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Eclairage sur : " Une pédagogie oubliée : le vodou " L'interview

A FLEUR DE L'ÂME - VI  Christian Guillain

CHAPITRE 11

27/5/97
Tout le monde est indifférent à nos pudiques appels au secours, nous sommes à bout de souffle.
Vaïmiti a déjà 22 jours... Qu'il est beau ! qu'il est fort ! 4,4 kg à la naissance !... Il tète goulûment, il a bien l'intention de vivre, lui, tout comme ses frères et sœurs, qui dévorent mes petits-déjeuners, des œuvres d'art, comme toujours, je ne sais par quel miracle, mais, je le disais hier soir, cette histoire va s’appeler :"le dernier repas"... car je sens ma fin proche.
Mais j'ai gagné une bataille contre la bêtise humaine, nous sommes restés dans notre beau lagon, je me suis battu pour le panache, comme Peter Pan, l’idole de mon enfance, plus pour mes principes que pour mes intérêts personnels, car j'aspire au calme d'une cabane dans la montagne ; avoir un bout de terre ou de lagon est un DROIT ! vive l'indivision ! à bas les droits de succession !
Et, j'ai encore réfléchi aux drogues, qui est contre l'idée d'abréger la souffrance, physique ou morale ? Tout le monde a accès aux antidépresseurs, neuroleptiques, somnifères, analgésiques, alcools, cafés, tabacs (ces trois-là ne sont pas remboursés par la sécu !), récemment, le kawa mélanésien, après une longue bataille juridique aux U.S, est passé de l'illégal au légal, comme le kat en mer rouge, la tuba aux Philippines, la noix de bétel des Maldives, le kif marocain, la feuille de coca d’Amérique latine...
Je veux que le cannabis soit vendu en pharmacie et soit remboursé !
Vous savez combien ça coûte d'atténuer sa souffrance "légalement"?
Un paquet de cigarettes par jour, quelques bières et quelques cafés, au bout du mois, ça fait un salaire entier ! pour une personne. Et nous parlons de gens raisonnables !
Pour se suicider légalement, il y a les barbituriques, ici, on utilise le désherbant.
Ça vous ferait perdre trop d'argent, que nous ayons tous un pot de cannabis sur le balcon, n'est-ce pas, messieurs du pouvoir ? En tout cas, si votre médecin vous dit qu'un joint vous fait moins de mal qu'un antidépresseur, courrez le dénoncer à la police ! Dans l'enfer et la boue des tranchées, sous les bombes, un copain les deux jambes arrachées, qui osera dire non au tabac, à l'alcool, au café ? Merci mon Dieu pour toutes vos créations, cannabis ou pavot, merci d'abréger nos souffrances. Alors, tolérance ou répression ? (qui dévore le budget du pays.)
Si j’écris :
le professeur Nakamura a déclaré que la cocaïne fait maigrir,
vous allez voir tous les indulgents qui vont naître !
Mal ?…
D’obtenir ainsi
Un diplôme universitaire …
Une médaille olympique…
Le vaccin du Sida…
Les Suites de Bach…
Une victoire militaire…
La femme de votre meilleur ami.
“ Mais comment punir celui dont le remords est plus grand que la faute ? ”
La faim justifie t'elle les moyens ?
Tous sincères dans nos erreurs ?
Seule raison d’être de cette odieuse prohibition,
ces substances rendent le pur magnifique et l’impur ignoble !
Nous avons totalement perdu tout sens du sacré, du traditionnel et convivial calumet qui précède ou suit tout acte important de la vie d’un groupe d’hommes. (Qui ignore encore son contenu ? ! )

2/6/97 Oui, les enfants sentent bien que le naufrage est proche, Tepea est en permanence au bord des larmes, d'ailleurs, comme il ne veut pas voir ça, il reste avec sa bande, manque l'école... mais Kaya serre les dents, il prépare les repas, conformément à mes exigences, pour huit, ce n'est pas évident, pour un enfant de 13 ans ; par ailleurs, il bosse dur, tard le soir, ses maths et son anglais, et... c'est vraiment émouvant, il vient d'arriver premier au triathlon ! Mais c'est Teva qui nous a le plus étonnés, lui aussi, il fond facilement en larmes, surtout quand je fais un long discours, après avoir vidé une bouteille un peu trop vite, les temps sont très durs...
Il est rentré hier soir et m'a jeté une belle médaille sur le ventre, avec l'assurance timide du jeune mâle qu'il devient. Il me raconte sa course en détail, il a enfin battu Yoané ! Le micro a dit : Premier : Teva Guillain, champion de Polynésie ! Sélectionné pour les jeux du Pacifique ! tandis qu'il chancelait sur la plus haute marche du podium. Il passe en seconde et sera dans le très bon lycée Gauguin, je suis complètement dépassé par son programme de maths, lui y est à l'aise ; en fait, je suis dépassé par mes enfants, par tout !
Ah ! Elise, tu me trouves démoniaque, hein ?
Oui, je me sens un ange déçu...
alors, je dors, je m'entraîne pour le repos éternel !
En fait, j'essaie de me remettre de cet éprouvant voyage à Paris, et de ce duel avec le pouvoir qui ont puisé très fort sur mes réserves
Paris... vous ai-je dit que j'ai rencontré Jacques Salomé, au salon du livre ? Quelle chaleur !
Je l'aime, parce qu'il est avant tout un poète et parce qu'il donne souvent la parole aux autres. D'ailleurs, jusqu'à présent, je ne vous ai offert que des citations de ses patients, ses livres sont pleins de témoignages bouleversants ; aujourd'hui, voici un texte de lui, celui par lequel il se présente lui même :
“ Te rencontrer sans te réduire,
Te désirer sans te posséder
T'aimer sans t'envahir,
Te dire sans me trahir,
Te garder sans te dévorer,
T'agrandir sans te perdre,
T'accompagner sans te guider
Etre ainsi moi-même
Au plus secret de toi. ”

