
j'ai mérité un peu de repos, me voilà
allongé avec vous pour une heure, ensuite, ça
recommence jusqu'à 14 heures, heure du marché.
Qu'est-ce que je fais pendant toutes ces heures ? Je dévore
des piles de Point, Express etc., ciseaux en main pour garder
quelques passages qui m'intéressent en pensant aux
enfants pour qui je vais en faire un dossier de culture
générale.
Teva est revenu de Nouvelle-zélande,
et son rapport m'inspire quelques réflexions : On
devait mettre un uniforme pour aller à l'école,
c'est nul ! Vous pensez vraiment que l'uniforme permet de
mettre tous les enfants sur le même niveau ? J'imagine
bien les groupes de grassouillets rougeauds en uniformes
luxueux se moquant des groupes de timides et joues creusées
par la faim aux uniformes rapiécés... "Vos
vêtements dissimulent votre beauté, mais ne
cachent pas vos défauts"... Nous étions
dans une école de garçons, mais ils ne parlaient
que de filles...dit il ... Auckland est bien resté
dans le puritanisme anglais du dix neuvième siècle.
Aux USA, à Hawaï, en Nouvelle-zélande,
en Australie, les indigènes, Maori et indiens, ont
été écrasés par les fusils et
le nombre des envahisseurs. Pour eux, le problème
d'indépendance est résolu ! Je n'en dirais
pas plus sur mes avancées érotiques, mais
croyez-moi, vous irez de découverte en découverte,
et, passé les bornes, il n'y a pas de limites !
24/8
Souvenez-vous que le cancer que l'on vous annonce à
50 ans progresse en vous depuis une trentaine d'années,
sans doute provoqué par une ou plusieurs erreurs
de comportement graves (plus celles de vos ancêtres)
et qu'il n'est jamais trop tard pour commencer à
le combattre, mais que c'est vous, et vous seul, qui devez
mener ce combat.
Dimanche - Trahison ! Je ne suis plus son
maître, son idole... (elle est tombée amoureuse
d'un certain Jésus, obéit aux consignes de
son directeur de conscience, un certain Pasta, ça
veut dire pasteur, je ne veux pas entendre rire ! Le moins
qu'on puisse dire, c'est qu'elle s'accroche, la tigresse
! Le résultat est plutôt chouette... si vous
saviez ce que nous avons fait cette nuit ! J'en suis groggy.
Bon, pas question de se laisser aller, c'est l'heure du
marché, 50 kilos de Taruas m'attendent avec deux
régimes de bananes, car demain, c'est la rentrée
!
Est-il fini, le temps où j'écrivais mon
livre sur le visage de mes enfants? Parlons-en, de ces enfants...
Kaya est admis dans la plus forte 5ème du collège,.
Christian me dit toujours : son intelligence est effrayante
... Ce matin, pas classe, ils ont avalé leurs fruits
et sont partis faire du surf, en stop, leur planche sous
le bras ( le site est à 8 km, au musée où
travaille Elise qui vient de prendre 15 jours pour la rentrée).
Vers midi, ils meurent de faim, alors, ils cueillent un
uru ou deux et le font cuire entier sur un grand feu. Avec
quelques morceaux de noix de coco, c'est délicieux,
et il y a toujours un arbre qui porte quelques fruits sauvages,
goyaves, mangues, ou autres. Non, quand on voit ce qui se
passe dans le monde, on se dit qu'ils ont bien de la chance.
Ah ! ces beaux enfants qui glissent à toute allure
sur ces murs liquides, de temps en temps, à lintérieur
même de la vague sur le point de briser, le tube,
disent ils, vous les croyez tombés ? ils réapparaissent,
secs et radieux, sur leur planche, quelques mètres
plus loin, senvolant et plongeant juste avant le terrible
récif où la lame vient se fracasser .
