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Eclairage sur : " Une pédagogie oubliée : le vodou " L'interview

A FLEUR DE L'ÂME - IV  Christian Guillain

CHAPITRE 7

16/6.Comment arrêterais-je ? J'ai encore tant de choses à vous raconter... Mon île Coco, déserte, au milieu du Pacifique, des cascades d'eau fraîche qui se déversaient dans notre crique, sortant de bouquets d'arbres denses, brouillés par un nuage d'écume où voltigeaient les jabots écarlates des frégates en amour et Didier et moi, nus, poussant en nageant une petite baignoire gonflable dans laquelle gisait un sanglier que nous venions d'abattre, au fusil de guerre, tout ça entouré d'une quinzaine de requins, car c'est bien connu, il y a beaucoup de requins à l'île Coco. Quel fou étais-je !
Aujourd'hui, c'est la fête des pères... à l'aurore, je suis allé regarder dans le ciel (dans les yeux d’Elise), si ma nouvelle étoile brillait toujours, et, en se levant, le soleil nous a trouvé enlacés.
À l'heure où j'écris, elle est allée faire "son marché", au temple, son plein d'énergie pour la semaine. Dieu sait qu'elle va en avoir besoin, elle gagne les sous, elle me fait l'amour, elle fait la lessive...
Vous allez dire :
Il est fou ! Pour guérir, il faut :
Vivre nu, sur un voilier, à Tahiti
et faire travailler sa (jeune) femme ! !
Un full time job !
Oui, mon repos a le goût amer de sa sueur et de ses larmes,
Comment puis je continuer de la sacrifier ainsi ?
C’est un meurtre !

Bon, face Nord :
--- Elise : Tu sais, je peux être très méchante ,
Il y a un homme qui m’attend patiemment…
17/6. The next best thing after an orgasm is a full stomach, disait mon copain David, (avoir l’estomac plein est le seul plaisir qui soit comparable à un orgasme).
Ça me rappelle qu'enfant, j'avais toujours faim, et ce triste sentiment de culpabilité, à chaque fois que j'allais chaparder dans la cuisine quelques restes, chez les parents, grands-parents, marraine ... Ce n'était sans doute pas encore de la gourmandise, j'avais besoin de grandir, mais ça l'est devenu. Quelle tristesse de manger pour le plaisir, sans faim réelle, ce qui est le lot de la plupart des êtres civilisés que nous sommes ! Autrefois, je chapardais des petites femmes, de ci de là, avec l'appétit de ma jeunesse, plus tard, c'est devenu de la gourmandise...
Maintenant, j'essaie de me reconstruire, et j'y arrive ! je suis tellement heureux, le soir après dîner, de ressentir ce bien être général, ce sentiment d'avoir l'estomac vide, un peu faim, mais de contrôler parfaitement cette envie jusqu'au lendemain matin, jusqu'aux pamplemousses de six heures.

Je me rends compte que personne n'est prêt à me lire, moi qui pensais pouvoir bientôt permettre à Elise de quitter son travail pour se consacrer aux enfants... personne sauf peut-être les allemands, qui ont compris qu'il faut diviser le temps de travail par deux pour sauver le pays ; ils savaient déjà que leurs étudiants étaient plus performants en ne travaillant que le matin et en faisant du sport l'après-midi, que les jeunes doivent passer une partie de leurs études à des activités manuelles professionnelles, en parallèle au théorique.
A ce propos, quelle joie de lire un article de Georges Charpak sur l'apprentissage précoce des sciences dans les milieux défavorisés californiens, il y a tellement longtemps que j'en suis conscient et je me suis tellement régalé avec Teva quand il avait 4, 5 ans, à jouer avec des raisonnements très complexes, par oral et par écrit.

3/7. Elise a un livre sur le yoga , j'y ai trouvé "ma position" bien décrite : Utkatasan, recommandé aux gens qui souffrent de constipation, soit la plupart d’entre nous ...(non ?) et... en post-scriptum :"essayez de tenir 5 secondes..."
Imaginez un médecin dire au patient qui souffre de « paresse du transit » :
Prenez votre petit déjeuner accroupi.
Décidément, j’ai choisi un sujet difficile !
Les gens sérieux vont sourire . Sauf… si je leur dis que c’est souverain contre : Le stress, l’obésité et l’impuissance !
Pour séduire nos secrétaires (mot mixte !) nous sommes prêts à faire tous les efforts, souvent aussi stupides que courir en combinaison étanche, ramer dans notre salle de bain, porter des poids sous nos vêtements, consommer des anabolisants…..
Rééduquons plutôt nos sphincters en priant accroupi ! ! !

Pour vous dire à quel point nos dîners sont spartiates... en sortant de table, nous pourrions sans peine engloutir un bon repas "traditionnel" et d'ailleurs, quand il nous arrive d'aller au restaurant (très rare !), nous ne manquons jamais de dîner avec les enfants, exactement comme d'habitude, avant d'y aller, sans doute pour faire des économies.

6/7. Hier, je n'ai pas trouvé une seconde pour m'allonger; circuit nage, «concert spatial accroupi », comment vais-je appeler cette séance de recharge énergétique ? tout ça précédé par un 7 à 9 fou, préparation du petit déjeuner et du repas de midi de ma troupe (ils vont tous au musée avec Elise, ils sont en vacances...) et clos par mon 14-19 heures habituel : courses, préparation du dîner, etc... Nous sommes dans une passe "soupe géante", Tarua, verdure, lait de coco, avec mito au thon blanc.
Vrai, je n'ai jamais travaillé pour personne, exact, j'ai vécu comme un roi avec moins que le SMIG pendant 30 ans. Oui, je suis un nomade, exact, je n'ai jamais payé d'impôts, vrai, je n'ai jamais payé un centime de taxes ou TVA sur mes six bateaux, en trente ans, il suffit de rester mobile et de dire aux douaniers qu'on est de passage, sinon, chaque pays traversé vous réclame entre 20 et 50 % de la valeur du bateau, si vous restez chez eux plus de six mois ! Je n'ai jamais dépensé un sous d'assurances non plus, calculez la fortune que ces trois rubriques m'auraient coûté en 30 ans
! S’il vous plaît, ne me demandez pas de me justifier sur la façon dont je participe, soyez heureux que je vienne vous réclamer un peu d’argent
. On ne donne jamais assez pour la recherche . scientifique et spirituelle .
Oui, j’ai nargué les autorités du monde entier, je n’ai jamais raté une occasion de leur faire un pied de nez, naviguant sans papiers pour mes bateaux autre qu’un vulgaire reçu de mon chantier chinois, ce qui rendait perplexe les douaniers, (américains, Australiens ou autres ), quittant les ports sans faire de clearance ou allant toujours à l’opposé de l’endroit où je déclarais aller, si par hasard j’en faisais une .
Vrai, c'est fatiguant d'être totalement responsable de tout. Je sais maintenant qu'il me reste une cinquantaine d'années à vivre, peu et beaucoup à la fois, et que mon "travail" ne fait que commencer, que j'en passerai sûrement une partie en prison, (avec tout ce que j'écris !)
11/7. Ça aide à tenir le coup, de se dire qu'il y a quelque chose au-dessus du hasard, de la fatalité, de la logique, pour vous récompenser de vos efforts. Si le monde était fait de deux forces contraires absolument égales, le bien et le mal, que ce serait ennuyeux ! (mais, qu'est-ce qui m'arrive ? Je dois être très fatigué.)
14/7. Tepea m'a rapporté quatre œufs, il y a beaucoup de poulettes semi sauvages, dans le grand parc du musée; bouillis, épluchés... j'y ai trouvé quatre poussins, que j'ai mis dans la soupe (j'aurais eu honte de les jeter), tels quels, bien sûr.
Aux Philippines, autour des combats de coqs, les gens se régalent de ces œufs qui croquent un peu sous la dent ! ---
Teva : Dis papa, tout le monde est intelligent, hein ? --- On peut être nul à l’école et être un génie, n’est ce pas?
Si je dis que ma thérapie m'a sauvé, les foules vont éclater de rire, si je dis que c'est la foi d’Elise, les masses vont hausser les épaules... décidément, le suffrage universel ne signifie pas grand-chose !
Chacun de nous a une part de responsabilité dans la bonne marche de l'univers, cet immense corps dont nous faisons partie, mais, si la terre explose demain, par notre faute, elle renaîtra un peu plus loin dans quelques milliards d'années... après-demain quoi !
Vous allez dire que je parle trop de ma vie intime, de la sexualité de mon couple, je serais malhonnête de ne pas le faire, une fois de plus, aujourd'hui, je dois à tous de vous dire les pas de géant que ma thérapie m'a fait faire; je suis bien obligé de constater des changements spectaculaires, nos "explosions" n'en finissent pas, et sont plus intenses que jamais, mes petits œufs sauvages fécondés m'ont bien remercié de ne pas les avoir jetés; dans la machine bien nettoyée et réceptive que je suis devenu, ils ont produit un effet magique... des câlins divins...
Et trop peu de la vie de ma cité lacustre, car je vis en ermite, accroupi 4 à 6 heures par jour, plongé dans la lecture, boules Quiès dans les oreilles, à mes activités de "maman" le reste du temps. Pourtant, il s'en passe des choses autour de nous; en ce moment, par exemple, des dizaines de voiliers, américains pour la plupart, sont en escale, après avoir traversé le Pacifique, le voyage de leur vie; ça anime notre mouillage et le quai, en ville, est bondé, pour quelques mois.
Non, je ne suis pas nostalgique, enfin, pas trop !
En fait d'activités de "maman", je vois mal une femme faire mon marché quotidien. Hier, je suis rentré avec 60 kilos : 30 kilos de tarua et 25 de bananes (régime). Le reste en poisson etc. Sur la moto, c'est du sport ! et la moto est le seul moyen de faire vite, à cause des embouteillages. Les jours ordinaires, il est rare que j'aie moins de 30 kilos sur le dos. Mais surtout, j'ai besoin de beaucoup de concentration, pour tisser mon réseau de fournisseurs.
Après avoir jeûné 3 jours, Elise s'est remise à manger, et... critique la rudesse de mes repas. Je leur donne, pour leur journée passée au musée, quelques taruas vapeur cuits dans leur peau, avec du poisson séché et quelques bananes. Spartiate, vrai, mais quand on a voyagé comme nous l'avons fait, on sait que c'est du luxe. Des millions de gens n'ont pour repas qu'un bol de riz ou deux par jour, point ! Avoir un morceau de manioc chaud est un luxe rare, un morceau de poisson, l'éden, un fruit frais, impensable