Ma thérapie ? Je commence à réaliser que seuls quelques grands maîtres peuvent comprendre la découverte que j'ai faite, qu'importe, je continue de travailler, d'une part pour survivre aux colossales forces contraires qui cherchent à m'abattre, d'autre part pour apporter ma pierre à la pyramide céleste (encore du Chardin !), "tout ce qui monte converge"...? c'est ça, la philosophie, une tentative de démontrer l'évidence, n'est-ce pas Maïta ?
Saint Ex. dit que cette pyramide n'a de sens que si elle s'achève en Dieu.
"Lorsque vous aurez atteint le sommet de la montagne et que la terre réclamera vos membres, vous commencerez enfin à monter et vous danserez vraiment."
Dieu ! Dieu ! Tous les poètes cherchent Dieu, non ?... La vie est une œuvre d'art, quoique certains disent que la poésie est une religion sans espoir...
Comme d'habitude, je ne suis pas toujours de mon avis !
La vérité est elle dans la contradiction ?
On cite, on cite, difficile de réfléchir, difficile d'être soi même, quand on est sous la dictature des mots. Etre adulte, c'est être seul, n'est-ce pas, monsieur Rilke ? Ou est-ce l'enfer ? De Dieu, vous dites :"Il est le futur, à la façon des abeilles, nous le construisons avec le plus doux de chaque chose, sublime grossesse !"
Vous me trouvez sévère dans mes jugements ? En tous cas, croyez-moi, je ne suis sûr de rien, je me pose des questions (sont-elles les bonnes ?) et surtout, je nage à contre courant, car je veux atteindre la source... même si je sais bien, comme le saumon, que j’ai une chance sur mille d’y parvenir………
Lara me dit que, sur un milliard de spermatozoïdes, un seul arrive au but...
quel programme !

CHAPITRE 12

Elga,
Ton émoi,
Ton effroi,
Ton désarroi,
Et cette vague de chaleur
Qui m'envahit...
Ton doigt sur mes veines,
Ma main sur ta joue,
Et ma fuite éperdue...
C'était en plein temple !
Au temple où j'étais allé
Comme un enfant qui cherche la lumière.
Elle a le diable au corps, disent-ils.
Ils l'ont "couverte",
Elle est tombée,
Sur son corps allongé
Ils ont prié,
Longtemps, longtemps,
Puis ils l'ont emportée.

