IDDN Certification 
Contents of all sites are submited 
to copyright. Thanks ! Les contenus des sites sont soumis aux droits d'auteur. 
Merci. 

LES LIVRES ... Najman..1. 2 - Murphy...1 2 - Aclinou 1. 2 3 - Expédition : 3 à 6 jours ouvrables

... sont aussi disponibles à la Fnac ... Yvelinedition ... Amazone.com ... ( 1 à 2 jours !! )

Eclairage sur : " Une pédagogie oubliée : le vodou " L'interview (Novembre 2007)

A FLEUR DE L'ÂME - IV  Christian Guillain

CHAPITRE 7

16/6.Comment arrêterais-je ? J'ai encore tant de choses à vous raconter... Mon île Coco, déserte, au milieu du Pacifique, des cascades d'eau fraîche qui se déversaient dans notre crique, sortant de bouquets d'arbres denses, brouillés par un nuage d'écume où voltigeaient les jabots écarlates des frégates en amour et Didier et moi, nus, poussant en nageant une petite baignoire gonflable dans laquelle gisait un sanglier que nous venions d'abattre, au fusil de guerre, tout ça entouré d'une quinzaine de requins, car c'est bien connu, il y a beaucoup de requins à l'île Coco. Quel fou étais-je !
Aujourd'hui, c'est la fête des pères... à l'aurore, je suis allé regarder dans le ciel (dans les yeux d’Elise), si ma nouvelle étoile brillait toujours, et, en se levant, le soleil nous a trouvé enlacés.
À l'heure où j'écris, elle est allée faire "son marché", au temple, son plein d'énergie pour la semaine. Dieu sait qu'elle va en avoir besoin, elle gagne les sous, elle me fait l'amour, elle fait la lessive...
Vous allez dire :
Il est fou ! Pour guérir, il faut :
Vivre nu, sur un voilier, à Tahiti
et faire travailler sa (jeune) femme ! !
Un full time job !
Oui, mon repos a le goût amer de sa sueur et de ses larmes,
Comment puis je continuer de la sacrifier ainsi ?
C’est un meurtre !

Bon, face Nord :
--- Elise : Tu sais, je peux être très méchante ,
Il y a un homme qui m’attend patiemment…
17/6. The next best thing after an orgasm is a full stomach, disait mon copain David, (avoir l’estomac plein est le seul plaisir qui soit comparable à un orgasme).
Ça me rappelle qu'enfant, j'avais toujours faim, et ce triste sentiment de culpabilité, à chaque fois que j'allais chaparder dans la cuisine quelques restes, chez les parents, grands-parents, marraine ... Ce n'était sans doute pas encore de la gourmandise, j'avais besoin de grandir, mais ça l'est devenu. Quelle tristesse de manger pour le plaisir, sans faim réelle, ce qui est le lot de la plupart des êtres civilisés que nous sommes ! Autrefois, je chapardais des petites femmes, de ci de là, avec l'appétit de ma jeunesse, plus tard, c'est devenu de la gourmandise...
Maintenant, j'essaie de me reconstruire, et j'y arrive ! je suis tellement heureux, le soir après dîner, de ressentir ce bien être général, ce sentiment d'avoir l'estomac vide, un peu faim, mais de contrôler parfaitement cette envie jusqu'au lendemain matin, jusqu'aux pamplemousses de six heures.

Je me rends compte que personne n'est prêt à me lire, moi qui pensais pouvoir bientôt permettre à Elise de quitter son travail pour se consacrer aux enfants... personne sauf peut-être les allemands, qui ont compris qu'il faut diviser le temps de travail par deux pour sauver le pays ; ils savaient déjà que leurs étudiants étaient plus performants en ne travaillant que le matin et en faisant du sport l'après-midi, que les jeunes doivent passer une partie de leurs études à des activités manuelles professionnelles, en parallèle au théorique.
A ce propos, quelle joie de lire un article de Georges Charpak sur l'apprentissage précoce des sciences dans les milieux défavorisés californiens, il y a tellement longtemps que j'en suis conscient et je me suis tellement régalé avec Teva quand il avait 4, 5 ans, à jouer avec des raisonnements très complexes, par oral et par écrit.

3/7. Elise a un livre sur le yoga , j'y ai trouvé "ma position" bien décrite : Utkatasan, recommandé aux gens qui souffrent de constipation, soit la plupart d’entre nous ...(non ?) et... en post-scriptum :"essayez de tenir 5 secondes..."
Imaginez un médecin dire au patient qui souffre de « paresse du transit » :
Prenez votre petit déjeuner accroupi.
Décidément, j’ai choisi un sujet difficile !
Les gens sérieux vont sourire . Sauf… si je leur dis que c’est souverain contre : Le stress, l’obésité et l’impuissance !
Pour séduire nos secrétaires (mot mixte !) nous sommes prêts à faire tous les efforts, souvent aussi stupides que courir en combinaison étanche, ramer dans notre salle de bain, porter des poids sous nos vêtements, consommer des anabolisants…..
Rééduquons plutôt nos sphincters en priant accroupi ! ! !

Pour vous dire à quel point nos dîners sont spartiates... en sortant de table, nous pourrions sans peine engloutir un bon repas "traditionnel" et d'ailleurs, quand il nous arrive d'aller au restaurant (très rare !), nous ne manquons jamais de dîner avec les enfants, exactement comme d'habitude, avant d'y aller, sans doute pour faire des économies.