! 17.7. Je sens que l’effet du magistral coup de poing que j’ai reçu dans la figure commence à s’estomper, je ne nage plus, ou si rarement, je ne vais tout de même pas abandonner ça . Autrefois, j'étais heureux, maintenant, je gagne des moments de bonheur au prix d'un travail acharné. C'est peut-être ça, devenir adulte, ou est-ce l'enfer ?
Tous des P(h)arisiens, après avoir épuisé nos terres, nous les avons abandonnées pour venir grossir les cités, et nous osons encore parler de pollution, indécent ! tout le monde sait bien que les citadins sont tous d'anciens campagnards, qui élaborent de belles théories sur la protection de l'environnement (comme moi !) dit-on écosystème ? et que chacun attend que ce soit "l'autre", qui retourne s'éreinter sur la charrue ! Pourtant ... il faut avoir vécu dans une contrée isolée, avoir cultivé « à l’ancienne », avoir supporté la dictature DU curé, DU gendarme, DU médecin et DE l’instit de l’île, pour comprendre l’exode rural et la tentation des engrais et insecticides chimiques . Ah, Laurence ! Il va falloir que tu mettes tout ça en ordre avec ton bel ordinateur...
25/7- Je le répète, ma thérapie est très efficace, mais c'est un énorme travail, plusieurs heures par jour pendant des mois, sept, pour moi, et j'en suis à 6 heures accroupi par jour ! J'arrive maintenant à m'endormir en position fœtale (tête dans les genoux). Ça s'appelle faire l'œuf : c'est votre fils, ça, madame ? Quel œuf ! !
27/7 Bien amélioré mon dispositif ablutions : un long bras, situé à ma gauche, actionne une pompe qui remplit mon seau à la demande, c'est de ce seau que part le tuyau qui aboutit au pubis. Avantages ? eau plus propre et plus froide, parce que puisée plus profond (6 m), plus fraîche aussi, et fini les nombreux seaux qui attendent sur le côté et les va-et-vient incessants. D'autre part, j'ai augmenté le débit, passé de 50 litres à l'heure à 100 litres à l'heure. En bout de journée, ça fait presque une tonne ! au prix du m3 d'eau parisienne, ça fait cher, surtout si toute la famille s'y met. Mais l'eau de mon lagon n'a pas de prix ! Et pourtant, elle est gratuite...
"Homme libre, toujours tu chériras la mer"..
. En tous cas, je sens la différence. Où est-ce que ça va s'arrêter ? Je me dis que, même si cette thérapie n'est pas reconnue avant longtemps (100 ans ?), j'aurais eu la chance d'être parmi les rares initiés, et même parmi ceux qui l'ont fait progresser.
Une paire de bottes en caoutchouc est bien pratique, car ça mouille beaucoup dans le coin.
Une personne a marqué mon enfance, mon grand père . Aucune image ne restera gravée en moi plus longtemps que celle de Daddey posant sa grande main noueuse sur celle, toute fine, de Graney, Graney qui disait, en souriant, quand il partait faire ses marches avec son appareil de photo, "il va voir ses petites femmes". Pendant la journée, il dessinait souvent les paysages qui l'entouraient, de superbes aquarelles ou des nus, au crayon, il modelait les corps dans l'argile, et la cave était pleine de ces "dames"... Tout cela fait partie d'une tradition encore bien vivante chez nous; oncle Pierre, et maintenant Manie, ont repris le flambeau.
Daddey, le type même du gaulois, moustache abondante sous un long nez nerveux et tranchant, l'œil vif et rieur sous un grand front, toison d'argent en broussaille, dents éclatantes, tout ça sur une carcasse de un mètre quatre vingt dix mince et musclée, recouverte d'un habit de toile ocre et froissée et de chaussures qui semblaient avoir marché un tour du monde entier. Je revois si bien sa belle main entamant une boule de pain de campagne avec son grand couteau, en tirant vers sa poitrine, ou taillant ses vignes, ses roses, ses crayons ...
Graney m'a éclairé sur une partie plus cachée de son anatomie en me montrant une photo jaunie de lui avec une bande de copains quand il avait 30 ans : "Tu aurais dû les voir certains jours, tout nus, et bien vivants ! " ( il est resté vert jusqu'à 70 ans !) Un jour où je faisais mes classes à Fréjus, je suis allé rendre visite à leurs amis de jeunesse dans une maison de retraite voisine, là j'ai entendu une vieille dame me dire : Christian, quel homme, votre grand-père ! Il avait un ventre de lévrier, avec nostalgie.
Je vous décris un homme de 80 ans, car je n'ai pas connu celui qui construisait des barrages dans les Alpes et skiait avec son uniforme de chasseur alpin, son fusil sur le dos, mais il faut connaître les immenses plages de la Manche pour l'imaginer allongeant ses grandes jambes pendant des heures dans le vent marin entre dunes et vagues. J'entends encore sa grosse voix quand il commandait le silence aux enfants que nous étions, à table, une grande table ronde comme je les aime, sur laquelle fumait la soupière pleine des moules que nous venions de cueillir dans les rochers (d'autres jours, c'était des crevettes) ; oui, il fallait un silence absolu car les grands écoutaient le journal parlé sur un des tout premiers postes de radio, la guerre venait de s'achever, autour de nous, beaucoup de maisons en ruine en témoignaient, ainsi que les nombreux blockhaus dans lesquels nous allions jouer, éparpillés dans les dunes voisines.
Par miracle, la maison des grands-parents avait échappé aux bombes, perchée sur une falaise pleine de glaise, qu'elle sentait bon cette maisonnette de vacances d'où l'on pouvait voir l'Angleterre une fois ou deux dans l'été, par très beau temps.
J'ai écrit quelque part que le père de Daddey était ministre des colonies; ça a fait sourire mon père . C’est bien plus tard, en lisant « Les hommes de bonne volonté », que j’ai compris la signification de ce sourire ; Jules Romains y fait dire à Jaures : « J’en suis à me demander si, à l’heure qu’il est, l’homme le plus puissant de France n’est pas Guillain. » « je vous rappelle qu’il a sous sa coupe toutes les sociétés métallurgiques, toutes les mines, et brasse chaque année des sommes bien supérieures au budget total du pays, sans parlement pour lui demander des comptes ! »
Telle était réellement la puissance de mon grand père, me dit papa... ....et fils unique d'un modeste charpentier de marine de Boulogne… que j'imagine bien taillant à l'herminette les bordées des voiliers terre-neuvas, comme je revois Daddey tailler le pain de campagne . Mais, brillant élève, major de sa promotion à Polytechnique ...
Daddey a été l'artiste de cette branche, seulement ingénieur hydroélectrique ! Graney lui a toujours un peu reproché de ne pas avoir repris les grandes affaires familiales.. il ne m'a jamais dit comment il a obtenu sa croix de guerre en 14/18, mais qu'il était beau, en uniforme de capitaine ! (Manie m'apprend qu'il a été héroïque, blessé au « chemin des dames », à Verdun, terrible bataille qui ne dit rien à nos jeunes...) Maintenant, je vous demande un peu d’attention, quand il me parlait de son grand père, il me promenait dans les rues de Boulogne sur mer en 1800 ! et nous sommes en 2000 ... Pour mes petits enfants, qui verront 2100, ça fera 300 ans d’écart ...

27/7 Il y a mille façons de vivre à peu de frais, une fois par semaine, je rapporte une tête de thon (elles sont données et pèsent 5 kilos avec les nageoires caudales). C'est un plat délicieux. Pour ma part, je me régale des yeux, un repas à eux seuls ! Les Anglais nous traitent de mangeurs de grenouilles et d'escargots . Que vont-ils dire de mes festins d'yeux de thon ? Dans le monde entier, l'œil est un met de choix, au Maroc, le maître de maison dépose celui du mouton devant l'hôte qu'il veut honorer, à Tahiti, Aïmata signifie : "Mangeuse d'yeux", car Aïmata était le nom des reines et, lors des festins qui succédaient aux sacrifices humains, c'est à elle qu'était réservé l'œil des victimes (cuit, je pense), encore que j'ai souvent vu ces gens dévorer des poissons, crus, sans assaisonnement, parfois assez rustre ment. Au marché, Benjamin me "vole" toujours le cœur de mes bonites et le mange sous mes yeux.
27/7 Améliorer ma technique ? Bien sûr que c'est possible. En lisant un article sur Temple Grandin, "évadée de l'autisme", j'ai pris conscience de la chance extraordinaire que j'ai d'être sur Najedou . En effet, quelle similitude entre un cockpit de voilier, étroite baignoire rectangulaire, et sa machine à calmer les autistes qui vous compresse les flancs. Ne sommes-nous pas tous un peu autistes ?
Ces incantations, ces litanies, ces mélopées, ces rythmes lancinants, ces séances de muscu ! Faites-vous donc un cockpit bien étroit... …attention à la couleur, ça compte aussi, le mien est bleu ciel, bref, bleu nouveau-né !
Dimanche 4/8 Bu une bouteille de rouge à bord, en juif... en trois jours ! En souffrant, car je ne supporte plus la moindre goutte d'alcool. En d'autres temps, je l'aurais jetée après le premier verre, cette fois-ci, j'ai bu la coupe jusqu'à la lie, je ne suis pas encore assez fort pour avoir de l'alcool chez moi. Pourtant, le creux de vague est passé sans trop de dégâts, la libido fonctionne bien, j'ai fait venir ma "déesse" quatre fois en quelques heures tout en gardant "mes forces" et quand je fais mon hydro-yoga, il faut que je surveille mes pensées s'il y a les enfants par là... ils pourraient être choqués. C'est presque du priapisme : "
Jusqu'à 70 ans, j'ai cru que c'était un os !" Toujours aussi bonnes, ces ablutions, bien que j'aie un peu levé le pied, j'en étais arrivé à 8 heures par jour ! Quel long baptême pour cette renaissance...
La sixième séance de "gros soupirs" a déclenché une puissante éruption et... bien sûr, "post coïtum animale triste"... Alors, au travail, c'est reparti pour un tour.
Je peux dire que Laurence a été la chance de ma vie (Elise va adorer ce passage !). Oui, j'aimerais m'éteindre comme l'a fait Daddey, ouvrir la fenêtre un matin de printemps ensoleillé, dire : Quelle belle journée! et mourir, tout simplement, avec le sourire, à quatre vingt quinze ans...
Pour l'instant, j'ai du mal à trouver une demi-heure pour me reposer un peu, en milieu de journée, qui sait de quoi sera fait demain ? Ne perdons pas une minute, même si j'ai parfois l'impression que je n'ai trouvé qu'une béquille, mais pas la voie de la guérison, que ce combat contre la sénilité est perdu d’avance .
Merci, Seigneur, de m’avoir donné un jour de répit,
La mort serait elle la seule victoire sur le mal ?
J'aimerais rapporter le mot d'un centenaire à qui l'on demandait son secret de longévité : "J'ai trempé ma tête dans un seau d'eau froide, tous les jours toute ma vie..." a-t-il dit. Encore l'eau... et encore ce lien entre le cerveau et le sexe. Vous avez tous remarqué que quand on «vient», on a le cerveau qui sort par le «ventre», n’est ce pas ?