D'un pas décidé, j'ai traversé l'église, devant tout le monde, et je me suis retrouvé devant le pasteur, seul... mes jambes se sont mises à trembler très fort, dans un suprême effort, j'ai réussi à les maîtriser et j'ai répété : je renonce à Satan et à ses œuvres... tout en pensant : cet homme a très mauvaise haleine, il devrait surveiller son alimentation, ou au moins se laver les dents... Puis il me dit : croyez-vous en Dieu ? J'ai répondu : Non...
Autour de moi, des hommes et des femmes prient, certains dans une langue étrange, rapide, saccadée, mécanique, venue de l'au delà, une jeune femme pleure, tous sont penchés sur moi et m'imposent les mains, l'assistance entière prie pour ma conversion, avec ardeur, intensité, le ton monte, le pasteur pousse un cri en me posant la main sur la poitrine, rien ne se passe... il s'en va, et moi aussi.
Keep praying, dit il à Elise.
Mais belle famille, cette église,
divine ou diabolique, qu'importe,
je suis troublé.
Un éclair déchire le ciel,
La fenêtre aspire la lumière,
“ Et sous ta paupière
Juste assez de place
Pour une ride de bonheur. ”
C'était la seconde fois que j'allais au temple, la première, le pasteur, un français de passage pour faire de la "formation" fut brillant en chaire, mais petit sur le parvis ; son : "avant l'arrivée de l'évangile, les Polynésiens vivaient dans la débauche et adoraient des dieux de pierre "... m'a choqué, et je le lui ai dit, violemment !
Jeudi. Hier soir, j'ai encore essayé.
Je m'avance, ils prient, ils prient... avec ardeur, c'est beau, c'est bon, un doigt sur ma thyroïde, pasteur William a les mots, les mots justes, le chant est sublime, doux, grave, dans le cœur des cent fidèles, Elise et moi faisons une boule de nos quatre mains, les yeux fermés, une onde de pureté m'envahit, je chancelle, je vacille ; parfois, mes pensées s'évadent vers la logique, vers Elga, Elise s'appuie sur moi, je résiste...
Ce soir là, j'ai failli perdre mon masque !
C'était à fleur de l'âme...
Puis Elise est tombée, jambes raides, visage pâle... lèvres fines, yeux creusés, dans ses longs cheveux noirs... Jamais, jamais, Je ne l'ai vue aussi belle.
Comme une mère, une femme corpulente, généreuse, profonde, lui glisse un coussin sous la tête, et, à son réveil, s'agenouille et la serre contre elle, tendrement, longuement.
Près de nous, un adolescent efféminé se tord au sol dans son "sommeil", il semble souffrir, on s'affaire autour de lui, chassant de la main l'esprit maléfique, le caressant. Un moment plus tard, je le croise dehors, il semble ailleurs, yeux vers le ciel, il répond vaguement aux questions en continuant de marcher, d'un pas assuré et rapide, semblant glisser au-dessus du sol, puis, il entonne un superbe chant, d'une voix claire et forte, et toute la salle écoute, électrisée, jusqu'à la dernière note.
Tout à coup, sous le regard fort et rieur de pasteur Georges, une jeune femme opulente et épanouie explose dans un fou rire irrépressible, interminable, qui rebondit et se propage à toute l'assistance, un fou rire qui fait du bien, qui guérit. J'ai cédé au charme, au miracle, la joie du Christ, disent-ils...
Puis, pasteur s'avance parmi nous, parle à l'un, impose les mains à l'autre, les gens tombent, se relèvent parfois, en se frottant les yeux, pasteur crie :"Fire !" Et ça tombe, et ça tombe !
Souvent, pour asséner l'onction, il ajoute : “ More ! more ! ”
Comment blâmerais-je Elise de vouloir appartenir à un groupe d'hommes et de femmes animés d'un tel idéal commun ? Comment rester insensible au christianisme à Tahiti ?
A midi, dans un restaurant d'ouvriers, deux hommes forts, couverts de ciment, se font face devant leurs assiettes fumantes, baissent la tête, se recueillent, prient quelques instants puis se mettent à manger, jovialement, placidement.
A 16 heures, Téiki, un grand marquisien de 27 ans, champion de karaté bien seul, m'aborde et me dit, comme un enfant, à voix basse : "J'ai signé la croix bleue." C'est-à-dire qu'il s'est engagé devant le prêtre de sa paroisse à ne pas boire pendant un an, signature des deux parties faisant foi sur un petit carton bleu surmonté d'une croix. Et pourtant, tout cela sent parfois le spiritisme, il est question d'envoûtements, d'ensorcellements, Elise rentre un soir et me dit : "Il y a trois personnes qui veulent ta mort" (à mon avis, elle oublie quelques zéros !) ou, ils m'ont dit : Elise, tu n'as qu'un mot à dire... et on te débarrasse de lui.
Vaïmiti a deux mois, nous parlons beaucoup ensemble, son regard est d'une force, d'une pureté, son sourire est si beau...
Je le fait manger, de la papaye et du nia, bouche à bouche, quel délicieux baiser ! Comme un oisillon, il en réclame encore et encore. Puis je le lave, doucement, avec du miti hue, le visage, les cheveux, et son petit corps nu.
"Si vous voulez connaître Dieu, regardez autour de vous et vous le verrez jouant avec vos enfants, marchant dans les nuages, souriant dans les fleurs".
Tepea est parti en Nouvelle-Zélande, il s'est retourné 20 fois, avant de disparaître, pour vérifier que c'était bien moi, son papa, qui l'avait accompagné à l'aéroport à une heure du matin, pour son premier grand voyage seul. La veille, il avait dit au revoir à sa Nadia... en larmes, m'a dit Kaya. Quant à Teva, il vient de s'envoler pour Fidji, où il va défendre les couleurs de Tahiti sur 3000 M. Lui a préféré être seul avec ses copains pour le départ (il a obtenu son brevet ). Et moi ? Je me suis remis à nager, après six mois d'arrêt. Quel bonheur ! Je fais de beaux marchés, beaucoup de fafarus, j'écris plus que jamais, en yogi, 8 heures par jour !
Oui, haut de vague... la tempête est passée, si on y survit, on en ressort grandi.
Dimanche. De plus en plus courts, ces hauts de vagues. Elga ? Sans doute un rêve...
Non....
Ils l’ont internée, pendant un mois, saturée de barbituriques et envoyée aux états unis, guérie ! disent ils... Elga, Elga ! pardonne moi de ne pas avoir eu la force de m’opposer à eux
Janet Frame écrit de son séjour en asile : « … l’infirmière condamne la porte des cabinets, nous avons une envie folle d’y aller, comme si le fait d’uriner pouvait chasser notre angoisse hors de nous… mais je craignais qu’on m’envoie au “ pavillon deux ”, on y mettait celles qui n’avaient pas collaboré et chez qui les séances d’électrochocs n’avaient donné aucune amélioration, La preuve d’une amélioration ? On la voyait dans une soumission totale … »
Elise ? Elle progresse, est-ce sa foi, est-ce le temps, elle me dit :
Tu n'es pas un homme. Je n'ai plus d'amour pour toi. Va t'en ! !
J'ai une immmense envie de mourir. Croyez moi, la posture de yoga la plus efficace est la position allongée, dite "du mort " et la plus grande invention du siècle est la boule Quies.