6/7. Hier, je n'ai pas trouvé une seconde pour m'allonger; circuit nage, «concert spatial accroupi », comment vais-je appeler cette séance de recharge énergétique ? tout ça précédé par un 7 à 9 fou, préparation du petit déjeuner et du repas de midi de ma troupe (ils vont tous au musée avec Elise, ils sont en vacances...) et clos par mon 14-19 heures habituel : courses, préparation du dîner, etc... Nous sommes dans une passe "soupe géante", Tarua, verdure, lait de coco, avec mito au thon blanc.
Vrai, je n'ai jamais travaillé pour personne, exact, j'ai vécu comme un roi avec moins que le SMIG pendant 30 ans. Oui, je suis un nomade, exact, je n'ai jamais payé d'impôts, vrai, je n'ai jamais payé un centime de taxes ou TVA sur mes six bateaux, en trente ans, il suffit de rester mobile et de dire aux douaniers qu'on est de passage, sinon, chaque pays traversé vous réclame entre 20 et 50 % de la valeur du bateau, si vous restez chez eux plus de six mois ! Je n'ai jamais dépensé un sous d'assurances non plus, calculez la fortune que ces trois rubriques m'auraient coûté en 30 ans
! S’il vous plaît, ne me demandez pas de me justifier sur la façon dont je participe, soyez heureux que je vienne vous réclamer un peu d’argent
. On ne donne jamais assez pour la recherche . scientifique et spirituelle .
Oui, j’ai nargué les autorités du monde entier, je n’ai jamais raté une occasion de leur faire un pied de nez, naviguant sans papiers pour mes bateaux autre qu’un vulgaire reçu de mon chantier chinois, ce qui rendait perplexe les douaniers, (américains, Australiens ou autres ), quittant les ports sans faire de clearance ou allant toujours à l’opposé de l’endroit où je déclarais aller, si par hasard j’en faisais une .
Vrai, c'est fatiguant d'être totalement responsable de tout. Je sais maintenant qu'il me reste une cinquantaine d'années à vivre, peu et beaucoup à la fois, et que mon "travail" ne fait que commencer, que j'en passerai sûrement une partie en prison, (avec tout ce que j'écris !)
11/7. Ça aide à tenir le coup, de se dire qu'il y a quelque chose au-dessus du hasard, de la fatalité, de la logique, pour vous récompenser de vos efforts. Si le monde était fait de deux forces contraires absolument égales, le bien et le mal, que ce serait ennuyeux ! (mais, qu'est-ce qui m'arrive ? Je dois être très fatigué.)
14/7. Tepea m'a rapporté quatre œufs, il y a beaucoup de poulettes semi sauvages, dans le grand parc du musée; bouillis, épluchés... j'y ai trouvé quatre poussins, que j'ai mis dans la soupe (j'aurais eu honte de les jeter), tels quels, bien sûr.
Aux Philippines, autour des combats de coqs, les gens se régalent de ces œufs qui croquent un peu sous la dent ! ---
Teva : Dis papa, tout le monde est intelligent, hein ? --- On peut être nul à l’école et être un génie, n’est ce pas?
Si je dis que ma thérapie m'a sauvé, les foules vont éclater de rire, si je dis que c'est la foi d’Elise, les masses vont hausser les épaules... décidément, le suffrage universel ne signifie pas grand-chose !
Chacun de nous a une part de responsabilité dans la bonne marche de l'univers, cet immense corps dont nous faisons partie, mais, si la terre explose demain, par notre faute, elle renaîtra un peu plus loin dans quelques milliards d'années... après-demain quoi !
Vous allez dire que je parle trop de ma vie intime, de la sexualité de mon couple, je serais malhonnête de ne pas le faire, une fois de plus, aujourd'hui, je dois à tous de vous dire les pas de géant que ma thérapie m'a fait faire; je suis bien obligé de constater des changements spectaculaires, nos "explosions" n'en finissent pas, et sont plus intenses que jamais, mes petits œufs sauvages fécondés m'ont bien remercié de ne pas les avoir jetés; dans la machine bien nettoyée et réceptive que je suis devenu, ils ont produit un effet magique... des câlins divins...
Et trop peu de la vie de ma cité lacustre, car je vis en ermite, accroupi 4 à 6 heures par jour, plongé dans la lecture, boules Quiès dans les oreilles, à mes activités de "maman" le reste du temps. Pourtant, il s'en passe des choses autour de nous; en ce moment, par exemple, des dizaines de voiliers, américains pour la plupart, sont en escale, après avoir traversé le Pacifique, le voyage de leur vie; ça anime notre mouillage et le quai, en ville, est bondé, pour quelques mois.
Non, je ne suis pas nostalgique, enfin, pas trop !
En fait d'activités de "maman", je vois mal une femme faire mon marché quotidien. Hier, je suis rentré avec 60 kilos : 30 kilos de tarua et 25 de bananes (régime). Le reste en poisson etc. Sur la moto, c'est du sport ! et la moto est le seul moyen de faire vite, à cause des embouteillages. Les jours ordinaires, il est rare que j'aie moins de 30 kilos sur le dos. Mais surtout, j'ai besoin de beaucoup de concentration, pour tisser mon réseau de fournisseurs.
Après avoir jeûné 3 jours, Elise s'est remise à manger, et... critique la rudesse de mes repas. Je leur donne, pour leur journée passée au musée, quelques taruas vapeur cuits dans leur peau, avec du poisson séché et quelques bananes. Spartiate, vrai, mais quand on a voyagé comme nous l'avons fait, on sait que c'est du luxe. Des millions de gens n'ont pour repas qu'un bol de riz ou deux par jour, point ! Avoir un morceau de manioc chaud est un luxe rare, un morceau de poisson, l'éden, un fruit frais, impensable