Mardi.6/8 Je suis l'aîné de nous cinq et maman voulait une fille, elle avait décidé que ce serait une fille, elle en était sûre ! Pas d'échographie, en ce temps-là... Bref, elle a préparé une layette rose, des robes à smokes, faites par elle, elle en vendait d’ailleurs pour gagner 3 sous, car les temps étaient durs, en mille neuf cent quarante trois. Mais...c'est un garçon qui est né...!
Elle ne s'est pas découragée, sur les photos de moi à 2 ans, je vois bien une ravissante petite fille aux cheveux longs et bouclés !
Vers 10 ans, un soir d'été à Moulay Bousselham, la plage des riches colons, de nos premiers amours, nous sommes tous allés à un bal costumé chez"Michel" et...devinez quoi ?... elle m'a maquillé, mis sa superbe perruque de longs cheveux noirs (les siens), une belle robe, bref, la totale ! ! Papa est entré dans une fureur noire.
A 12 ans, j'étais pensionnaire à St-Michel de Frigolet, dans la montagnette de Daudet et Mistral, un établissement privé pour une cinquantaine de fils de gens très fortunés, shorts, pèlerines et bérets bleu marine, messe tous les matins dans la chapelle romane (et glaciale) des pères prémontrés, chants grégoriens, puis allemand, latin, et syntaxe française jusqu'au soir, heure du grand dortoir où j'ai découvert le plaisir solitaire, (la première fois, ça fait mal !) et... j'y viens... fête de fin d'année, nous avons joué "Blanche-Neige", devinez quel rôle on m'a donné ? La reine ! "Miroir, dis-moi que je suis bien la plus belle"... Voilà bien de quoi vous marquer pour la vie !
En me donnant à une femme stérile, ma marraine, mon père m'a brisé tout sens social. J'ai toujours été un solitaire, les enfants du quartier m’attachaient et me martyrisaient cruellement . Les nombreux collèges religieux, un par an, ont achevé le travail, faire de moi un jésuite...
Peu de gens savent que des milliers d'enfants sont sujets à la déprime, la grosse déprime, bien égale à la fameuse dépression des adultes. J'ai broyé du noir pendant presque toutes mes années de scolarité; dans les pensionnats, un censeur acceptait parfois d'écouter "mes petits chagrins" ; quand j'étais près des parents, la réponse était toujours une boîte de remontants (ampoules de vitamines, phosphore, cachets divers, etc... !). Mais l'écriture était déjà ma soupape, j'envoyais à ma mère d'immenses lettres tachées de larmes, écrites en cachette pendant les heures d'étude, au lieu d'apprendre mes leçons, ainsi que des poèmes, tous très tristes.
Un jour, j'ai recopié les nus des dernières pages du petit Larousse, j'ai recherché les passages érotiques de nos grands poètes, pour finalement me hasarder à acheter ma première revue sexy et, suprême hardiesse, aller voir un film interdit aux moins de 16 ans ! en short ! car j'ai eu mon premier pantalon à 17 ans !
7.8 - Ne souriez pas à la lecture de mes améliorations, j'ai mis trop de mois pour trouver la force de les réaliser .
7/8 Mes garçons ne sont pas du genre blasé. Tepea rentre de colonie de vacances, les premières vraies vacances de sa vie ! et fond en larmes... je lui demande ce qui lui arrive, crains le pire, et finalement, il parvient à articuler : "C'est trop triste ! de quitter ses amis". Son T-shirt est couvert d'autographes : "Tu es le plus beau", "je t'aime", "Écris-moi", etc. etc... Il prend ma guitare et me montre les airs qu'il a appris, qu'est-ce qu'il a changé ! et... 24 heures après son retour au foyer, une grande carte... qui joue "happy birthday" quand on l'ouvre... de Wendy, sa "meilleure copine". En fait, il ne parle que de copines...
Même histoire avec Kaya, qui était dans un camp différent, à Moorea, mais lui, il a séduit tous les moniteurs et monitrices. Tous les deux n'ont pas raté une danse, à la boum de fin de séjour, et ils racontent leurs slows avec tant d'ingénuité, ces dames se les sont arrachés !
Quant à Teva, il a appelé d'Auckland, d'une voix douce, qui roulait les r, il a dit: Maman, je suis heureux... Quand je pense qu'il a ma taille, et qu'il a pris l'avion avec mes rangers aux pieds (je chausse du 45 !). Décidément, j'ai fait un bon choix en venant à Tahiti.
Neuf août. Avoir une peur bleue, se faire du mouron, du souci, un sang d'encre, du mauvais sang, de la bile... j'aime ces mots du langage populaire, et je sais maintenant ce que c'est qu'avoir une chance de "mari délaissé"...
On peut se tromper ?... Pendant tant d'années ? ...
Christian Genest, le célèbre sexologue, qui m’a initié au Taïtchi, à l’hypnose, au maniement du sabre et à mille autres choses, a bien ri quand je lui ai dit ça ! Vous l'avez tous remarqué, je ne suis pas sorti du stade anal... "Pipi, caca, culotte, fesses" ! Ça me rappelle que, quand j'avais 6 ans, dans le petit village de Sidi Slimane où nous vivions, les parents avaient quelques amis, des notables, pour la plupart, ou quelques gérants de propriétés peu fortunés, mais nantis d'une particule, maman en était folle... bref, notre village avait un contrôleur civil, et leur fils avait notre âge. Pendant que les parents papotaient, nous allions au garage jouer au docteur, et je revois clairement ce petit garçon, nu sur une table en bois, dont j'aspergeais le sexe de talc avec sérieux, mais aussi beaucoup d'excitation, quelle volupté
! J'ai tendance à penser que, jusqu'à la puberté, nous sommes tous bisexuels; pour ma part, de six à douze ans, il m'est arrivé plusieurs fois de me glisser dans le lit d'un copain de dortoir et de le caresser, j'ai même failli sodomiser un cousin, quand j'avais six ans ! "heureusement", la bonne est survenue à temps ! Je sais depuis peu, par expérience ! qu’une dame peut obtenir beaucoup de plaisir ainsi, mon jeune médecin a rougi jusqu’aux oreilles quand je lui ai raconté cette aventure et que j’ai ajouté : pourquoi pas nous, alors ? !
Il paraît que ça s’appelle un orgasme prostatique. Un vieux praticien m’a dit un jour : L’anus est le poumon de la vie. Oui, impossible de tenir la position accroupie bien longtemps, si cet organe n’est pas vigoureux. Ceux qui m’ont fait l’amitié de me suivre sur ce chemin (scabreux ?), l’ont vite compris. Mais surtout …cette posture met un autre sphincter « sous pression », celui de la vessie, siège du plaisir d’uriner…et sexuel ! Et le rend, lui aussi… VIGOUREUX ! Quant à l’eau froide projetée sur cette zone malade, oui, malade ! les terminaux sont les réceptacles de toutes les matières cancérigènes que nous absorbons, qui ignore encore les statistiques ? : à 50 ans, un homme sur deux a un cancer de cette région, à 60 ans : deux sur trois. … vous connaissez bien son effet tonique . Bref, c’est une fantastique rééducation sphinctérienne et certainement la meilleure façon de décongestionner cette zone . Allez ! sourire ! Vous ne trouvez pas que ce passage mérite un petit salaire ? Mais qui osera le publier ?…Enfin…
Pendant toutes ces années d'exil, la sexualité était secondaire, il fallait survivre, notre mode de vie était follement excitant en soi. J'ai eu trop d'émotions fortes, et ça a émoussé mon « désir génésique », je sais qu'il y a un lien, puisque j'ai déjà eu un orgasme à la suite d'un violent choc émotif, quand j'ai pris conscience que je venais de perdre mes trois filles
. 13/08 - Un an au moins que je travaille la position accroupie, et j'ai encore du chemin à faire. C'est reparti fort, ces derniers temps, dix heures par jour !
Ce matin, réveil 4 h30, tenue de combat et au boulot. Quelques minutes d'arrêt pour ma toilette, à 7 heures, et préparer une méga salade de mangues, et c'est reparti; je m'assieds une minute toutes les heures pour me dégourdir les jambes, il est 10 h 30, déjà 6 heures, j'ai mérité un peu de repos, me voilà allongé avec vous pour une heure, ensuite, ça recommence jusqu'à 14 heures, heure du marché. Qu'est-ce que je fais pendant toutes ces heures ? Je dévore des piles de Point, Express etc., ciseaux en main pour garder quelques passages qui m'intéressent en pensant aux enfants pour qui je vais en faire un dossier de culture générale.
Teva est revenu de Nouvelle-zélande, et son rapport m'inspire quelques réflexions : On devait mettre un uniforme pour aller à l'école, c'est nul ! Vous pensez vraiment que l'uniforme permet de mettre tous les enfants sur le même niveau ? J'imagine bien les groupes de grassouillets rougeauds en uniformes luxueux se moquant des groupes de timides et joues creusées par la faim aux uniformes rapiécés... "Vos vêtements dissimulent votre beauté, mais ne cachent pas vos défauts"... Nous étions dans une école de garçons, mais ils ne parlaient que de filles...dit il ... Auckland est bien resté dans le puritanisme anglais du dix neuvième siècle. Aux USA, à Hawaï, en Nouvelle-zélande, en Australie, les indigènes, Maori et indiens, ont été écrasés par les fusils et le nombre des envahisseurs. Pour eux, le problème d'indépendance est résolu ! Je n'en dirais pas plus sur mes avancées érotiques, mais croyez-moi, vous irez de découverte en découverte, et, passé les bornes, il n'y a pas de limites !
24/8 Souvenez-vous que le cancer que l'on vous annonce à 50 ans progresse en vous depuis une trentaine d'années, sans doute provoqué par une ou plusieurs erreurs de comportement graves (plus celles de vos ancêtres) et qu'il n'est jamais trop tard pour commencer à le combattre, mais que c'est vous, et vous seul, qui devez mener ce combat.
Dimanche - Trahison ! Je ne suis plus son maître, son idole... (elle est tombée amoureuse d'un certain Jésus, obéit aux consignes de son directeur de conscience, un certain Pasta, ça veut dire pasteur, je ne veux pas entendre rire ! Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle s'accroche, la tigresse ! Le résultat est plutôt chouette... si vous saviez ce que nous avons fait cette nuit ! J'en suis groggy.
Bon, pas question de se laisser aller, c'est l'heure du marché, 50 kilos de Taruas m'attendent avec deux régimes de bananes, car demain, c'est la rentrée !