Récemment,
lun deux surfait sous la pluie, sous un ciel
dencre; un éclair la foudroyé
en plein vol . Sa tombe est là, juste devant le spot
de glisse, Teva lui rend parfois visite, certains jours,
ce sont les dauphins, qui viennent lui donner une sérénade
et quelques pirouettes, parmi les surfeurs habitués
et complices . Jaime ce petit cimetière au
bord de la mer .
son père a écrit :
Rayonnant
de beauté,
libre, resplendissant,
Des vagues de Huahine
tu as pris ton élan
pour aller dans les cieux
Glisser
sur les nuages.
La bas, léclair ta pris
Au meilleur de ton âge.
Frères, surs,
parents, amis,
Ne vous lamentez plus,
Il y a dans le ciel,
un archange de plus,
Qui veille sur vos pas,
Et nous a demandé
de ne pas être triste .
Je vous l'ai dit, je me suis
assagi : réveil avant tout le monde, je saute dans
mes bottes et fais une heure de yoga, puis, j'enfile mon
slip mouillé et trempe ma tête dans mon seau,
là, je presse un citron sur ma tête et je me
coiffe avec un peigne à poux, puis, opération
fruits du petit déjeuner. En général,
à ce stade, je suis gonflé à bloc pour
démarrer un grand ménage, on est père
au foyer ou on ne l'est pas ! et, aujourd'hui, je vais vous
offrir un autre de mes secrets, le lit, où nous passons
la moitié de notre vie, doit être dur. Une
épaisse planche de contre-plaqué recouverte
d'un mince matelas de mousse (5 à 7 cm) et d'un drap
de coton... ça va paraître évident à
certains, mais trop de gens dorment sur de mauvais sommiers
et de mauvais matelas. Allez, à plus !
Le mardi et
le vendredi, Elise va à la prière de 7 heures
à minuit. A longueur de jour, elle est dans la bible;
je lui demande : tu n'as rien de plus intéressant
à lire ? elle répond : je n'ai jamais rien
lu d'aussi passionnant. Je suis dépassé. Il
faudra en parler à Bernard Pivot. Votre travail,
quel qu'il soit, doit être votre zen, votre muscu,
votre méditation.
Au bureau, à la cuisine,
dans la rue, il y a toujours une façon de se comporter
qui épanouit, déstresse, muscle sans fatiguer.
Quand j'épluche le tarua, je fais l'ours, genoux
fléchis, abdomen gonflé... Vous attendez quelqu'un
à l'aéroport ? Marchez "kendo",
jambes un peu écartées et fléchies,
avant-bras horizontaux, poing contre paume, pressez légèrement
en expirant par le sternum, inspirez par l'abdomen (on se
fout du regard des voisins), d'ailleurs, on a un regard
"posé" (c'est-à-dire vague, sur
l'horizon). Presser le coco est, bien sûr, un excellent
exercice, si vous voyiez les cales que j'ai dans les mains
! Mais on pourrait dire la même chose de tous l
es
métiers. ( marre ! du culte du gros muscle !) Sédentaires,
si vous saviez la chance que vous avez ! Accroupi, on se
porte bien, (son propre poids !) et ça va ... (à
la selle !)
Certains grands patrons parisiens l'ont fort
bien compris et vous reçoivent accroupi sur leur
fauteuil, comme un chef Touareg, comme un Shaman amazonien,
comme un sage hindou, comme Diogène dans son tonneau,
comme le rédacteur en chef dune célèbre
revue de voyages... comme Louis 14, qui avait aménagé
un trou sur son trône, pour pouvoir s'alléger
en plein conseil des ministres !
Churchill et Gandhi avaient
une devise en commun : NO SPORT !
2/9. Que nous sommes fragiles
et vulnérables... Hier, vers seize heures, une force
à laquelle je n'ai absolument pas pu résister
a saisi ma main et l'a guidée vers le rayon des vins;
la tension était devenue trop forte, sans doute...
A 20 heures, la bouteille était vide ! Porté
par mon élan, j'ai accompli la routine du dîner,
apparemment indifférent à l'absence de Tepea,
hospitalisé, il vient de se casser le bras en faisant
du skate. Puis, je me suis mis au "travail", à
ma source, longuement, complètement ivre.