CHAPITRE 13
Pardonnez moi pour toute cette amertume, mes amis, mais je rêve tant d’un monde meilleur. à chaque fois qu’ils nous frappent, jé CRIE ! ! Surtout quand ils me disent :
Ne nous oblige pas à avoir recours à des méthodes expéditives...
ou : à Elise,
fais bien attention de ne pas être reconnue, avec tout ce que ton mari écrit, tu n’es plus en sécurité.
Ou : « ton livre est de la pornographie, et puis, tout va très bien, les avions volent, les récoltes sont de plus en plus abondantes, et tout le monde ne peut pas tout avoir … » Pourtant, un géant de l’édition vient de m’écrire : “ Votre témoignage est tout à fait étonnant, par bien des côtés, magnifique ”.
Je peux mourir en paix, d’ailleurs, je viens de rêver ma mort, un rêve merveilleux, je m'en souviens avec une clarté exceptionnelle, j'étais parmi quelques personnes que je ne connaissais pas, un homme me dit : Tu veux essayer ?
Je réponds : Oui.
Il a pris ma tête entre ses mains et je me suis senti partir, lentement, doucement, béatement, souriant, les yeux fermés, heureux, léger, jusqu’au sol. Quelle douce mort ! Hier, soirée câlins, nous avons exprimé notre plaisir avec tant d’ardeur, que je ne serais pas surpris qu’on nous aie entendu à deux cent mètres à la ronde ! Comme par hasard, les enfants étaient tous chez des amis.
Depuis plusieurs mois, je mène un combat titanesque contre la tentation, un café, une bière...chaque jour...et je me dis : si tu n’est pas capable de faire ton travail sans, mieux vaut rester chez toi, de fait, il m’arrive de rester à bord pendant deux jours ; d’autres jours, je prends mon élan, une grande inspiration, et je fonce à la boite postale, puis au marché, j’évite le bar et rentre illico au bateau pour préparer la soupe. Mais le diable est bien plus fort que moi, il a gagné, j’en suis à deux cafés deux bières !
Bien sûr, pendant quelques heures, j’ai le sentiment d’être le maître du monde, pourtant, je n’ai jamais été aussi convaincu de l’importance de ma thérapie, que je pratique trois heures par jour, une heure au réveil, en faisant ma toilette, une heure à midi, en mangeant mon sandwich, une heure le soir, en savourant ma bière, raisonnable, non ?
Le Yoga est tout simplement une attitude mentale, un art de vivre les gestes de tous les jours, s’étirer, bailler…
C’est l’occasion de rendre grâce au ciel d’avoir permis que je vive jusqu’à ce jour, de m’avoir mis sur ce fabuleux chemin ; je m’accroche donc, bien que du côté foyer, j’ai pratiquement tout abandonné et que Najedou soit en train de couler ! A chaque nouvelle étreinte, je me dis que c’est sans doute la dernière de ma vie, pourtant, elles sont à chaque fois plus fantastiques .... Et je voudrais vous faire part d’une extraordinaire découverte d’alchimie que j’ai faite et que je pratique depuis quelques mois : chaque matin, au réveil, pendant mon heure de prière, je déguste un peu d’argile, lentement, puis, je bois un petit peu d’eau de mer dans laquelle j’ai pressé le jus d’un demi citron, encore avec plaisir, notion toujours absente des manuels.
C’est le petit cadeau de Noël que je vous fais cette année.