Est-il fini, le temps où j'écrivais mon livre sur le visage de mes enfants? Parlons-en, de ces enfants... Kaya est admis dans la plus forte 5ème du collège,. Christian me dit toujours : son intelligence est effrayante ... Ce matin, pas classe, ils ont avalé leurs fruits et sont partis faire du surf, en stop, leur planche sous le bras ( le site est à 8 km, au musée où travaille Elise qui vient de prendre 15 jours pour la rentrée). Vers midi, ils meurent de faim, alors, ils cueillent un uru ou deux et le font cuire entier sur un grand feu. Avec quelques morceaux de noix de coco, c'est délicieux, et il y a toujours un arbre qui porte quelques fruits sauvages, goyaves, mangues, ou autres. Non, quand on voit ce qui se passe dans le monde, on se dit qu'ils ont bien de la chance.
Ah ! ces beaux enfants qui glissent à toute allure sur ces murs liquides, de temps en temps, à l’intérieur même de la vague sur le point de briser, le tube, disent ils, vous les croyez tombés ? ils réapparaissent, secs et radieux, sur leur planche, quelques mètres plus loin, s’envolant et plongeant juste avant le terrible récif où la lame vient se fracasser .
Récemment, l’un d’eux surfait sous la pluie, sous un ciel d’encre; un éclair l’a foudroyé en plein vol . Sa tombe est là, juste devant le spot de glisse, Teva lui rend parfois visite, certains jours, ce sont les dauphins, qui viennent lui donner une sérénade et quelques pirouettes, parmi les surfeurs habitués et complices . J’aime ce petit cimetière au bord de la mer .
son père a écrit :
Rayonnant de beauté,
libre, resplendissant,
Des vagues de Huahine
tu as pris ton élan
pour aller dans les cieux
Glisser sur les nuages.
La bas, l’éclair t’a pris
Au meilleur de ton âge.
Frères, sœurs, parents, amis,
Ne vous lamentez plus,
Il y a dans le ciel,
un archange de plus,
Qui veille sur vos pas,
Et nous a demandé
de ne pas être triste .

Je vous l'ai dit, je me suis assagi : réveil avant tout le monde, je saute dans mes bottes et fais une heure de yoga, puis, j'enfile mon slip mouillé et trempe ma tête dans mon seau, là, je presse un citron sur ma tête et je me coiffe avec un peigne à poux, puis, opération fruits du petit déjeuner. En général, à ce stade, je suis gonflé à bloc pour démarrer un grand ménage, on est père au foyer ou on ne l'est pas ! et, aujourd'hui, je vais vous offrir un autre de mes secrets, le lit, où nous passons la moitié de notre vie, doit être dur. Une épaisse planche de contre-plaqué recouverte d'un mince matelas de mousse (5 à 7 cm) et d'un drap de coton... ça va paraître évident à certains, mais trop de gens dorment sur de mauvais sommiers et de mauvais matelas. Allez, à plus !

Le mardi et le vendredi, Elise va à la prière de 7 heures à minuit. A longueur de jour, elle est dans la bible; je lui demande : tu n'as rien de plus intéressant à lire ? elle répond : je n'ai jamais rien lu d'aussi passionnant. Je suis dépassé. Il faudra en parler à Bernard Pivot. Votre travail, quel qu'il soit, doit être votre zen, votre muscu, votre méditation.
Au bureau, à la cuisine, dans la rue, il y a toujours une façon de se comporter qui épanouit, déstresse, muscle sans fatiguer. Quand j'épluche le tarua, je fais l'ours, genoux fléchis, abdomen gonflé... Vous attendez quelqu'un à l'aéroport ? Marchez "kendo", jambes un peu écartées et fléchies, avant-bras horizontaux, poing contre paume, pressez légèrement en expirant par le sternum, inspirez par l'abdomen (on se fout du regard des voisins), d'ailleurs, on a un regard "posé" (c'est-à-dire vague, sur l'horizon). Presser le coco est, bien sûr, un excellent exercice, si vous voyiez les cales que j'ai dans les mains ! Mais on pourrait dire la même chose de tous l
es métiers. ( marre ! du culte du gros muscle !) Sédentaires, si vous saviez la chance que vous avez ! Accroupi, on se porte bien, (son propre poids !) et ça va ... (à la selle !)
Certains grands patrons parisiens l'ont fort bien compris et vous reçoivent accroupi sur leur fauteuil, comme un chef Touareg, comme un Shaman amazonien, comme un sage hindou, comme Diogène dans son tonneau, comme le rédacteur en chef d’une célèbre revue de voyages... comme Louis 14, qui avait aménagé un trou sur son trône, pour pouvoir s'alléger en plein conseil des ministres !
Churchill et Gandhi avaient une devise en commun : NO SPORT !
2/9. Que nous sommes fragiles et vulnérables... Hier, vers seize heures, une force à laquelle je n'ai absolument pas pu résister a saisi ma main et l'a guidée vers le rayon des vins; la tension était devenue trop forte, sans doute... A 20 heures, la bouteille était vide ! Porté par mon élan, j'ai accompli la routine du dîner, apparemment indifférent à l'absence de Tepea, hospitalisé, il vient de se casser le bras en faisant du skate. Puis, je me suis mis au "travail", à ma source, longuement, complètement ivre.
« Tout savoir est vain sauf là où il y a travail, tout travail est vide sauf là où il y a amour; si vous ne pouvez travailler avec amour, il vaut mieux recevoir l'aumône, car, si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer »
7/9. Décidément, je n'y connais rien en ovulation ! Ou plutôt, je commence à m'y connaître...
Le mois dernier, nous avons amplement contourné la "zone rouge"... Mais la nature en a décidé autrement.
Mon récit de voyage à la voile en famille autour du monde s'est vendu dans tous les pays par centaines de milliers, je rencontre sans arrêt des gens qui me disent : "nous sommes partis sur la mer après avoir lu ton bouquin" (ils en sont revenus !)...
Je ne voudrais pas être responsable de milliers de grossesses non désirées, c'est pour cette raison que je vous rapporte cet événement.
Quant à mes émotions... on y reviendra plus tard, s'il vous plaît.
Quand Elise m'a annoncé qu'elle était enceinte, je lui ai, bien sûr, demandé : de qui ?... J'ai parlé du Saint-Esprit, très brun et frisé... Après l'avoir malmenée un moment, je l'ai prise dans mes bras, en silence, et j'ai pensé : ai-je vraiment envie de sortir de ma léthargie ?
Le lagon est blanc, un puissant vent du sud (glacé) lève de belles lames dans notre mouillage. Pendant que j'étais au marché, Najedou a failli couler, la mer entrait par une vieille vanne, des tonnes de linge sont trempés, aller à terre en dinghy est sportif, on arrive tout mouillé. Gardons le moral !
12/9. Petite précision, Vaï a été conçu 12 jours après le premier jour des règles (vous vous souvenez, "la sixième séance de gros soupirs")... Nous n'avons pas du tout contourné la zone rouge ! Je maintiens donc, il est dommage de démarrer sa vie de couple avec contraceptifs, c'est la période idéale pour apprendre à connaître ses cycles en travaillant "sans filet." Je connais de vieux amants qui ont planifié tous leurs enfants ainsi et ont vécu une longue vie sans aucune contraception ... ...et ce n’est pas monsieur Billings qui me contredira, n’est ce pas docteur ?
Je ne suis pas cet exemple ! Nous avons pris conscience de tout ça trop récemment. Au-delà de la technique, se trouve sans doute la mystique, puisque notre enfant est "né" le jour de la transfiguration... le six août ( il a déjà un mois !). Et si on disait que c'est la fin du premier tome ?
Elise et moi sommes sortis, et je lui ai murmuré : et si on disait qu'on s'aime...


CHAPITRE 8

16/9. L'originalité de ma méthode tient en ceci : vous éprouverez un plaisir intense à la pratiquer, au point d'avoir du mal à vous arrêter ( pour vaquer à vos activités) contrairement à ce qu’écrit Claire : « c’est long, 20 minutes, on s’ennuie. » S’ennuie t on quand on prie, quand on parle à un ami ? Bien sûr, pour atteindre ce niveau, j'ai travaillé la position accroupie pendant des heures, chaque jour, pendant douze mois... jusqu'à ne plus avoir mal au dos ou aux jambes, et je sais que je peux encore avancer. Boules dans les oreilles, poings sur les tempes, tête dans les genoux, exactement comme un fœtus, légèrement tenu dans le dos et sur les côtés, filet d'eau froide sur le pubis, au bout d'une heure, vous planez ! Quand vous aurez la sensation de pisser de l'acide, comme un torrent de montagne sur vos muqueuses remises à neuf, vous aurez gagné ! C'est un véritable acte chirurgical qui se propage dans tout le corps et jusqu'au cerveau. Bon courage !
17/9. Je jette un coup d'œil sur mes notes, et réalise que ma méthode n'est au point que depuis quelques jours ! C'est stupéfiant., bottes en caoutchouc, pompe...), la notion de temps est très relative, j'ai l'impression d'être dans ce purgatoire depuis des années, ma vie redémarre, serait ce une nouvelle vague de chance ?
Bon rythme de travail, couché à 21 heures, je me réveille à 23 heures, pour une heure de "travail", ainsi, je dors profondément de minuit à quatre heures... Résultat, je me surprends à faire de grandes lessives, au ponton, à la main, dans le dinghy que je remplis à moitié.
Vous l'avez compris, ma thérapie s'adresse à des cas graves (OK, I know I am a hard case!). Il faudra que ce soit reconnu et remboursé, et que l'on puisse en faire un séjour en maison spécialisée d'au moins un mois. C'est une forme de thalassothérapie. Je viens d'y ajouter une grande découverte : si vous voulez redécouvrir ce que c'est qu'un sommeil de plomb, dormez par tranches de trois heures seulement, entrecoupées par une heure d'hydro. Carrément la trappe !