! 17.7. Je sens que l’effet du magistral coup de poing que j’ai reçu dans la figure commence à s’estomper, je ne nage plus, ou si rarement, je ne vais tout de même pas abandonner ça . Autrefois, j'étais heureux, maintenant, je gagne des moments de bonheur au prix d'un travail acharné. C'est peut-être ça, devenir adulte, ou est-ce l'enfer ?
Tous des P(h)arisiens, après avoir épuisé nos terres, nous les avons abandonnées pour venir grossir les cités, et nous osons encore parler de pollution, indécent ! tout le monde sait bien que les citadins sont tous d'anciens campagnards, qui élaborent de belles théories sur la protection de l'environnement (comme moi !) dit-on écosystème ? et que chacun attend que ce soit "l'autre", qui retourne s'éreinter sur la charrue ! Pourtant ... il faut avoir vécu dans une contrée isolée, avoir cultivé « à l’ancienne », avoir supporté la dictature DU curé, DU gendarme, DU médecin et DE l’instit de l’île, pour comprendre l’exode rural et la tentation des engrais et insecticides chimiques . Ah, Laurence ! Il va falloir que tu mettes tout ça en ordre avec ton bel ordinateur...
25/7- Je le répète, ma thérapie est très efficace, mais c'est un énorme travail, plusieurs heures par jour pendant des mois, sept, pour moi, et j'en suis à 6 heures accroupi par jour ! J'arrive maintenant à m'endormir en position fœtale (tête dans les genoux). Ça s'appelle faire l'œuf : c'est votre fils, ça, madame ? Quel œuf ! !
27/7 Bien amélioré mon dispositif ablutions : un long bras, situé à ma gauche, actionne une pompe qui remplit mon seau à la demande, c'est de ce seau que part le tuyau qui aboutit au pubis. Avantages ? eau plus propre et plus froide, parce que puisée plus profond (6 m), plus fraîche aussi, et fini les nombreux seaux qui attendent sur le côté et les va-et-vient incessants. D'autre part, j'ai augmenté le débit, passé de 50 litres à l'heure à 100 litres à l'heure. En bout de journée, ça fait presque une tonne ! au prix du m3 d'eau parisienne, ça fait cher, surtout si toute la famille s'y met. Mais l'eau de mon lagon n'a pas de prix ! Et pourtant, elle est gratuite...
"Homme libre, toujours tu chériras la mer"..
. En tous cas, je sens la différence. Où est-ce que ça va s'arrêter ? Je me dis que, même si cette thérapie n'est pas reconnue avant longtemps (100 ans ?), j'aurais eu la chance d'être parmi les rares initiés, et même parmi ceux qui l'ont fait progresser.
Une paire de bottes en caoutchouc est bien pratique, car ça mouille beaucoup dans le coin.
Une personne a marqué mon enfance, mon grand père . Aucune image ne restera gravée en moi plus longtemps que celle de Daddey posant sa grande main noueuse sur celle, toute fine, de Graney, Graney qui disait, en souriant, quand il partait faire ses marches avec son appareil de photo, "il va voir ses petites femmes". Pendant la journée, il dessinait souvent les paysages qui l'entouraient, de superbes aquarelles ou des nus, au crayon, il modelait les corps dans l'argile, et la cave était pleine de ces "dames"... Tout cela fait partie d'une tradition encore bien vivante chez nous; oncle Pierre, et maintenant Manie, ont repris le flambeau.
Daddey, le type même du gaulois, moustache abondante sous un long nez nerveux et tranchant, l'œil vif et rieur sous un grand front, toison d'argent en broussaille, dents éclatantes, tout ça sur une carcasse de un mètre quatre vingt dix mince et musclée, recouverte d'un habit de toile ocre et froissée et de chaussures qui semblaient avoir marché un tour du monde entier. Je revois si bien sa belle main entamant une boule de pain de campagne avec son grand couteau, en tirant vers sa poitrine, ou taillant ses vignes, ses roses, ses crayons ...
Graney m'a éclairé sur une partie plus cachée de son anatomie en me montrant une photo jaunie de lui avec une bande de copains quand il avait 30 ans : "Tu aurais dû les voir certains jours, tout nus, et bien vivants ! " ( il est resté vert jusqu'à 70 ans !) Un jour où je faisais mes classes à Fréjus, je suis allé rendre visite à leurs amis de jeunesse dans une maison de retraite voisine, là j'ai entendu une vieille dame me dire : Christian, quel homme, votre grand-père ! Il avait un ventre de lévrier, avec nostalgie.
Je vous décris un homme de 80 ans, car je n'ai pas connu celui qui construisait des barrages dans les Alpes et skiait avec son uniforme de chasseur alpin, son fusil sur le dos, mais il faut connaître les immenses plages de la Manche pour l'imaginer allongeant ses grandes jambes pendant des heures dans le vent marin entre dunes et vagues. J'entends encore sa grosse voix quand il commandait le silence aux enfants que nous étions, à table, une grande table ronde comme je les aime, sur laquelle fumait la soupière pleine des moules que nous venions de cueillir dans les rochers (d'autres jours, c'était des crevettes) ; oui, il fallait un silence absolu car les grands écoutaient le journal parlé sur un des tout premiers postes de radio, la guerre venait de s'achever, autour de nous, beaucoup de maisons en ruine en témoignaient, ainsi que les nombreux blockhaus dans lesquels nous allions jouer, éparpillés dans les dunes voisines.
Par miracle, la maison des grands-parents avait échappé aux bombes, perchée sur une falaise pleine de glaise, qu'elle sentait bon cette maisonnette de vacances d'où l'on pouvait voir l'Angleterre une fois ou deux dans l'été, par très beau temps.
J'ai écrit quelque part que le père de Daddey était ministre des colonies; ça a fait sourire mon père . C’est bien plus tard, en lisant « Les hommes de bonne volonté », que j’ai compris la signification de ce sourire ; Jules Romains y fait dire à Jaures : « J’en suis à me demander si, à l’heure qu’il est, l’homme le plus puissant de France n’est pas Guillain. » « je vous rappelle qu’il a sous sa coupe toutes les sociétés métallurgiques, toutes les mines, et brasse chaque année des sommes bien supérieures au budget total du pays, sans parlement pour lui demander des comptes ! »
Telle était réellement la puissance de mon grand père, me dit papa... ....et fils unique d'un modeste charpentier de marine de Boulogne… que j'imagine bien taillant à l'herminette les bordées des voiliers terre-neuvas, comme je revois Daddey tailler le pain de campagne . Mais, brillant élève, major de sa promotion à Polytechnique ...
Daddey a été l'artiste de cette branche, seulement ingénieur hydroélectrique ! Graney lui a toujours un peu reproché de ne pas avoir repris les grandes affaires familiales.. il ne m'a jamais dit comment il a obtenu sa croix de guerre en 14/18, mais qu'il était beau, en uniforme de capitaine ! (Manie m'apprend qu'il a été héroïque, blessé au « chemin des dames », à Verdun, terrible bataille qui ne dit rien à nos jeunes...) Maintenant, je vous demande un peu d’attention, quand il me parlait de son grand père, il me promenait dans les rues de Boulogne sur mer en 1800 ! et nous sommes en 2000 ... Pour mes petits enfants, qui verront 2100, ça fera 300 ans d’écart ...