CHAPITRE 14
Mourir ? pas encore, je me remets au travail, je reconstruis, j’élague, je complète ma fresque, comme un écolier, au grand désespoir d’Elise qui dit que ça ne fait pas vivre une famille. Elle est tantôt douce, tantôt violente : tu passeras l’éternité en enfer ! ou : les juges ne vont pas te rater ! ou : mes cousins vont te casser la figure !
Mais je réalise la puissance de mon sang Aubert du Petit Thouars...(celui de ma mère ), Ils auront du mal à me mettre à genoux !
Ah ! Pasteur William, tu as bien compris, toi, que crier la vérité et protéger mes enfants des écueils avec ce bouquin est bien plus important que ma propre vie !
30/12/97 Aujourd’hui, la crise est si forte que je fais mon sac...ça va vite, il me reste si peu de choses ... Je sais bien ce qui m’attend, un foyer de SDF.
--- Kaya : n’oublie pas la date de mon anniversaire...
--- Teva : attend que j’ai 18 ans...
--- Elise : accompagne le, il va avoir besoin d’aide...
--- Moi : je vous enverrai de l’argent et je reviendrai dès que j’aurai achevé mon travail.
--- Elise : Je suis si heureuse d’avoir pu passer ces dix-huit années à tes cotés, ne t’inquiètes pas, tout ira bien pendant ton absence.
Pour le moment, il faut trouver des sous pour payer mon billet Papeete-Paris. Comme on vient de me voler mon précieux petit ordinateur, il ne reste que la vieille moto. Je mets mon sac dessus et fonce à l’autre bout de l’île, à Taravao, où vit Hervé, un copain qui a adopté Tépéa, qui sombrait dans la délinquance... Il est ivre de fatigue, après une longue et dure journée de travail ...il ne peut pas m’acheter ma moto...n’a pas un sou à me prêter, m’offre un lit pour la nuit. Au matin, j’embrasse mon fils et reprends la route ; je m’arrête au musée et appelle une agence de la boutique. Elise me demande d’accepter de passer avec elle la soirée du 31 dans un petit restaurant.
A 10 heures du soir, nous voilà devant nos assiettes, je commande un demi de rosé glacé, l’avale d’un trait, j’ai tellement soif ! ! La musique devient soudain belle... j’en demande un second, et l’avale d’un trait, lui aussi...
Là, je m’effondre en larmes, je sanglote comme un enfant pendant deux minutes en disant : Laissez moi mentir en paix ! Laissez moi mentir en paix ! Laissez moi mentir en paix ! ! Puis, complètement dégrisé, je prends le volant et nous ramène à bord. Nous sommes en 1998, bonne année pour moi, paraît il...
Le lendemain, Elise me dit : Tu es si orgueilleux, jamais, en 17 ans, je ne t’avais vu tel que tu es, tu caches bien ton jeu, quel beau chevalier j’ai découvert hier soir !
Oui, j’ai compris que tu nous as tout donné. Pardon ! Pardon !
“ Lean on Me, with a thousand leaves I’ll cover you... ”
Laissez moi mentir en paix ! (quel lapsus !) ...
Quelques jours plus tard, Elise fait une retraite dans un couvent de Clarisses... Je prends mon stylo et écris un mot à Laure, la fille aînée de Julien, si mure, si intelligente, comme elle doit avoir changé... …Laure, longtemps, j’ai espéré te croiser, au détour d’une rue, pour te dire … que tu me manques .
29/1/98 16 h. Je vous avais promis de ne pas écrire sous l’emprise de l’alcool ou autre stimulant cérébral...ne m’en veuillez pas trop si je le fais aujourd’hui, je viens de boire mes deux bières, et quelles bières ! un demi litre chacune, et fortes !
Je suis, pour quelques instants, sur un nuage rose.... Il y a eu un dernier repas, il y a eu un dernier câlin, il y a des mois qu’Elise et moi n’avons pas nagé ensemble, elle est morte, ma belle famille, morte ! j’ai les larmes aux yeux en vous l’écrivant ; Voici le petit message qu’elle a glissé dans mon cartable ce matin, de sa si belle écriture :
Pardonne moi de m’être servi des mots d’autrefois pour essayer de te dire, quoique en vain, que je m’inquiète pour toi, même si c’est bien agréable de te voir si enthousiaste, je ne veux pas m’attacher à l’apparence. Je voulais te dire que j’ai besoin de passer un tout petit moment avec toi, et ce n’est pas si facile de dire des choses que l’on n’a pas l’habitude de dire, de prendre le temps de le faire, de prendre le temps d’écouter, je suis heureuse que cela n’enlève rien à ta détermination de t’en aller, merci de me supporter telle que je suis.
MAIS QU’ATTENDENT T’ILS POUR TIRER ? !
Penché sur ma feuille, je sens une présence, un homme est devant moi, il me semble reconnaître quelqu’un du temple, il est livide, s’assoie et me dit, d’une voix sourde :
on vient de trouver Elise pendue à un arbre du musée...
Pour vous écrire ces lignes, mes amis, pour vous écrire ces lignes, j’ai travaillé, travaillé, j’ai marché, marché, au bord du précipice, 24 heures sur 24, pendant des années, à fleur de l’âme ; Observez moi, cachez vous derrière le poteau, dépensez des milliards à me surveiller, croyez moi, je serai toujours one head ahead,
ONE HEAD AHEAD !
Ca fait tant de bien de laisser couler son sang...
Elise me dit : surrender ! rends toi !
L’enfant passe, l’enfant passe,
le mien ? le sien ?
Qu’il est beau...
Le vigile m’observe...épais, carré...
Mes enfants, je vous aime, c’est aux Marquises que se trouve votre avenir, non, bien sûr, pas aux Marquises, mais dans cette direction ; Courage, nous sommes tous à fleur de l’âme...
Toi aussi, l’homme... qui passe devant moi avec cinq caisses de bières dans ton caddie, on est samedi, non ?
Je la sens pénétrer, cette balle, ils ont tiré, enfin ! !
Allez vous m’obliger à sauter dans le vide ? !
J’aimerais tant passer encore quelques heures avec vous...
C’est si bon, la vie, si bon.........
Je vous en prie, arrêtez un peu votre petit jeu ;
les gens ne comprennent pas pourquoi je pleure, à la table de ce café, à la sortie du plus grand super marché de Papeete, peut être comprennent ils trop bien...Savoir ?
La speakerine déroule ses informations sur les ondes, comme une automate, ronron anesthésiant du malheur des autres... ils ont cassé Bresson, ce brillant journaliste.
Que la vie est bonne ! Que la vie est bonne !
La mort d’Elise...
C’était un nouveau pieds de nez !
Elise est plus belle que jamais.
Mes enfants
Einstein a raison, le temps n’existe pas.
Laissez moi la sauver !
Laissez moi la sauver !
Je l’aime !
Bande de pourris !
Qu’elle est belle !
Laissez moi la sauver !
Météta vient de passer...
il s’est assis,
je lui ai dit :
Météta, je t’en prie, je t’en prie, il faut absolument que je travaille...
ne m’en veux pas, crois moi, je suis avec toi...laisse moi... Tu verras, on va gagner,
Va !
Laisse moi !
Ça me fait si mal de voir mes enfants mourir pour que ma bombe Explose !
Pour être à la hauteur d’une femme, je n’ai pas d’autre choix Que le suicide !
8 mars 1998
Oncle Pierre, qui m’a si souvent aidé à faire mes devoirs, s’est éteint cette nuit, j’en suis sûr, il m’est apparu en rêve, m’a longuement tenu la main, je sens encore la chaleur de sa main dans la mienne, et m’a dit : si je pouvais vivre une seconde fois, je serais chrétien.
16 mars 1998
Je sens ses larmes couler sur moi,
Je pense : mon Dieu, pardonnez leur,
Je dis : je ne mérite pas tant de bonheur,
et nous nous endormons enlacés.