27/9. Falaise, gouffre, précipice ? Je m'accroche, de toutes mes forces, mais je perds du terrain, irrésistiblement, je décroche, moi "l'être supérieur", je me suis fait un "fixe", comme tout le monde, pour pouvoir accomplir mon travail quotidien, je suis rentré dans le premier bar, et j'ai commandé un café dans lequel j'ai mis trois sucres; l'organisme a bonne mémoire. A partir de là, tout s'est remis en marche, mon dîner a été très réussi, mais, comme par hasard, personne n'y a touché !... Un peu comme si je n'avais plus ma troupe en main. Heureusement qu'il y a le matin pour me rappeler que mon plus grand trésor, ce sont les habitudes que j'ai prises pendant ces douze derniers mois. Fini, la grosse déprime de l'après-midi, le rituel des premières heures est magique.
2/10. Les autorités s'acharnent de nouveau sur nous, ils vont nous expulser du mouillage. Eux, ont le droit de déverser leurs égouts dans le lagon, ça coûterait trop cher d'installer des canalisations qui envoient tout ça en haute mer... mais, une quinzaine de voiliers qui consomment dix fois moins que les terriens moyens...
NON !
C’est des collines déboisées pour construire que vient la mort de mon lagon .
Ça me tombe dessus alors que je suis cloué au lit depuis trois jours, grelottant de fièvre sous mes couvertures;
Utilisez tous les vents, surtout ceux qui vous sont contraires ; pour ma part, j'espère sortir rapidement de cette maladie qui me cloue au lit, propre comme un sou neuf ; j'ai résisté à toutes les tentations médicamenteuses, anti-fièvre, antidouleur, anti-toux, antitout ! J'ai pratiquement cessé de m'alimenter,(un fruit de temps en temps) . Quelle merveilleuse invention de la nature que la grippe ! Laissez-la agir, elle vous nettoie en trois jours. A chaque fois que vous faites « tomber la fièvre », vous manquez une occasion de guérir votre cancer, l’hyperthermie tue les cellules malignes .
Les allopathes pensent que les homéopathes sont de doux rêveurs, Je pense que cette thérapie a quelques siècles d'avance. Sur la science, recherche sur l'infini(ment) petit, aspect cosmique de l'être humain, holistisme. Sur la morale, la population de la planète croit à une allure vertigineuse, les ressources pas, cette thérapie est gratuite et efficace... "croissez et multipliez-vous"... Plus évident, quand on décide de se soigner de cette façon, on se contraint à des mini jeûnes quotidiens : prendre ses remèdes loin des repas, et peut-être diminuer sa consommation d'alcool, tabac, café ? La simplicité est parfois géniale ! A faire méditer aux médecins qui font des ordonnances de trois pages . Quand je prends un remède homéopathique, j'ai l'impression de faire un voyage dans le cosmos, la planète que j'ai visitée est-elle minuscule, inutile ?
Bref, c'est du Theillard de Chardin.
La saison des cross commence, mes trois garçons reviennent portés en triomphe, ils sont la fierté du collège; Teva, 1er, Tepea, 1er (pieds nus et avec son plâtre !), Kaya, 2ème (chacun dans sa catégorie ). Je n'aurai pas fait tout ce travail pour rien. Ils auront du mal à avoir notre peau ! Allez, que la pluie et le vent cessent, pour que nous mettions les couchages au soleil, et c'est reparti pour un an... Si Dieu le veut !
3/10. Ben non ! c'est confirmé, nous devons avoir quitté le mouillage avant trois mois ! Je pensais que c'était fini, tout ça, que j'étais enfin arrivé dans mon pays, non, c’est moi qui vais devoir partir …
Notre expulsion du Vanuatu a été catastrophique pour nous tous, pour la scolarité des enfants, leur santé... Nous avons mis des années à nous en remettre, et c'est reparti ! comme en 14.
Pendant ce temps, on pulvérise du DTT par camions citernes entiers dans les quartiers pauvres, parce qu'il y a eu deux cas de dengue signalés. Des milliers de personnes vont se retrouver d'ici peu dans les hôpitaux, sans savoir pourquoi. Et, où terminent ces tonnes d'insecticides totalement inefficaces (tous les scientifiques honnêtes le savent) dans le lagon, bien sûr ! (on ne va tout de même pas fermer nos usines ! ) On incite bien (vivement !) toute la population à se vacciner contre la grippe pour sauver les quelques personnes âgées qu’elle tue chaque année .... Le drame est que, si vous les traitez de cinglés, ils vous jettent en prison !
Merci aux centaines de courageux médecins qui militent dans l’association pour la liberté des vaccinations, cause de l’effrayante progression de l’autisme et de la catastrophique diminution de nos résistances naturelles, disent-ils.
Les quantités impressionnantes de cocaïne absorbés par les G I, les bombes et les défoliants, n’ont pas eu raison du Vietnam . Par ailleurs, la tuberculose et variole sont plus vivaces que jamais sur la planète, et surtout remplacées par des maux imparables… Le fond du problème est là, jusqu’où est il permis de risquer sa vie et celle des siens pour que les survivants propagent une espèce forte ? un médecin ne prendra pas ce risque pour vous … Facile ? d’être courageux, quand on sait que les « chirurgiens chimistes » … …sont là dans les coups durs …
Bon, je vais aller poster ces pages à ma Laurence, qui me cause bien du soucis, et essayer de faire un marché (le premier depuis samedi !) car il n'y a plus rien à bord, les enfants sont partis sans manger, du jamais vu

. 10/10/96 Cette nuit, j'ai fait un rêve atroce, j'étais sur Anaconda, dans une tempête effroyable, un ciel noir en plein jour, des lames gigantesques s'écroulaient partout dans un tonnerre d'enfer; soudain, l'une d'elles nous a enlevés dans un surf vertigineux qui n'en finissait pas de descendre, descendre de plus en plus vite, de plus en plus profond... n'en pouvant plus, Anaconda a fini par plonger, englouti dans l'abîme.
Accroché aux chandeliers, désespérément, j'ai aperçu Elise pénétrer par l'écoutille arrière avec Moana dans les bras et je me suis réveillé en nage.
Souvent terrifiants, mes rêves, quelquefois, je surfe au sommet d’une vague gigantesque, 100 mètres ? 200 mètres ?
Tout en bas, les requins nagent… Au moment où elle va se briser sur le récif, je bondis sur le toit d’un gratte ciel voisin. D’autre nuits, je suis en haut d’un arbre immense, sans feuilles, au moins 400 mètres, j’ai un vertige épouvantable en regardant vers le bas, la branche sur laquelle je m’agrippe est vermoulue .
Que vois je en bas ? Quelques paisibles maisonnettes dans la verdure, des enfants qui jouent …

11/10. Vous pouvez écrire un livre entier sur le camembert, le traduire dans toutes les langues, les lecteurs n'en sauront rien, tant qu'ils ne l'auront pas goûté. Il en va de même du taïoro, aliment traditionnel fermenté tahitien, absolument incontournable si vous voulez pénétrer la magie polynésienne.
Allez, nous voilà repartis pour une petite promenade au marché, il y avait longtemps ! Quatre femmes, quatre sœurs, quatre beautés, ont le monopole du taïoro. Elles me disent qu'elles occupent leur stand depuis cinquante ans, moi, je vous affirme que ça fait deux mille ans ! Quand je vois la ressemblance avec leurs filles et petites filles, car, de six heures du matin à six heures du soir, c'est une vraie tribu qui occupe ce petit coin, près de l'entrée est, avec un sourire serein, éternel, un calme de bouddha, un regard tellement doux qu'il me donne des forces pour 24 heures. "
Mamie" a soixante-dix ans, et je lui dis chaque jour : vous êtes la plus belle, je vous aime, et elle sait que je suis sincère, que ce n'est pas pour mériter les deux ou trois paquets qu'elle glisse en cadeau, en plus de ce que j'ai acheté.
Je ne décrirai donc pas le taïoro, ni le fafaru, ni le miti hue, ni la popoï, ni le mito, qui sont pourtant sur la table de tous, chaque jour, toute la vie, ce qu'ignore totalement la petite communauté européenne qui vit en marge, mais je puis vous dire que cette communion m'a métamorphosé, que mes rapports avec ma mamie sont d'une infinie pureté qui irradie toute ma famille et fait que nos enfants sont si beaux.
Comment asservir un peuple qui a tant d’aliments traditionnels fermentés ?
Comment asservir un peuple qui a tant de fromages ? disait Churchill de la France ...
Quels pays autres que la France et Tahiti auraient pu faire un plus beau mariage ?

24/10. La façon dont tu regardes la vie ne m’intéresse plus, me dit Elise; Moi qui suis fermé à l'amitié depuis toujours, qui ne vois chez les gens que ce que je peux en obtenir, j'envie la façon dont mes petits lions vivent leur jeunesse. Le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un enfant, c'est de lui permettre de développer son sens de la camaraderie. Ils sont en vacances, je les laisse s'évader trois jours avec «la bande», des garçons et des filles de leur âge, ils se débrouillent, vivent de leur cueillette et de leur pêche, dorment chez l'un ou chez l'autre, sous l'œil lointain mais protecteur de quelque adulte. Dorment ?.. Façon de parler, ils rentrent radieux, excités, et disent : c'était net, on dort jamais ! on chante toute la nuit ! J'ai faim ! ! ! Quand on a été abandonné, on passe sa vie à essayer de combler un vide.