27/7 Il y a mille façons de vivre à peu de frais, une fois par semaine, je rapporte une tête de thon (elles sont données et pèsent 5 kilos avec les nageoires caudales). C'est un plat délicieux. Pour ma part, je me régale des yeux, un repas à eux seuls ! Les Anglais nous traitent de mangeurs de grenouilles et d'escargots . Que vont-ils dire de mes festins d'yeux de thon ? Dans le monde entier, l'œil est un met de choix, au Maroc, le maître de maison dépose celui du mouton devant l'hôte qu'il veut honorer, à Tahiti, Aïmata signifie : "Mangeuse d'yeux", car Aïmata était le nom des reines et, lors des festins qui succédaient aux sacrifices humains, c'est à elle qu'était réservé l'œil des victimes (cuit, je pense), encore que j'ai souvent vu ces gens dévorer des poissons, crus, sans assaisonnement, parfois assez rustre ment. Au marché, Benjamin me "vole" toujours le cœur de mes bonites et le mange sous mes yeux.
27/7 Améliorer ma technique ? Bien sûr que c'est possible. En lisant un article sur Temple Grandin, "évadée de l'autisme", j'ai pris conscience de la chance extraordinaire que j'ai d'être sur Najedou . En effet, quelle similitude entre un cockpit de voilier, étroite baignoire rectangulaire, et sa machine à calmer les autistes qui vous compresse les flancs. Ne sommes-nous pas tous un peu autistes ?
Ces incantations, ces litanies, ces mélopées, ces rythmes lancinants, ces séances de muscu ! Faites-vous donc un cockpit bien étroit... …attention à la couleur, ça compte aussi, le mien est bleu ciel, bref, bleu nouveau-né !
Dimanche 4/8 Bu une bouteille de rouge à bord, en juif... en trois jours ! En souffrant, car je ne supporte plus la moindre goutte d'alcool. En d'autres temps, je l'aurais jetée après le premier verre, cette fois-ci, j'ai bu la coupe jusqu'à la lie, je ne suis pas encore assez fort pour avoir de l'alcool chez moi. Pourtant, le creux de vague est passé sans trop de dégâts, la libido fonctionne bien, j'ai fait venir ma "déesse" quatre fois en quelques heures tout en gardant "mes forces" et quand je fais mon hydro-yoga, il faut que je surveille mes pensées s'il y a les enfants par là... ils pourraient être choqués. C'est presque du priapisme : "
Jusqu'à 70 ans, j'ai cru que c'était un os !" Toujours aussi bonnes, ces ablutions, bien que j'aie un peu levé le pied, j'en étais arrivé à 8 heures par jour ! Quel long baptême pour cette renaissance...
La sixième séance de "gros soupirs" a déclenché une puissante éruption et... bien sûr, "post coïtum animale triste"... Alors, au travail, c'est reparti pour un tour.
Je peux dire que Laurence a été la chance de ma vie (Elise va adorer ce passage !). Oui, j'aimerais m'éteindre comme l'a fait Daddey, ouvrir la fenêtre un matin de printemps ensoleillé, dire : Quelle belle journée! et mourir, tout simplement, avec le sourire, à quatre vingt quinze ans...
Pour l'instant, j'ai du mal à trouver une demi-heure pour me reposer un peu, en milieu de journée, qui sait de quoi sera fait demain ? Ne perdons pas une minute, même si j'ai parfois l'impression que je n'ai trouvé qu'une béquille, mais pas la voie de la guérison, que ce combat contre la sénilité est perdu d’avance .
Merci, Seigneur, de m’avoir donné un jour de répit,
La mort serait elle la seule victoire sur le mal ?
J'aimerais rapporter le mot d'un centenaire à qui l'on demandait son secret de longévité : "J'ai trempé ma tête dans un seau d'eau froide, tous les jours toute ma vie..." a-t-il dit. Encore l'eau... et encore ce lien entre le cerveau et le sexe. Vous avez tous remarqué que quand on «vient», on a le cerveau qui sort par le «ventre», n’est ce pas ?