Epilogue

Voilà six mois qu’ils m’ont enterré, Sur ma tombe ils ont écrit :
Ci gît un homme, mort de n’avoir pas su pardonner...
16 Octobre 1998
Pirouette ! !
Pour le marin, pas de retraite ! je travaille encore et j’ai acquis un tel niveau de maîtrise dans ma discipline que je suis prêt à former un corps d’élite, mais...
si tu me regardes encore une fois de cette façon, Kathleen, je te dirai mon secret.
Ah ! Cédric ! tu brûles d’en connaître un autre, hein ?
Bon, accroche bien ton harnais, ça grimpe fort !
Midi est l’heure de ma chimio et de ma chirurgie, un véritable martyr !
Mais je travaille sous anesthésie...
Je me douche tout habillé dans mon petit square, (je porte une longue robe de prophète en voile de coton noir ), et je m’allonge dans l’herbe pour manger mon poisson cru, avec......
100 grs de gingembre frais ! et...
une demie noix de coco !
Mon anesthésie ?
Une bonne bière.
Courage, ami !
Et puis, il y a aujourd’hui, vendredi, jour du fafaru, que j’achète à Mado, un moment que je ne raterais pour rien au monde... Tout en le mangeant, allongé, je m’en passe dans les cheveux, sur le visage et le corps, voluptueusement, comme si c’était l’élixir de la fente sacrée de ma bien aimée...
Ah ! que ce soleil est bon !
Cédric ?… c’est mon conte de fée à moi, il est rédacteur dans le plus courageux des journaux parisiens, et… il a aimé ce récit, beaucoup… !
Mais mon véritable martyr est de vivre dans un monde qui ricane quand on parle simplement de terminaux, comme le faisait Gandhi. Entre nous, un rectum sain est vide, parfaitement propre, et lubrifié ! Croyez moi, pour guérir, il faut se libérer de la peur... du ridicule.