26/10. Vous êtes nombreux à être épuisés par des années de vie stressée, vous aussi, avez envie de vous en sortir, alors, voici mes recettes. Tout d'abord, achetez-vous un îlot désert à Tahiti; si vous n'en avez pas les moyens, comme nous (je suis totalement ruiné), construisez-vous une plate-forme avec quelques fûts, couvrez de quelques tôles, et installez-vous sur le plus beau lagon de l'île, ou, comme nous, squattez un voilier abandonné, ça ne manque pas, les marinas sont des orphelinats.
Deuxième chose, construisez-vous un château fort sur cet îlot, vous avez besoin de calme et de repos. Si, comme nous, vous n'en avez pas les moyens, courrez acheter une boîte de boules quiès ! Ça vaut des murs épais. Si l’on veut vous chasser, (un bourgeois tahitien est aussi nul qu'un bourgeois français), s'ils vous disent qu'ils ne veulent que des touristes très riches, et le moins possible, pour ne pas salir leur joli jardin, battez-vous jusqu'à la mort ! Tout le monde a bien compris, maintenant, que le méchant blanc a exploité le gentil noir, mais ce discours commence à m’irriter, le polynésien n'a pas le monopole du cœur, de la générosité, de l'hospitalité, du courage.
J'ai l'impression de vous avoir dit tout ce que j'avais à vous dire, mais, si vous voulez, nous allons bavarder encore quelques pages. La grosse tempête est passée, je pense; notre expulsion est remise... mais j'ai bu beaucoup de cafés pour tenir et je n'arrive pas à arrêter. Chaque jour, je suis aspiré par mon bar, vers quatorze heures, ensuite, le stress passé, je fais mon marché, sereinement, et il en faut, de la force, pour entrer dans cette arène, à longueur de mois, car la tension y est énorme, ces hommes et ces femmes restent debout douze heures par jour, on devine leur grande fatigue derrière leurs sourires, ils sont dignes et méritent le respect, pas question de les vexer par un mot ambigu ou un regard douteux, leur susceptibilité est à fleur de peau; surtout, ne les sous-estimez pas, et, ne vous vexez pas si un jour on vous dit :"Dont forget you are a guest", c'est humain. Le moindre faux pas est fatal, dans cette cage aux lions; j'entre religieusement, et progresse avec gravité, concentration, comme eux, je travaille, même si j'y trouve du plaisir, par exemple à échanger chaque jour quelques phrases, souvent coquines, avec Anita, qui me vend des bananes.
Anita a trente trois ans, deux enfants, un mari... elle est une sirène d'Andersen polynésienne, son regard est un piège redoutable, elle est épanouie, comblée, et insatiable à la fois; ce qu'elle m'a confié hier m'a rendu modeste...
Je vous ai fait croire que j'étais devenu un champion du sexe... elle me dit : je fais l'amour tous les jours, j'en ai besoin… je la crois, ça se voit. Mes fréquences sont plus espacées ! D’accord, j'ai vingt ans de plus qu'elle... (Rassurez vous, le chimpanzé ne s’accouple qu’une fois par an !)
Un peu plus loin, je parle avec Noella, raide sur sa chaise, le visage fier malgré la fatigue, je sais qu'elle est debout depuis deux heures du matin, comme chaque jour depuis vingt ans (elle en a quarante); elle est la dernière représentante de quelques spécialités traditionnelles comme le mapé au lait de coco cuit au himaa. Son mari est mort, son tane a son boulot, elle doit donc tout faire seule, puis rouler 50 kilomètres, de Papara à la ville, pour venir vendre. Tout ça pour payer les études de sa fille unique qui fait une licence de droit à Nouméa ! Elle m'a confié : il y a longtemps que le café ne me fait plus d'effet.
Et je voudrais vous apprendre à faire le fafaru, voici ce que j’ai appris en enquêtant :
il rend la vie à un poisson de fraîcheur douteuse,
il rend la vie à un homme épuisé .
Bref, c'est de la dynamite, je maîtrise cet art depuis peu, et je parviens à en faire manger à tout le monde, ce qui est un exploit, n'est ce pas Thierry ?
Coupez du thon en tranches de 1 à 2 centimètres de coté (sacrées bouchées!) et faites-les tremper dans un grand saladier d'eau de mer, mais oui, celle du mouillage !(vous êtes une énigme pour moi, me dit mon médecin !) Jetez cette eau au bout d'une demie heure, (Meteta l’y laisse cinq heures), recommencez, mais ajoutez y un verre de miti fafaru, je vous dirai comment on le prépare une autre fois, en attendant, achetez-le. Au bout d'une heure de ce second bain, récupérez le miti et couvrez le poisson de taïoro ou de miti hue. Mangez ! Là, vous êtes baptisé, initié, vous avez votre ceinture noire de polynésien, vous méritez le respect de tous. Entre nous, on vit très bien sans frigo, les restes sont très bons le lendemain matin.
Mais surtout, je veux vous dire que j'avance, je viens d'en avoir la preuve formelle : Il y a deux jours, chez Hilaire, où je savourais mon café quotidien (ou l'avalais-je ?) j'ai revu un copain, Christian, un garçon pour qui j'ai de l'amitié, je lui trouve de la fraîcheur, une limpidité rare chez les hommes de trente cinq ans, il est ingénieur, et nous nous sommes connu sur Anaconda où il a été mon "élève" enthousiaste. Il est donc en train de choisir un gâteau lorsque nos regards se croisent, il me sourit, m'observe, me demande par gestes s'il peut s'asseoir près de moi, et arrive, une phrase sur les lèvres...
Je cherchais mes mots pour te dire l'impression que j'ai eue en te revoyant, et je n'en ai trouvé qu'un : tu es beau ! ... Difficile à dire ? difficile à écrire ? et pourtant, tellement spontané. N'est-ce pas ce que je dis moi-même à ma "mamie taïoro" chaque jour ? Voilà, vous en voulez une autre ? "d'amour et d'eau fraîche"

11/11 «Ne vous lavez plus, j’arrive...!» Ecrivait Bonaparte à Joséphine... Les dames aiment beaucoup qu'on les réveille le matin en leur faisant plein de bisous, partout partout, mais surtout sur le bouton rose qu'elles ont entre les cuisses. Si vous le leur léchez délicatement, il deviendra dur comme un petit pénis rouge et palpitant et vous serez surpris par le concert de gémissements que vous aurez déclenché; continuez, et vous provoquerez un tremblement de terre, puis un loooong soupir apaisé...
Voilà pour ce petit cours d'éducation sexuelle, j'insiste un peu, car je reste persuadé que la majorité d’entre nous passe à coté du septième ciel .
Depuis la nuit des temps, le cabinet des polynésiens est une cabane au-dessus du lagon, à partir de quand est ce devenu une pollution ? Qu’est ce, au juste, la pollution ? S'agglutiner dans une cité ? Faire des enfants? Respirer, manger, VIVRE ? !
Une autre thérapie extraordinaire est la danse. Je vous l'ai déjà dit, dès que j'entends du zouk, je me mets à danser, où que je me trouve... J'ai donc pensé ouvrir une boîte 24 h /24 sans sièges, sans boissons, avec prix d'entrée très bas, où l'on va zouker un moment, un vrai Mac Do de la danse ! ! !
Je continue de vous faire part de mes inspirations. Tout d'abord, sur l'hydrothérapie, qui est en fait une hypothermie, oui, je sais, on soigne le cancer de la prostate par l'hyperthermie rectale (douc’man, Raugé, tu m' fé maal !)
Mon eau coule à 27 degrés, au bout d'une heure, la température du sang (le sexe, accroupi, est très vascularisé) a baissé de plusieurs degrés, or, les milliards de cellules qui composent notre organisme se multiplient et meurent en permanence, au point qu'au bout d'un certain temps, il n'en reste plus une originale... mais, abaissez la température du sang de quelques degrés, et les cellules cancéreuses cessent de se multiplier. A partir de ce constat, votre combat contre le cancer va être pied à pied, aussi longtemps qu'il sera nécessaire.
Vous avez tous remarqué que...deux degrés de plus de température nous bouleverse, on n'est pas vraiment bien, quand on a 38°, n'est-ce pas ? Alors, imaginez 10 degrés de moins, quand votre système sanguin, rafraîchit au niveau de votre "échangeur de température", le sexe, est à 20 degrés pendant une heure...
Pour la même raison, dormez toutes fenêtres ouvertes, bien couverts, votre sang sera rafraîchi en permanence par les poumons ...et vous guérirez en dormant !!
En milieu acide, les cellules cancéreuses cessent de se multiplier; voici donc la seconde thérapie, qui se marie très bien avec la première, acidifiez salive, sang, selles et urines, en mangeant peu et cru, et... merveille des recettes polynésiennes, du taïoro, du miti hue et de la popoï, trois fermentations lactiques végétales préparées à partir du coco râpé et du uru (même principe que le yaourt et le pain).
Hypothermie, hyperthermie, mais, ça me rappelle vaguement quelque chose, ce truc. Ah ! mais oui, c'est les grandes vacances, ça ! Ces longues baignades, d'où l'on revient bleu de froid, suivi de ces heures de réchauffage, embrassé dans le sable brûlant, sous la délicieuse caresse du soleil, c'est donc ça, LA thérapie : les grandes vacances ! En fait, le secret est là, installez votre douchette sur un socle et projetez sur votre pubis, tantôt du froid, tantôt du chaud . Accroupis, bien sur;
Malaxez de la terre en plantant une rose, c'est "l'argile qui guérit", regardez un coucher de soleil, c'est la chromo thérapie ! Dansez le zouk et faites l'amour, c'est votre muscu... chimiothérapie : rien ne vaut les fruits, rayons : les meilleurs sont ceux du soleil, etc, etc...
Oui, je sais, Laurence, je me répète !
2/1/97 - Quel étrange rêve je viens de faire... J'étais avec mon ami Bresson et il me demande : Comment dirais-tu je t'aime à une femme ?
Je réponds : Tu es aimée de moi.
Lui : Non, il faut dire : Ne me laisse pas vivre!

4/1/97 - Pourquoi ai-je été choisi pour faire ce voyage ?
"Puissiez-vous trouver l'âme qui chemine sur votre sentier (l'âme chemine sur tous les sentiers), et le sage qui vous conduit au seuil de votre esprit."
Accroupi en boule à ma source, dans un bien-être parfait, je viens de faire un retour de 45 ans en arrière, je viens de retrouver le bonheur, le plaisir, de faire pipi au lit en dormant. J'étais en pension, j'avais 10 ans ! Quelle douce chaleur s'écoulant dans ma couche, quelle sensation quasi sexuelle que cet écoulement sur mes muqueuses de sphincters toutes neuves !
Pendant ce temps, notre enfant grandit, c'est un garçon, de 6 mois déjà, je l’ai appelé Vaïmiti, prénom masculin et féminin, comme beaucoup de prénoms polynésiens, qui signifie "larme d'océan". Il est vigoureux, si l'on en juge par les vives bourrades qu'il donne aux parois de son gîte.
Et... les six autres ont la rougeole, en même temps ! Très gai sur un voilier. Teva en est sorti le premier, et déjà, il s'éclate sur ses vagues monstrueuses, nous sommes en pleines vacances de Noël, et il y a un cyclone dans les parages, qui nous envoie une grosse houle.
"Le journal d'un moine Polynésien" ou "Guéri par le yoga" (ça va plaire à notre oncle "japonais").
Et, en France, une terrible vague de froid, comme on n'en a pas vu depuis le quaternaire, s'abat sur le pays, les centrales sont figées, en une nuit, des millions de gens sont morts, congelés, car les villes sont "tout électrique", l'horreur absolue.
Un café, une bière, et je nage dans le bonheur ! Dans mon utérus, ou devant ma feuille blanche, tant pis si le réveil est dur, je paierai.

Bon, Anaconda est mort, un an, deux ans ? C'était hier, avec les enfants, à Tetiaroa, je sautais à l'eau, passais le récif à la nage, et nous faisions le tour de l'île en courant, sans nous arrêter, nus, pieds nus, comme des cabris sauvages, six kilomètres dans le vent d'alizé, précédés par les mouettes que nous dérangions, parfois dans quelques centimètres d'eau, affolant un jeune requin en chasse...
Le mois dernier, grand cross de la ville, tous les amateurs et pros sont là, bien sûr, mes trois lévriers se sont inscrits, et... mais qu'est-ce qui m'arrive ? Je décide d'aller galoper avec mes garçons, comme dans le bon vieux temps ! J'enfile donc mes bonnes chaussures de cross, mon beau short blanc, et me voilà courant au côté de Teva, il est concentré et ne lâche pas d'une semelle Yoane, le seul concurrent capable de le battre (en dehors du stade, ils sont les meilleurs copains du monde !). J'ai tenu 1 000 mètres, et me suis écroulé, foudroyé par une tendinite. Lui a continué à un rythme d'enfer pendant encore 5 kilomètres...Comme prévu, il est arrivé second, et moi, j'ai compris que j'ai vieilli.
Un an que je travaille la position accroupie, oreilles et yeux fermés, je suis une boule parfaite, et, pendant 8 heures par jour, je voyage dans le cosmos.
Vous souriez ? Moi, j'ai trouvé un chemin, et je sais que je ne manquerai jamais de boulot, est-ce çà, la folie douce ? Bien sûr, notre situation est tendue, suicidaire, mais voyez-vous, je crois aux miracles. (Je suis réaliste!)