«
Tout savoir est vain sauf là où il y a travail,
tout travail est vide sauf là où il y a amour;
si vous ne pouvez travailler avec amour, il vaut mieux recevoir
l'aumône, car, si vous faites le pain avec indifférence,
vous faites un pain amer »
7/9. Décidément,
je n'y connais rien en ovulation ! Ou plutôt, je commence
à m'y connaître...
Le mois dernier, nous avons
amplement contourné la "zone rouge"...
Mais la nature en a décidé autrement.
Mon
récit de voyage à la voile en famille autour
du monde s'est vendu dans tous les pays par centaines de
milliers, je rencontre sans arrêt des gens qui me
disent : "nous sommes partis sur la mer après
avoir lu ton bouquin" (ils en sont revenus !)...
Je
ne voudrais pas être responsable de milliers de grossesses
non désirées, c'est pour cette raison que
je vous rapporte cet événement.
Quant à
mes émotions... on y reviendra plus tard, s'il vous
plaît.
Quand Elise m'a annoncé qu'elle était
enceinte, je lui ai, bien sûr, demandé : de
qui ?... J'ai parlé du Saint-Esprit, très
brun et frisé... Après l'avoir malmenée
un moment, je l'ai prise dans mes bras, en silence, et j'ai
pensé : ai-je vraiment envie de sortir de ma léthargie
?
Le lagon est blanc, un puissant vent du sud (glacé)
lève de belles lames dans notre mouillage. Pendant
que j'étais au marché, Najedou a failli couler,
la mer entrait par une vieille vanne, des tonnes de linge
sont trempés, aller à terre en dinghy est
sportif, on arrive tout mouillé. Gardons le moral
!
12/9. Petite précision, Vaï a été
conçu 12 jours après le premier jour des règles
(vous vous souvenez, "la sixième séance
de gros soupirs")... Nous n'avons pas du tout contourné
la zone rouge ! Je maintiens donc, il est dommage de démarrer
sa vie de couple avec contraceptifs, c'est la période
idéale pour apprendre à connaître ses
cycles en travaillant "sans filet." Je connais
de vieux amants qui ont planifié tous leurs enfants
ainsi et ont vécu une longue vie sans aucune contraception
... ...et ce nest pas monsieur Billings qui me contredira,
nest ce pas docteur ?
Je ne suis pas cet exemple !
Nous avons pris conscience de tout ça trop récemment.
Au-delà de la technique, se trouve sans doute la
mystique, puisque notre enfant est "né"
le jour de la transfiguration... le six août ( il
a déjà un mois !). Et si on disait que c'est
la fin du premier tome ?
Elise et moi sommes sortis, et
je lui ai murmuré : et si on disait qu'on s'aime...
CHAPITRE 8
16/9. L'originalité de ma méthode
tient en ceci : vous éprouverez un plaisir intense
à la pratiquer, au point d'avoir du mal à
vous arrêter ( pour vaquer à vos activités)
contrairement à ce quécrit Claire :
« cest long, 20 minutes, on sennuie. »
Sennuie t on quand on prie, quand on parle à
un ami ? Bien sûr, pour atteindre ce niveau, j'ai
travaillé la position accroupie pendant des heures,
chaque jour, pendant douze mois... jusqu'à ne plus
avoir mal au dos ou aux jambes, et je sais que je peux encore
avancer. Boules dans les oreilles, poings sur les tempes,
tête dans les genoux, exactement comme un ftus,
légèrement tenu dans le dos et sur les côtés,
filet d'eau froide sur le pubis, au bout d'une heure, vous
planez ! Quand vous aurez la sensation de pisser de l'acide,
comme un torrent de montagne sur vos muqueuses remises à
neuf, vous aurez gagné ! C'est un véritable
acte chirurgical qui se propage dans tout le corps et jusqu'au
cerveau. Bon courage !
17/9. Je jette un coup d'il
sur mes notes, et réalise que ma méthode n'est
au point que depuis quelques jours ! C'est stupéfiant.,
bottes en caoutchouc, pompe...), la notion de temps est
très relative, j'ai l'impression d'être dans
ce purgatoire depuis des années, ma vie redémarre,
serait ce une nouvelle vague de chance ?