Mardi.6/8 Je suis l'aîné de nous cinq et maman voulait une fille, elle avait décidé que ce serait une fille, elle en était sûre ! Pas d'échographie, en ce temps-là... Bref, elle a préparé une layette rose, des robes à smokes, faites par elle, elle en vendait d’ailleurs pour gagner 3 sous, car les temps étaient durs, en mille neuf cent quarante trois. Mais...c'est un garçon qui est né...!
Elle ne s'est pas découragée, sur les photos de moi à 2 ans, je vois bien une ravissante petite fille aux cheveux longs et bouclés !
Vers 10 ans, un soir d'été à Moulay Bousselham, la plage des riches colons, de nos premiers amours, nous sommes tous allés à un bal costumé chez"Michel" et...devinez quoi ?... elle m'a maquillé, mis sa superbe perruque de longs cheveux noirs (les siens), une belle robe, bref, la totale ! ! Papa est entré dans une fureur noire.
A 12 ans, j'étais pensionnaire à St-Michel de Frigolet, dans la montagnette de Daudet et Mistral, un établissement privé pour une cinquantaine de fils de gens très fortunés, shorts, pèlerines et bérets bleu marine, messe tous les matins dans la chapelle romane (et glaciale) des pères prémontrés, chants grégoriens, puis allemand, latin, et syntaxe française jusqu'au soir, heure du grand dortoir où j'ai découvert le plaisir solitaire, (la première fois, ça fait mal !) et... j'y viens... fête de fin d'année, nous avons joué "Blanche-Neige", devinez quel rôle on m'a donné ? La reine ! "Miroir, dis-moi que je suis bien la plus belle"... Voilà bien de quoi vous marquer pour la vie !
En me donnant à une femme stérile, ma marraine, mon père m'a brisé tout sens social. J'ai toujours été un solitaire, les enfants du quartier m’attachaient et me martyrisaient cruellement . Les nombreux collèges religieux, un par an, ont achevé le travail, faire de moi un jésuite...
Peu de gens savent que des milliers d'enfants sont sujets à la déprime, la grosse déprime, bien égale à la fameuse dépression des adultes. J'ai broyé du noir pendant presque toutes mes années de scolarité; dans les pensionnats, un censeur acceptait parfois d'écouter "mes petits chagrins" ; quand j'étais près des parents, la réponse était toujours une boîte de remontants (ampoules de vitamines, phosphore, cachets divers, etc... !). Mais l'écriture était déjà ma soupape, j'envoyais à ma mère d'immenses lettres tachées de larmes, écrites en cachette pendant les heures d'étude, au lieu d'apprendre mes leçons, ainsi que des poèmes, tous très tristes.
Un jour, j'ai recopié les nus des dernières pages du petit Larousse, j'ai recherché les passages érotiques de nos grands poètes, pour finalement me hasarder à acheter ma première revue sexy et, suprême hardiesse, aller voir un film interdit aux moins de 16 ans ! en short ! car j'ai eu mon premier pantalon à 17 ans !
7.8 - Ne souriez pas à la lecture de mes améliorations, j'ai mis trop de mois pour trouver la force de les réaliser .
7/8 Mes garçons ne sont pas du genre blasé. Tepea rentre de colonie de vacances, les premières vraies vacances de sa vie ! et fond en larmes... je lui demande ce qui lui arrive, crains le pire, et finalement, il parvient à articuler : "C'est trop triste ! de quitter ses amis". Son T-shirt est couvert d'autographes : "Tu es le plus beau", "je t'aime", "Écris-moi", etc. etc... Il prend ma guitare et me montre les airs qu'il a appris, qu'est-ce qu'il a changé ! et... 24 heures après son retour au foyer, une grande carte... qui joue "happy birthday" quand on l'ouvre... de Wendy, sa "meilleure copine". En fait, il ne parle que de copines...
Même histoire avec Kaya, qui était dans un camp différent, à Moorea, mais lui, il a séduit tous les moniteurs et monitrices. Tous les deux n'ont pas raté une danse, à la boum de fin de séjour, et ils racontent leurs slows avec tant d'ingénuité, ces dames se les sont arrachés !
Quant à Teva, il a appelé d'Auckland, d'une voix douce, qui roulait les r, il a dit: Maman, je suis heureux... Quand je pense qu'il a ma taille, et qu'il a pris l'avion avec mes rangers aux pieds (je chausse du 45 !). Décidément, j'ai fait un bon choix en venant à Tahiti.
Neuf août. Avoir une peur bleue, se faire du mouron, du souci, un sang d'encre, du mauvais sang, de la bile... j'aime ces mots du langage populaire, et je sais maintenant ce que c'est qu'avoir une chance de "mari délaissé"...
On peut se tromper ?... Pendant tant d'années ? ...
Christian Genest, le célèbre sexologue, qui m’a initié au Taïtchi, à l’hypnose, au maniement du sabre et à mille autres choses, a bien ri quand je lui ai dit ça ! Vous l'avez tous remarqué, je ne suis pas sorti du stade anal... "Pipi, caca, culotte, fesses" ! Ça me rappelle que, quand j'avais 6 ans, dans le petit village de Sidi Slimane où nous vivions, les parents avaient quelques amis, des notables, pour la plupart, ou quelques gérants de propriétés peu fortunés, mais nantis d'une particule, maman en était folle... bref, notre village avait un contrôleur civil, et leur fils avait notre âge. Pendant que les parents papotaient, nous allions au garage jouer au docteur, et je revois clairement ce petit garçon, nu sur une table en bois, dont j'aspergeais le sexe de talc avec sérieux, mais aussi beaucoup d'excitation, quelle volupté
! J'ai tendance à penser que, jusqu'à la puberté, nous sommes tous bisexuels; pour ma part, de six à douze ans, il m'est arrivé plusieurs fois de me glisser dans le lit d'un copain de dortoir et de le caresser, j'ai même failli sodomiser un cousin, quand j'avais six ans ! "heureusement", la bonne est survenue à temps ! Je sais depuis peu, par expérience ! qu’une dame peut obtenir beaucoup de plaisir ainsi, mon jeune médecin a rougi jusqu’aux oreilles quand je lui ai raconté cette aventure et que j’ai ajouté : pourquoi pas nous, alors ? !
Il paraît que ça s’appelle un orgasme prostatique. Un vieux praticien m’a dit un jour : L’anus est le poumon de la vie. Oui, impossible de tenir la position accroupie bien longtemps, si cet organe n’est pas vigoureux. Ceux qui m’ont fait l’amitié de me suivre sur ce chemin (scabreux ?), l’ont vite compris. Mais surtout …cette posture met un autre sphincter « sous pression », celui de la vessie, siège du plaisir d’uriner…et sexuel ! Et le rend, lui aussi… VIGOUREUX ! Quant à l’eau froide projetée sur cette zone malade, oui, malade ! les terminaux sont les réceptacles de toutes les matières cancérigènes que nous absorbons, qui ignore encore les statistiques ? : à 50 ans, un homme sur deux a un cancer de cette région, à 60 ans : deux sur trois. … vous connaissez bien son effet tonique . Bref, c’est une fantastique rééducation sphinctérienne et certainement la meilleure façon de décongestionner cette zone . Allez ! sourire ! Vous ne trouvez pas que ce passage mérite un petit salaire ? Mais qui osera le publier ?…Enfin…
Pendant toutes ces années d'exil, la sexualité était secondaire, il fallait survivre, notre mode de vie était follement excitant en soi. J'ai eu trop d'émotions fortes, et ça a émoussé mon « désir génésique », je sais qu'il y a un lien, puisque j'ai déjà eu un orgasme à la suite d'un violent choc émotif, quand j'ai pris conscience que je venais de perdre mes trois filles
. 13/08 - Un an au moins que je travaille la position accroupie, et j'ai encore du chemin à faire. C'est reparti fort, ces derniers temps, dix heures par jour !
Ce matin, réveil 4 h30, tenue de combat et au boulot. Quelques minutes d'arrêt pour ma toilette, à 7 heures, et préparer une méga salade de mangues, et c'est reparti; je m'assieds une minute toutes les heures pour me dégourdir les jambes, il est 10 h 30, déjà 6 heures, j'ai mérité un peu de repos, me voilà allongé avec vous pour une heure, ensuite, ça recommence jusqu'à 14 heures, heure du marché. Qu'est-ce que je fais pendant toutes ces heures ? Je dévore des piles de Point, Express etc., ciseaux en main pour garder quelques passages qui m'intéressent en pensant aux enfants pour qui je vais en faire un dossier de culture générale.
Teva est revenu de Nouvelle-zélande, et son rapport m'inspire quelques réflexions : On devait mettre un uniforme pour aller à l'école, c'est nul ! Vous pensez vraiment que l'uniforme permet de mettre tous les enfants sur le même niveau ? J'imagine bien les groupes de grassouillets rougeauds en uniformes luxueux se moquant des groupes de timides et joues creusées par la faim aux uniformes rapiécés... "Vos vêtements dissimulent votre beauté, mais ne cachent pas vos défauts"... Nous étions dans une école de garçons, mais ils ne parlaient que de filles...dit il ... Auckland est bien resté dans le puritanisme anglais du dix neuvième siècle. Aux USA, à Hawaï, en Nouvelle-zélande, en Australie, les indigènes, Maori et indiens, ont été écrasés par les fusils et le nombre des envahisseurs. Pour eux, le problème d'indépendance est résolu ! Je n'en dirais pas plus sur mes avancées érotiques, mais croyez-moi, vous irez de découverte en découverte, et, passé les bornes, il n'y a pas de limites !
24/8 Souvenez-vous que le cancer que l'on vous annonce à 50 ans progresse en vous depuis une trentaine d'années, sans doute provoqué par une ou plusieurs erreurs de comportement graves (plus celles de vos ancêtres) et qu'il n'est jamais trop tard pour commencer à le combattre, mais que c'est vous, et vous seul, qui devez mener ce combat.
Dimanche - Trahison ! Je ne suis plus son maître, son idole... (elle est tombée amoureuse d'un certain Jésus, obéit aux consignes de son directeur de conscience, un certain Pasta, ça veut dire pasteur, je ne veux pas entendre rire ! Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle s'accroche, la tigresse ! Le résultat est plutôt chouette... si vous saviez ce que nous avons fait cette nuit ! J'en suis groggy.
Bon, pas question de se laisser aller, c'est l'heure du marché, 50 kilos de Taruas m'attendent avec deux régimes de bananes, car demain, c'est la rentrée !