6/1. Je vous parle souvent du fafaru, mais, finalement, je ne vous en ai pas dit grand chose, pour la bonne raison que je n'en sais pas grand chose, je n'ai jamais trouvé une étude scientifique occidentale sur cette préparation. Les polynésiens sont discrets (mais très conscients de la richesse de leur héritage culturel), aussi, ils n'en parlent jamais, ne l'imposent jamais à un étranger. L'étranger, lui, s'il a eu l'occasion de s'en approcher une fois, aura eu les cheveux dressés sur la tête, et ne recommencera jamais.
Vous pouvez voyager 30 ans et goûter à toutes les spécialités des pays que vous traversez, une seule au monde vous fera partir en hurlant, le fafaru, le fin du fin de la gastronomie polynésienne, le munster, à côté, est un plat pour nos nourrissons.
Vous n'êtes toujours pas très avancé par ma description, bah ! j'y reviendrai... et puis tiens, je vais vous la donner, la recette du fafaru, mais, je vous avertis, on a dû oublier de me confier les mots magiques qu'il faut prononcer en la préparant, car, quand j'ai essayé d'en faire, je n'ai pas eu le courage de le manger, la première fois, il faut être initié par un grand prêtre.
Alors voilà : prenez un petit poisson frais, écaillez-le, videz-le et coupez-le en morceaux de 1 cm2. Mettez ces morceaux dans une bouteille que vous aurez remplie d'eau de mer, et laissez reposer dans un lieu ventilé pendant une semaine. Puis, filtrez, vous avez le liquide qui va servir à faire du fafaru. Il se conserve longtemps, (évitez de sentir, quoique la vendeuse hume le bouchon pour connaître la qualité de son miti, mot tahitien pour liquide). Le jour où vous décidez de préparer ce plat, découpez quelques tranches de poisson, thon, espadon, etc., et immergez les dans le miti. Mangez au bout d'une heure, deux, trois quatre, suivant les goûts, il devient de plus en plus vert ! Les connaisseurs attendent les vers...
Alors, Robert San, toi qui auras été presque aussi oriental que ton neveu, parle-moi d'un plat asiatique qui approche cela.
Quand Oncle Robert m'a dédicacé son "Orient Extrême", il a écrit : "A mon neveu Christian qui aura été presque aussi extrême et oriental que son oncle"... Qu'est-ce qu'on peut être nombriliste parfois !
Mais saviez-vous que les polynésiens sont issus d'une tribu mongole de nomades marins qui ont colonisé tout le Pacifique sud il y a 1 000 ans, les Lapita, en laissant sur leur passage les poteries qu'ils confectionnaient pour cuire leurs aliments ?
Et ..... qu’ils priaient accroupis, ma position de yoga ! de méditation, de dialogue avec les étoiles... purificatrice dans les deux sens du terme, lien entre le fécal et le spirituel, s'alléger pour s'élever ...
Yoga ne veut il pas dire : qui relie au divin ?

16/1. Une semaine sans aller à terre ! Elise fait les courses, résultat, elle dit que nous vivons au-dessus de nos moyens. Une semaine sans café et sans bière, ça ne fait pas de mal... Mais mon courrier me manque, d'autant que je suis dans un énorme creux de vague, avec furieuse envie d'aller "chercher un paquet de cigarettes" (aller simple!) pour partir faire des sandales et des sarouals dans une échoppe Ibizenca... Tout ça est parfois très lourd à porter. Pourtant, ma verge trempe toujours dans l'eau ( et les untels, ils trempent ?). Joli mot, non ? On avait déjà parlé d'organe, de membre, à Nouméa, on est plus poète, on dit "l'engin"! ! et ici... "montre-moi ta caravane". Donc, elle trempe, plus par travail qu'autre chose, car le Mana m'a quitté, trop de coups durs, ces derniers temps, essuyés aux drogues douces, l'un d'eux étant que notre cher dinghy vient de rendre l'âme. Alors, je me demande, comme toujours dans les creux de vague, si ma découverte est fabuleuse (ces fabulistes qui nous transportent dans les nébuleuses) ou stupéfiante (une autre façon de voyager dans l'univers..)
"Aujourd'hui n'est que le souvenir d'hier,
et demain le rêve d'aujourd'hui."
(Ca plairait à Einstein ...)