Chapitre 15
Dimanche 25 Avril 1999
FINI ?
Laissez moi rire !
ça ne fait que commencer...
Je viens de tomber amoureux,
fou amoureux !...
d’une rivière,
oui, d’une rivière !
Mais, vous ne croyez pas que ça devrait faire l’objet d’un second volume ?
Soyez patient, j’ai encore plein d’histoires passionnantes à vous raconter, je savais bien que ma place était à Tahiti, que voulez vous, certains mariages sont inscrits dans le cosmos.
Un mot, quand même, le cancer, l’impuissance,
C’EST REVERSIBLE ! !
Allez, à très bientôt
Bien sur, j’entends encore :
mets une cravate, (lie cou ?) coupe toi les c…heveux, on te donnera un job…
bien sur, pasteur a fait interdire le tamure, tiens, le voilà qui passe, la techno fait exploser sa (luxueuse) voiture …
Serait il humain ?
********
…Amoureux d’une rivière…
Elle m’a souhaité la bienvenue
en me faisant l'amour…
Accroupi dans son courant,
nu,
Sa caresse était si douce,
qu’au bout d’un long bonheur,
ma tête a explosé …
“ l’eau en a paru …
rouge et comme enflammée … ”
Il y a si longtemps que je dors seul …
Ce matin …dans son lit …
Je me sens envahi par sa force. Canelle pose sa tête sur mon genoux, Et lève un regard tendre …
Sous les galets, ma main sent un fil, Je le saisis, c’est du cuivre …
Machinalement, je le travaille, et, petit à petit, une relation s’établit entre nous …il devient un cercle, un double cercle, même de ses imperfections, je tombe amoureux et, tout naturellement, l’enfile autour du cou. Nous ne nous quittons plus, Il est l’anneau de mariage, chargé des symboles et du magnétisme de ce lieu sacré, théâtre de tant de sacrifices humains, dans un passé récent. une grosse anguille me glisse entre les jambes, lentement, quelques chevrettes me picorent les pieds, un citron passe, je le saisi, le coupe en deux, d’un coup de dents, et le presse sur mes cheveux, Le soleil est bon, la brise est douce, Tout ce vert, sur ce ciel, m’hallucine.
A quelques mètres, notre maison attend, une vieille maison en bois, entourée de pamplemoussiers sous lesquels paissent les chevaux d’Ilona, la reine de cette vallée. Le jus de leurs fruits m’irrigue et m’imprègne, Quelle purification !
En vérité je vous le dis, J’approche de la source, Je l’ai tant cherchée …
De temps en temps, les objets, à qui je parle si souvent, me font signe. Hier, un bloc de bois m’a appelé, caché dans la verdure, je l’ai emmené chez nous, l’ai posé à terre, près de la table basse où nous prenons nos repas, et me suis assis dessus. J’étais accroupis ! !
Croyez moi, un miracle, ce n’est rien d’autre que cela, cueillir un pamplemousse, s’asseoir dans la rivière, sur un cube de bois,
VIVRE, QUOI !
Et oui, Elise l’a trouvée, notre cabane dans la vallée … Un mois déjà … qu’elle m’a accueilli dans son refuge, j’en avais tant besoin, ma blessure est si profonde, le combat avec la bête si acharné. Pourtant, je reste cloîtré dans ma chambre, boules dans les oreilles, accroupis devant mon ordinateur douze heures par jour, à affûter mon texte, mécaniquement, maintenant, sur la forme, bien que parfois, une étincelle de création jaillisse et s’imprime fébrilement sous mes doigts. Les enfants ?… Ce seul mot me fait trembler d’angoisse, Ils ont trouvé leur chemin, par là, dans la vallée.
Tépéa s’occupe des chevaux, galope à cru. Récemment, il a violemment chuté et son cheval est mort sous lui … Teva ?
Côté vagues… il surfe, bien sûr …et me dit : tu ne veux plus t'occuper de nous ? maman est fragile, tu sais...
Kaya ?
Encore amoureux ! De la monitrice de son dernier camp d’ados … Elle est si belle que je n’ose plus aller au temple tant elle me trouble.
Ah ! Poeïti !
Mais parfois, leurs chants m’attirent comme un aimant et je parcoure les cent mètres qui nous séparent, lentement, dans mon long sarong noir, je me joins à eux et me laisse porter par le charme, par la magie de leur foi. Oui, je suis cloîtré, et hier, la tension était si forte que je me demandais lequel de nous allait craquer le premier, lorsque … mu par une mystérieuse horloge biologique… Julien est apparu …accompagné de Laure.
A ma stupéfaction, j’ai intensément désiré leur parler. Pendant qu’ils emmenaient les enfants à la cascade, j’ai bu un grand jus de pamplemousse, un petit café, passé un moment dans ma rivière, enfilé mon habit de lumière et suis allé à leur rencontre. Tout naturellement, j’ai dit :
--- Julien, il était temps que tu arrives !
J’ai préparé le dîner, n’ai touché à rien, sauf … au délicieux vin qu’il a apporté et, exalté par le jeûne, j’ai déclaré :
Julien, donne moi ta fille, je t’en prie…
Un éclat dans son regard me confirme tout son sens de l’honneur, de l’impossible refus … et surtout, de la profondeur de son amitié.
puis :
Laure, je ne suis pas digne que tu entres chez moi, mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie.
“ Un instant, un moment de repos sur le vent,
et une autre femme m’enfantera ”
Dimanche 15 août.
Oh ! Toi, qui m’a confié une si importante mission,
Qui me guide, me protège, ne me trahis jamais,
me pardonne toujours et ne pose...
aucune condition …

Avec Toi,
un peu Shaman de Castaneda et colonel de Garcia Marquez,
je ne crains pas la mort…enfin…
Nous avons tous un talon d’Achille …
Ah ! rester humble
tout en ayant confiance en soi…
j’ai tant besoin de solitude et de souffrance
pour créer…
La recherche du bonheur
est bien meilleure que le bonheur.