Est-il fini, le temps où j'écrivais mon livre sur le visage de mes enfants? Parlons-en, de ces enfants... Kaya est admis dans la plus forte 5ème du collège,. Christian me dit toujours : son intelligence est effrayante ... Ce matin, pas classe, ils ont avalé leurs fruits et sont partis faire du surf, en stop, leur planche sous le bras ( le site est à 8 km, au musée où travaille Elise qui vient de prendre 15 jours pour la rentrée). Vers midi, ils meurent de faim, alors, ils cueillent un uru ou deux et le font cuire entier sur un grand feu. Avec quelques morceaux de noix de coco, c'est délicieux, et il y a toujours un arbre qui porte quelques fruits sauvages, goyaves, mangues, ou autres. Non, quand on voit ce qui se passe dans le monde, on se dit qu'ils ont bien de la chance.
Ah ! ces beaux enfants qui glissent à toute allure sur ces murs liquides, de temps en temps, à l’intérieur même de la vague sur le point de briser, le tube, disent ils, vous les croyez tombés ? ils réapparaissent, secs et radieux, sur leur planche, quelques mètres plus loin, s’envolant et plongeant juste avant le terrible récif où la lame vient se fracasser .
Récemment, l’un d’eux surfait sous la pluie, sous un ciel d’encre; un éclair l’a foudroyé en plein vol . Sa tombe est là, juste devant le spot de glisse, Teva lui rend parfois visite, certains jours, ce sont les dauphins, qui viennent lui donner une sérénade et quelques pirouettes, parmi les surfeurs habitués et complices . J’aime ce petit cimetière au bord de la mer .
son père a écrit :
Rayonnant de beauté,
libre, resplendissant,
Des vagues de Huahine
tu as pris ton élan
pour aller dans les cieux
Glisser sur les nuages.
La bas, l’éclair t’a pris
Au meilleur de ton âge.
Frères, sœurs, parents, amis,
Ne vous lamentez plus,
Il y a dans le ciel,
un archange de plus,
Qui veille sur vos pas,
Et nous a demandé
de ne pas être triste .