J'ai encore plein de choses à vous dire, mais il manque le souffle, l’inspiration, et je ne veux pas "forcer mon talent" à coup de cafés, alors, je travaille, accroupi, à me purifier, jusqu'à l'épuisement, jour et nuit, jusqu'à ce que les voyants s'allument, jusqu'à frôler l'extase. En particulier, j'ai envie de vous parler depuis quelques semaines, de la contraception dans le pacifique, peut être vais-je y arriver aujourd'hui, allez ! un petit effort... C'est Anita qui m'a littéralement assis, il y a quelques jours, quand je lui ai demandé quelle méthode elle utilisait, oui, Anita, la Lorelei polynésienne qui fait l'amour tous les jours, qui a deux enfants, et qui est très fertile, croyez-la.
Elle me dit : Je ne supporte pas la pilule, c'est trop contraignant, au moindre oubli, on a ses règles le lendemain; quant au stérilet, il m'a valu 10 jours d'hôpital avec une hémorragie.
- Alors ?
Alors, je fait comme ma mère, mes sœurs, et toutes mes copines... après l'amour, je me lave consciencieusement … Il est vrai que se nettoyer correctement le vagin ou le rectum est une technique qui n’est pas à la portée de tout le monde ; Accroupi dans l’eau, par devant, avec le majeur et l’annulaire de la main gauche.
Souvenez vous de la belle démonstration d’hospitalité Océanienne de ma « jeune mélanésienne »… Un occidental met des années à réapprendre ces valeurs qu’un « bon sauvage » oublie en quelques semaines au contact de la civilisation .
En Europe, où la natalité est en chute libre, tout le monde va hurler, beaucoup vont dire : on a essayé, c'est ainsi que j'ai eu mon premier... oui, bien sûr, avec ces ridicules poires vaginales. Moi, je dis à mes enfants, dans vos premières années de mariage, prenez un tout petit risque, travaillez sans filet . Et puis, vous avez un gros avantage sur Anita et ses copines, vous savez calculer la date de votre ovulation et la contourner un peu.. Pardonnez moi de vous choquer, encore une fois, mais il me semble qu’il n’y a pas de problème mondial d’explosion démographique; la tendance va même dans l’autre sens, au fur et à mesure que le tiers monde accède à l’industrialisation, le nombre de femmes capable d’avoir des enfants décroît .
Quelle tristesse de découvrir tout ça à 53 ans, quand on a déjà 10 enfants et que l'on commence à s'épanouir sexuellement ! Car moi, je n'ai plus droit à l'erreur. Vivement la ménopause.
Bon, revenons au 20 ème siècle, Il est bon d'avoir quelques règles de vie, même si elles évoluent au fil du temps, par exemple, décider qu'un jour par mois (devinez lequel !) est réservé à nager, prendre du soleil, aller au restaurant, danser et, pourquoi pas, se faire des câlins géants.
Donc, mes enfants, lisez attentivement ce qui suit ... Inscrivez bien en évidence, près de votre lit nuptial, les grands jours de votre cycle :
Quatre jours de règles, quatre jours de folies, cinq jours d’abstinence, deux jours d’ovulation, cinq jours d’abstinence, huit jours de folies, Et c’est reparti !
Bravo captain !... Une petite phrase qu'il faudrait entendre dans tous les foyers, chaque mois .
Juliette me dit : quand je prends la pilule, ma libido s'éteint. et je suis persuadée qu'elle est la cause de la majorité des cas de stérilité .
--- Alors ?
--- Alors je fais comme vous, mais on s'est donné de belles frayeurs ! Elle est médecin ...
Si vous pensez avoir dépassé la date limite, ne paniquez pas, il y a une pilule pour ce cas précis, allez la demander à votre médecin, mais, le mois suivant, contrôlez vous un peu plus, OK ?
Tout ça m'amène à parler de l'adoption; les européens pensent que le tiers-monde est un réservoir d'enfants adoptables, "ces gens sont inconscients, ils font plein d'enfants dont ils ne peuvent s'occuper" ! Je constate que la majorité des couples sont très responsables, qu'ils ont de belles familles, et surtout, que dans presque toutes les familles polynésiennes, il y a un ou deux enfants adoptés, comme ça, sans papiers, mais pas du tout comme un animal domestique qui tient chaud au cœur l'hiver et qu'on abandonne au bord de la route quand on part en vacances. (adoption par tirage au sort !)
En fait, ce sont les enfants, quand ça ne va pas très bien à la maison, qui se choisissent une famille.
Justement, Anita me dit : je ne veux plus porter d'enfant, mais j'en adopterais bien un.
Un oncle d'Elise nous a sérieusement demandé Moana, avant sa naissance, notre refus l'a beaucoup vexé.
On va dire, c'est bien du Christian, tout ça, il rêve de mettre des wc turcs dans tous les foyers et voit déjà les citadins accroupis huit heures par jour ! ! Je réponds : pour les cabinets, il est facile de construire une petite estrade au dessus des wc classiques. Pour les horaires, chacun fait ce qu'il peut, pas obligé d'être aussi extrême que moi. Qui ne ferait pas tout pour éviter rayons, chimio et chirurgie ?
Vous avez décidé d'essayer ma méthode ? Welcome to the club ! Première chose à faire, installer votre "salle de bain" dans le salon ! Comme nous.
Eh ! oui, vous n'allez tout de même pas vous arrêter de vivre, quand même. Il faut pouvoir continuer de dialoguer avec femme et enfants, signer les mots d'excuses, aider aux devoirs, veiller à ce que vêtements et couchages soient pliés, la vaisselle faite, que l'on se soit lavé avant de s'habiller, régler les différents, chanter ensemble... vivre, quoi !
Et, quand tout le monde est parti, se mettre au travail, à sa machine à écrire, posée sur une table basse, car on peut très bien taper accroupi.
C'est fou, ce qu'on peut faire accroupi, les africains et les asiatiques sont tous accroupis dans leurs échoppes.
Bien sûr, cela suppose que vous n'ayez pas honte d'être nu en famille et devant vos amis. Vous souriez ? Trop contraignant ? Dommage, il faut pourtant savoir tout remettre en question, dans la vie.
Il va falloir songer à abandonner vos petites chaussures vernies, votre costume trois pièces, votre ceinture (qui rentre dans le ventre !) la belle cravate qui vous étouffe et à laquelle on finira par vous pendre, l'éternelle panoplie sans laquelle il est impossible de réussir dans les affaires.
Autre origine des troubles génito-urinaires (qui entraînent tous les autres, car cela commence à être admis, quand un organe va mal, le reste suit) se retenir d’uriner, mais surtout : mal faire l'amour et, une façon de savoir ce que c'est que de le bien faire est de demander à une femme épanouie, (de préférence la vôtre !), de vous faire ça . Je crois, en fait, que de toutes les thérapies, c'est la plus grande, si vous faites partie de ceux qui l’ont connue, vous avez beaucoup de chance, des millions de gens passent à côté, croyez-moi, ne l'avoir vécu qu'une seule fois dans sa vie, même à cinquante ans, est déjà un miracle.
Ah ! Julien, je te serai éternellement reconnaissant !
Entre autres, je ne vous en ai jamais parlé, adios, les hémorroïdes ! et puis, allez, soyez sincères, il n'était pas bon, le temps où il suffisait de penser à votre ami (e) pour avoir une dilatation pénienne ou clitoridienne ? Ça, c'est la santé !
Je vous l'avais dit, je crois au miracle; bref Vaïmiti a dû se régaler, cette nuit, lui aussi... Il a été submergé par une onde de bonheur... un feu d'artifice ! Oh...oui ! Vaïmiti a dû bien rire, cette nuit, comme ce nouveau-né, au moment où il est sorti du ventre de sa mère... en tendant dans sa toute petite main encore mouillée... la pilule qu'il avait dérobée ! Tout le monde sait depuis, que la meilleure façon d'utiliser la pilule... c'est de la tenir bien serrée entre ses genoux, madame ! Comme la nuit était très calme, il a dû m'entendre demander à Elise, un "bain de siège", c'est bien ce qu'on dit quand les animaux se lèchent le sexe, non ? c'est écrit dans les livres, en tous cas... Puis, un petit "entraînement"... comme la veille... et l'avant-veille ! (attention ! je vais rattraper Anita).
J’entends mes gènes vikings éclater de rire dans mes veines ...
Ça va ? je ne suis pas trop vulgaire ? Dans la forme, au moins ? Car pour le fond, je sais bien que je suis un peu jésuite.
Quels changements dans mes habitudes ? Peu, le lait de coco quotidien a été remplacé par le Taïoro, acheté tout fait au marché, ça fait déjà quatre mois. J'en prélève un peu pour ma toilette du soir. Sinon, réveil à quatre heures du matin, une heure de "travail" dans le grand silence. Cinq heures, réveil des garçons, petit déjeuner toilette... puis réveil des petits... vers dix heures, après six heures de quart, je dors une heure, si profondément que c'est le poids de ma tête devenue lourde comme du plomb et surtout le manque d'air, car je finis par cesser complètement de respirer qui me réveille en sursaut.
Incroyable, vraiment, cette technique !
De temps en temps, pointe une nouveauté, par exemple, je viens de lire "l'histoire de l'accouchement" de Borrel et Mary et j'y découvre que, dans le monde entier, les femmes ont toujours accouché accroupies. Le sujet de mon bouquin va sans doute être : la position accroupie. Mais surtout, j'y relève ceci : "cette position accélère les sécrétions hormonales et permet d'atteindre un état de conscience différent (je n'aurais pas hésité à écrire: supérieur !) " (Dr Odent).
Insupportable de voir condamner qui que se soit pour avoir consommé une drogue quelle qu'elle soit ! Je déculpabilise sans cesse mes enfants sur ce sujet. Je leur dis que jamais, au grand jamais je ne les punirai s'ils fument du haschisch ou ont recours à des drogues, même très dures (je ferai plutôt mon examen de conscience). Pavot, cannabis etc. sont des produits naturels que Dieu nous a donnés, "à consommer avec modération" comme tout.
Les grands labos ne se gênent pas pour les inclure dans la composition de leurs antidépresseurs et neuroleptiques (qui entre nous font autant de dégâts sur la santé publique et les routes que l'alcool) en tous cas, il faudrait offrir un joint aux femmes qui souffrent trop au moment de l'accouchement comme cela s'est fait dans le monde entier depuis la nuit des temps plutôt que de donner des hormones de synthèse pour accélérer la venue des contractions : car :"flûte, il est déjà 10 heures, ma femme m'attend pour déjeuner... " et puis non, programmez la césarienne pour 15 heures, c’est moins risqué. On donnait bien un grand coup de rhum aux guerriers avant le combat... A une époque, on allait en prison si on était « contrôlé positif » au café chez soi, ( réservé aux nobles…) plus tard, si on avait de l'alcool. (La prohibition). Je me demande quelle sera l'étape suivante, je veux dire quand la cocaïne sera en vente libre ? car elle le sera ! J'entends encore notre Ministre de la culture répondre à un adolescent sur Fun Radio : un joint ? bien sûr que j'ai essayé... une fois, je n'ai absolument rien senti !
J’ai emprunté beaucoup de mes déclarations (choquantes ?), à des spécialistes, mais je ne veux pas vous lasser en citant sans cesse mes sources, beaucoup d’entre vous les ont reconnues . Ne vous moquez pas systématiquement des articles de vulgarisation, c’est à sa capacité de se mettre à la portée des enfants que l’on reconnaît un grand scientifique .
Un livre est un travail collectif écrit par un individu qui apporte sa goutte d'eau ...... qui fait parfois déborder le vase.
Revenons un peu aux drogues. A Djibouti, on mâche le kat, des feuilles légèrement hallucinogènes qui aident à supporter la vie dure de ces contrées; tout allait bien jusqu'au jour où quelqu'un a décidé de cultiver cette plante industriellement. Naturellement, il a fallu pulvériser des insecticides; vous imaginez la suite aisément, tous les mâcheurs sont tombés malades. Je vous affirme qu'il en va de même pour tout, café, alcool, tabac, etc... c'est l'appât du gain rapide qui pollue nos vies Oui, le tabac n’est pas plus nocif que la fumée d’un bon feu de camp, et certainement moins qu’un tortillon antimoustiques.
Ah ! ces parfums qui réjouissent le cœur ....
La faculté reconnaît enfin les vertus thérapeutiques du thé et du vin, croyez moi, il en sera de même pour le café, le tabac et le cannabis ! A moins qu’au contraire on voit bientôt fleurir des panneaux :
« Zone non café »
puisque ses vapeurs contiennent des goudrons cancérigènes ! ! et celles de vos fritures ! ? et celles de vos gazs ? !
Intégrismes, intégrismes ….
Naoué, la grand-mère marquisienne d'Elise, était de ces femmes qui meurent debout, elle a élevé seule ses... 14 enfants (normal, son mari était pasteur !) Pourquoi tant d'anticléricalisme, il ne manque pourtant pas de grands mystiques chez moi, combien d’entre vous ont une tante carmélite ? Pour tenir, elle grillait le café de son jardin et le buvait, à l'aube, en fumant une feuille de tabac finement roulée... tabac de son jardin, bien sûr ! La chose qui l'a vraiment tuée c'est d'avoir été volée par la France, qui a réquisitionné ses terres à vie. Elle en est morte de chagrin, un vrai suicide.
Restons dans la médecine, deux garçons de vingt ans viennent de mourir brûlés, parce que le médecin des urgences n’a pas dit : immergez les immédiatement en attendant l’ambulance ...
Bien souvent, la guérison, le bonheur, sont sous vos yeux, simples et gratuits, et vous allez les chercher au bout du monde .
Je me demande parfois : est-ce de la méditation ou de la prostration?
De la prière ou de la torpeur ? de la stupeur ?
Plus sérieusement encore, j'ai franchi une étape importante, je suis parfaitement à l'aise, accroupi pendant huit heures par jour, et j'éprouve un grand besoin de persévérer dans cette voie; tout cela est mêlé de souffrances, bien proches de la jouissance. Toujours dans le domaine technique, ma scoliose et la dépression que j'avais au milieu de la colonne vertébrale ont complètement disparu. Et ceci m'amène à gronder nos médecins ( encore !) il est capital, vital, de ne pas redresser immédiatement un nouveau-né, quand j'ai fait l'œuf pendant une heure, j'ai du mal à me dérouler, alors lui, qui vient d'en faire neuf mois !
Bien sûr, la lumière aveuglante est grave, le bruit de vaisselle dans les éviers inox aussi (la sage-femme tient au café, il est une heure du matin) mais, de grâce, attendez 24 heures pour déplier cet enfant, les mesures peuvent attendre... attendez que le cordon ait cessé de battre avant de le couper, s'il vous plaît ! Ne le lavez surtout pas, il est couvert d'une protection naturelle, quant aux vaccins à la naissance, prière de consulter les parents ! Voilà il est bientôt l'heure d'aller au marché et à ma boîte postale, désespérément vide depuis des semaines, je suis un mal aimé (qui ne l'a pas volé) mais l'espoir fait vivre, et j'en vis bien. Une semaine de travail intensif s'achève, nous sommes dans un haut de vague (qu'est-ce qui va nous tomber dessus ?). Teva vient d'arriver second au cross réunissant les meilleurs coureurs de Polynésie .
Allez, à plus, je vais poster ces pages à Laurence .
Minuit, tout le monde dort, à bord, dans le grand silence.
800 mètres derrière moi, le récif gronde sous l'assaut de l'océan,
800 mètres devant moi, quelques aboiements et les senteurs de la terre, transportées par le Hupé, je suis à ma "source", et rends grâce au ciel d'avoir permis que nous soyons tous en vie, aujourd'hui encore, réunis autour d'un bon repas.
J'ai vraiment beaucoup travaillé, cette semaine, cet après-midi, j'ai décidé de décompresser un peu : bon sandwich, petite bière bien fraîche, café bien sucré, en regardant passer la foule. Les enfants n'ont pas laissé une miette de mon dîner, nous avons fait les devoirs, soufflé les lampes, Elise m'a fait un très très gros câlin, et me voilà de nouveau avec vous,
je plane, je plane comme un bienheureux !
Je vais peut être réussir à dormir une heure ou deux, cette nuit; à quatre heures du matin, je viendrai de nouveau à la source et je dirai, comme chaque jour :
"Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez chez moi, mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie"...
... Permettez moi de tenir jusqu'à ce soir.
FIN DU CHAPITRE IV ... à suivre ! ! ! ( chap.III chap.II - chap.I )
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Christian Guillain, Papeete ( Tahiti ) Contact : christian.guillain

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J. FREITAS - CRUZ

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