Bon rythme de travail,
couché à 21 heures, je me réveille
à 23 heures, pour une heure de "travail",
ainsi, je dors profondément de minuit à quatre
heures... Résultat, je me surprends à faire
de grandes lessives, au ponton, à la main, dans le
dinghy que je remplis à moitié.
Vous l'avez
compris, ma thérapie s'adresse à des cas graves
(OK, I know I am a hard case!). Il faudra que ce soit reconnu
et remboursé, et que l'on puisse en faire un séjour
en maison spécialisée d'au moins un mois.
C'est une forme de thalassothérapie. Je viens d'y
ajouter une grande découverte : si vous voulez redécouvrir
ce que c'est qu'un sommeil de plomb, dormez par tranches
de trois heures seulement, entrecoupées par une heure
d'hydro. Carrément la trappe !
27/9. Falaise, gouffre,
précipice ? Je m'accroche, de toutes mes forces,
mais je perds du terrain, irrésistiblement, je décroche,
moi "l'être supérieur", je me suis
fait un "fixe", comme tout le monde, pour pouvoir
accomplir mon travail quotidien, je suis rentré dans
le premier bar, et j'ai commandé un café dans
lequel j'ai mis trois sucres; l'organisme a bonne mémoire.
A partir de là, tout s'est remis en marche, mon dîner
a été très réussi, mais, comme
par hasard, personne n'y a touché !... Un peu comme
si je n'avais plus ma troupe en main. Heureusement qu'il
y a le matin pour me rappeler que mon plus grand trésor,
ce sont les habitudes que j'ai prises pendant ces douze
derniers mois. Fini, la grosse déprime de l'après-midi,
le rituel des premières heures est magique.
2/10.
Les autorités s'acharnent de nouveau sur nous, ils
vont nous expulser du mouillage. Eux, ont le droit de déverser
leurs égouts dans le lagon, ça coûterait
trop cher d'installer des canalisations qui envoient tout
ça en haute mer... mais, une quinzaine de voiliers
qui consomment dix fois moins que les terriens moyens...
NON !
Cest des collines déboisées pour
construire que vient la mort de mon lagon .
Ça me
tombe dessus alors que je suis cloué au lit depuis
trois jours, grelottant de fièvre sous mes couvertures;
Utilisez tous les vents, surtout ceux qui vous sont contraires
; pour ma part, j'espère sortir rapidement de cette
maladie qui me cloue au lit, propre comme un sou neuf ;
j'ai résisté à toutes les tentations
médicamenteuses, anti-fièvre, antidouleur,
anti-toux, antitout ! J'ai pratiquement cessé de
m'alimenter,(un fruit de temps en temps) . Quelle merveilleuse
invention de la nature que la grippe ! Laissez-la agir,
elle vous nettoie en trois jours. A chaque fois que vous
faites « tomber la fièvre », vous manquez
une occasion de guérir votre cancer, lhyperthermie
tue les cellules malignes .
Les allopathes pensent que les
homéopathes sont de doux rêveurs, Je pense
que cette thérapie a quelques siècles d'avance.
Sur la science, recherche sur l'infini(ment) petit, aspect
cosmique de l'être humain, holistisme. Sur la morale,
la population de la planète croit à une allure
vertigineuse, les ressources pas, cette thérapie
est gratuite et efficace... "croissez et multipliez-vous"...
Plus évident, quand on décide de se soigner
de cette façon, on se contraint à des mini
jeûnes quotidiens : prendre ses remèdes loin
des repas, et peut-être diminuer sa consommation d'alcool,
tabac, café ? La simplicité est parfois géniale
! A faire méditer aux médecins qui font des
ordonnances de trois pages . Quand je prends un remède
homéopathique, j'ai l'impression de faire un voyage
dans le cosmos, la planète que j'ai visitée
est-elle minuscule, inutile ?
Bref, c'est du Theillard de
Chardin.
La saison des cross commence, mes trois garçons
reviennent portés en triomphe, ils sont la fierté
du collège; Teva, 1er, Tepea, 1er (pieds nus et avec