Je vous l'ai dit, je me suis assagi : réveil avant tout le monde, je saute dans mes bottes et fais une heure de yoga, puis, j'enfile mon slip mouillé et trempe ma tête dans mon seau, là, je presse un citron sur ma tête et je me coiffe avec un peigne à poux, puis, opération fruits du petit déjeuner. En général, à ce stade, je suis gonflé à bloc pour démarrer un grand ménage, on est père au foyer ou on ne l'est pas ! et, aujourd'hui, je vais vous offrir un autre de mes secrets, le lit, où nous passons la moitié de notre vie, doit être dur. Une épaisse planche de contre-plaqué recouverte d'un mince matelas de mousse (5 à 7 cm) et d'un drap de coton... ça va paraître évident à certains, mais trop de gens dorment sur de mauvais sommiers et de mauvais matelas. Allez, à plus !

Le mardi et le vendredi, Elise va à la prière de 7 heures à minuit. A longueur de jour, elle est dans la bible; je lui demande : tu n'as rien de plus intéressant à lire ? elle répond : je n'ai jamais rien lu d'aussi passionnant. Je suis dépassé. Il faudra en parler à Bernard Pivot. Votre travail, quel qu'il soit, doit être votre zen, votre muscu, votre méditation.
Au bureau, à la cuisine, dans la rue, il y a toujours une façon de se comporter qui épanouit, déstresse, muscle sans fatiguer. Quand j'épluche le tarua, je fais l'ours, genoux fléchis, abdomen gonflé... Vous attendez quelqu'un à l'aéroport ? Marchez "kendo", jambes un peu écartées et fléchies, avant-bras horizontaux, poing contre paume, pressez légèrement en expirant par le sternum, inspirez par l'abdomen (on se fout du regard des voisins), d'ailleurs, on a un regard "posé" (c'est-à-dire vague, sur l'horizon). Presser le coco est, bien sûr, un excellent exercice, si vous voyiez les cales que j'ai dans les mains ! Mais on pourrait dire la même chose de tous l
es métiers. ( marre ! du culte du gros muscle !) Sédentaires, si vous saviez la chance que vous avez ! Accroupi, on se porte bien, (son propre poids !) et ça va ... (à la selle !)
Certains grands patrons parisiens l'ont fort bien compris et vous reçoivent accroupi sur leur fauteuil, comme un chef Touareg, comme un Shaman amazonien, comme un sage hindou, comme Diogène dans son tonneau, comme le rédacteur en chef d’une célèbre revue de voyages... comme Louis 14, qui avait aménagé un trou sur son trône, pour pouvoir s'alléger en plein conseil des ministres !
Churchill et Gandhi avaient une devise en commun : NO SPORT !
2/9. Que nous sommes fragiles et vulnérables... Hier, vers seize heures, une force à laquelle je n'ai absolument pas pu résister a saisi ma main et l'a guidée vers le rayon des vins; la tension était devenue trop forte, sans doute... A 20 heures, la bouteille était vide ! Porté par mon élan, j'ai accompli la routine du dîner, apparemment indifférent à l'absence de Tepea, hospitalisé, il vient de se casser le bras en faisant du skate. Puis, je me suis mis au "travail", à ma source, longuement, complètement ivre.
« Tout savoir est vain sauf là où il y a travail, tout travail est vide sauf là où il y a amour; si vous ne pouvez travailler avec amour, il vaut mieux recevoir l'aumône, car, si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer »
7/9. Décidément, je n'y connais rien en ovulation ! Ou plutôt, je commence à m'y connaître...
Le mois dernier, nous avons amplement contourné la "zone rouge"... Mais la nature en a décidé autrement.
Mon récit de voyage à la voile en famille autour du monde s'est vendu dans tous les pays par centaines de milliers, je rencontre sans arrêt des gens qui me disent : "nous sommes partis sur la mer après avoir lu ton bouquin" (ils en sont revenus !)...
Je ne voudrais pas être responsable de milliers de grossesses non désirées, c'est pour cette raison que je vous rapporte cet événement.
Quant à mes émotions... on y reviendra plus tard, s'il vous plaît.
Quand Elise m'a annoncé qu'elle était enceinte, je lui ai, bien sûr, demandé : de qui ?... J'ai parlé du Saint-Esprit, très brun et frisé... Après l'avoir malmenée un moment, je l'ai prise dans mes bras, en silence, et j'ai pensé : ai-je vraiment envie de sortir de ma léthargie ?
Le lagon est blanc, un puissant vent du sud (glacé) lève de belles lames dans notre mouillage. Pendant que j'étais au marché, Najedou a failli couler, la mer entrait par une vieille vanne, des tonnes de linge sont trempés, aller à terre en dinghy est sportif, on arrive tout mouillé. Gardons le moral !
12/9. Petite précision, Vaï a été conçu 12 jours après le premier jour des règles (vous vous souvenez, "la sixième séance de gros soupirs")... Nous n'avons pas du tout contourné la zone rouge ! Je maintiens donc, il est dommage de démarrer sa vie de couple avec contraceptifs, c'est la période idéale pour apprendre à connaître ses cycles en travaillant "sans filet." Je connais de vieux amants qui ont planifié tous leurs enfants ainsi et ont vécu une longue vie sans aucune contraception ... ...et ce n’est pas monsieur Billings qui me contredira, n’est ce pas docteur ?
Je ne suis pas cet exemple ! Nous avons pris conscience de tout ça trop récemment. Au-delà de la technique, se trouve sans doute la mystique, puisque notre enfant est "né" le jour de la transfiguration... le six août ( il a déjà un mois !). Et si on disait que c'est la fin du premier tome ?
Elise et moi sommes sortis, et je lui ai murmuré : et si on disait qu'on s'aime...