mes amis,
c’est pour vous que je travaille,
mais,
sans vous,
je ne suis rien.
**********************
Marin, yogi, fou, Spécialiste en accélération de particules hormonales, cherche amie aimant Bach et le fafaru, c’est à dire ayant un sens aigu du caractère sacré des matières fécales, pour expérience transgénique.
Un jour, j’ai réuni la famille d’Elise en grand conseil, et n’ai pas eu de mal à convaincre qu’il était temps de rentrer aux Marquises. Nous sommes donc allé faire valoir nos droits sur ces terres, un peu abandonnées, il faut bien l’avouer, un dimanche matin, au temple, en présence de toute la population et des autorités civiles et religieuses ….
C’est là que je vous attend, pour continuer de bavarder, pour partager des instants de bonheur, il y en a, mais oui, par exemple quand je suis accroupi dans ma petite chambre en bois, pamplemoussiers pleins d’oiseaux rouge vif à ma fenêtre, café des australes qui irrigue et réveille ma vieille carcasse pendant que l’eau fraîche apaise et décongestionne mon bas ventre, mais surtout, et là, deux ou trois verres de Cahors font merveille, quand le Magnificat fait exploser l’univers douloureux …
nu, en fœtus, fesses collées au sol, je me tasse lentement, je deviens lourd, lourd, et la vie devient bonne. Car je n'ai aucune honte à me laisser aller à pisser et pleurer comme un gosse
"Elle fit quelques pas et, la première chose qu'elle vit fut qu'il lui manquait un bras et qu'il la regardait. Son cœur s'arrêta presque, puis s'affola et elle essaya un moment de croire que c'était seulement la bousculade et l'irritation de sentir ce regard rivé au sien, et pourtant, elle n'arrivait pas à détourner les yeux.
Elle se demanda souvent, plus tard, d'où lui était venu le courage qu'il fallait pour se conduire avec cette tranquille assurance, comment elle avait pu savoir aussitôt, que l'homme qui la suppliait ainsi du regard, n'était pas un habitué.Mais la réponse à cette question était aussi simple que difficile à admettre, cela n’aurait rien changé, elle n'avait pas le choix,
sans doute n'y a t il jamais le choix... »
« On ne se trompe jamais en amour.»
Puis, j'ai pris l'avion pour Paris, convaincu de l’importance de ma mission, transmettre tout ce qui m’avait été offert, bref, enthousiasmer un éditeur.
Au moment où je m'apprêtais à retourner à Tahiti, une petite voix m'a chuchoté d'aller chercher une maison pour les enfants dans le sud de la France, et j'ai obéi...
J'y ai trouvé une cabane en bois, des petits oiseaux surpris, un puit, du bon vin, du bois pour faire mon café le matin, accroupi, bien sûr, c'est là que je vous écris, les enfants arrivent dans une semaine...
Ma longue robe noire surprend, choque certains, mais ne sommes nous pas dans le seul pays au monde où l'on peut se promener nu sur cent kilomètres de plage... légalement...
Oui, j'aborde le Médoc pacifiquement...
et puis, demain, il y aura du soleil, j'irai à la fontaine me laver, je mettrai mon habit de lumière, et je porterai mon plus beau sourire, celui qui tue...(qui désarme ?)
Demain,
si Dieu le veut.
En attendant, j'écris des contes pour enfants, voici le premier:
Histoire d'un éclat de rire.
Il était une fois un lézard bleu qui marchait dans la forêt vierge à la recherche d'une source,
car il avait très soif.
Il marchait depuis longtemps lorsque,
au détour d'un chemin, il vit une maison.
Qu'elle était belle ! qu'elle sentait bon !
Il frappa doucement à la porte,
une porte à deux battants,
Un petit bonhomme lui ouvrit,
il lui fit un baiser sur le nez,
qu'il avait doux et ravissant,
Petit bonhomme rougit de plaisir
en lui montrant la seconde porte,
qui s'ouvrit toute seule...
notre lézard poussa délicatement le rideau ;
mais il était si fin,
qu'un bord se déchira,
il entendit un crissement,
une goutte de sang perla.
ou était ce une rose ?
Il pénétra.

La source était là,
l'eau y coulait abondamment
et il en but avidement
Elle lui donna tant de forces
qu'il s'aventura plus avant,
Que le sol était doux, sous ses pieds nus...
A la porte suivante
il frappa doucement,
longtemps, longtemps...
et elle s'ouvrit...
elle s'ouvrit sur un ciel où brillait une planète rouge,
une planète si belle
qu'il éclata de rire
l'un des éclats l'atteint et pénétra.
Il n'y avait de place que pour lui seul, tant elle était petite,.
qu'il y faisait bon !
Il s'installa,
dehors, ses frères et sœurs entouraient ce nid et le réchauffaient de leur souffle,
tendrement...

Août 2000
y a quelque chose de magique dans l'air, et ça vient de très loin. Est ce Toi ?
qui me guérit,
enfin...

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Christian Guillain
BP 1865 Papeete
Tahiti
Email :cguillain@netcourrier.com
http://christian.guillain.free.fr
MERCI !
La suite est en cours sous le titre :
«
soupes et potions magiques »
Vaincre l’angoisse en comblant les carences et en opérant une chimiothérapie permanente par un apport massif de vitamines naturelles et fraîches et d’éléments actifs, en injections profondes par les voies naturelles,( buccal,) avec comme support des vasodilatateurs frais, naturels et légaux. (café, thé, alcool).
FIN ! ! !

( chap.V chap.IV - chap.III - chap.II - chap.I )

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