CHAPITRE 8

16/9. L'originalité de ma méthode tient en ceci : vous éprouverez un plaisir intense à la pratiquer, au point d'avoir du mal à vous arrêter ( pour vaquer à vos activités) contrairement à ce qu’écrit Claire : « c’est long, 20 minutes, on s’ennuie. » S’ennuie t on quand on prie, quand on parle à un ami ? Bien sûr, pour atteindre ce niveau, j'ai travaillé la position accroupie pendant des heures, chaque jour, pendant douze mois... jusqu'à ne plus avoir mal au dos ou aux jambes, et je sais que je peux encore avancer. Boules dans les oreilles, poings sur les tempes, tête dans les genoux, exactement comme un fœtus, légèrement tenu dans le dos et sur les côtés, filet d'eau froide sur le pubis, au bout d'une heure, vous planez ! Quand vous aurez la sensation de pisser de l'acide, comme un torrent de montagne sur vos muqueuses remises à neuf, vous aurez gagné ! C'est un véritable acte chirurgical qui se propage dans tout le corps et jusqu'au cerveau. Bon courage !
17/9. Je jette un coup d'œil sur mes notes, et réalise que ma méthode n'est au point que depuis quelques jours ! C'est stupéfiant., bottes en caoutchouc, pompe...), la notion de temps est très relative, j'ai l'impression d'être dans ce purgatoire depuis des années, ma vie redémarre, serait ce une nouvelle vague de chance ?
Bon rythme de travail, couché à 21 heures, je me réveille à 23 heures, pour une heure de "travail", ainsi, je dors profondément de minuit à quatre heures... Résultat, je me surprends à faire de grandes lessives, au ponton, à la main, dans le dinghy que je remplis à moitié.
Vous l'avez compris, ma thérapie s'adresse à des cas graves (OK, I know I am a hard case!). Il faudra que ce soit reconnu et remboursé, et que l'on puisse en faire un séjour en maison spécialisée d'au moins un mois. C'est une forme de thalassothérapie. Je viens d'y ajouter une grande découverte : si vous voulez redécouvrir ce que c'est qu'un sommeil de plomb, dormez par tranches de trois heures seulement, entrecoupées par une heure d'hydro. Carrément la trappe !

27/9. Falaise, gouffre, précipice ? Je m'accroche, de toutes mes forces, mais je perds du terrain, irrésistiblement, je décroche, moi "l'être supérieur", je me suis fait un "fixe", comme tout le monde, pour pouvoir accomplir mon travail quotidien, je suis rentré dans le premier bar, et j'ai commandé un café dans lequel j'ai mis trois sucres; l'organisme a bonne mémoire. A partir de là, tout s'est remis en marche, mon dîner a été très réussi, mais, comme par hasard, personne n'y a touché !... Un peu comme si je n'avais plus ma troupe en main. Heureusement qu'il y a le matin pour me rappeler que mon plus grand trésor, ce sont les habitudes que j'ai prises pendant ces douze derniers mois. Fini, la grosse déprime de l'après-midi, le rituel des premières heures est magique.
2/10. Les autorités s'acharnent de nouveau sur nous, ils vont nous expulser du mouillage. Eux, ont le droit de déverser leurs égouts dans le lagon, ça coûterait trop cher d'installer des canalisations qui envoient tout ça en haute mer... mais, une quinzaine de voiliers qui consomment dix fois moins que les terriens moyens...
NON !
C’est des collines déboisées pour construire que vient la mort de mon lagon .
Ça me tombe dessus alors que je suis cloué au lit depuis trois jours, grelottant de fièvre sous mes couvertures;
Utilisez tous les vents, surtout ceux qui vous sont contraires ; pour ma part, j'espère sortir rapidement de cette maladie qui me cloue au lit, propre comme un sou neuf ; j'ai résisté à toutes les tentations médicamenteuses, anti-fièvre, antidouleur, anti-toux, antitout ! J'ai pratiquement cessé de m'alimenter,(un fruit de temps en temps) . Quelle merveilleuse invention de la nature que la grippe ! Laissez-la agir, elle vous nettoie en trois jours. A chaque fois que vous faites « tomber la fièvre », vous manquez une occasion de guérir votre cancer, l’hyperthermie tue les cellules malignes .
Les allopathes pensent que les homéopathes sont de doux rêveurs, Je pense que cette thérapie a quelques siècles d'avance. Sur la science, recherche sur l'infini(ment) petit, aspect cosmique de l'être humain, holistisme. Sur la morale, la population de la planète croit à une allure vertigineuse, les ressources pas, cette thérapie est gratuite et efficace... "croissez et multipliez-vous"... Plus évident, quand on décide de se soigner de cette façon, on se contraint à des mini jeûnes quotidiens : prendre ses remèdes loin des repas, et peut-être diminuer sa consommation d'alcool, tabac, café ? La simplicité est parfois géniale ! A faire méditer aux médecins qui font des ordonnances de trois pages . Quand je prends un remède homéopathique, j'ai l'impression de faire un voyage dans le cosmos, la planète que j'ai visitée est-elle minuscule, inutile ?
Bref, c'est du Theillard de Chardin.
La saison des cross commence, mes trois garçons reviennent portés en triomphe, ils sont la fierté du collège; Teva, 1er, Tepea, 1er (pieds nus et avec