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UNE
VISITE AU BARDO
Karima
Bouachri
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Une visite au Bardo. L'histoire de cette villa ( Le Bardo) remonte à 1765, lorsque le prince tunisien Mustapha Ben Omar, exilé de son pays, trouva asile en Algérie dans ce palais d'été, à l'architecture turque, qui fut construit spécialement à son intention. Cette demeure ancestrale comporte deux étages dont plusieurs ailes et une vaste cour décorée d'un carrelage aux couleurs chatoyantes, de mosaïque et où une fontaine jaillit majestueusement d'un bassin toujours agréable à admirer. Au rez-de-chaussée d'abord, le monument Tin-Hinan, qui vécut entre le 4éme et le 5éme siècle, et le site d'Abalessa sont représentés par des maquettes exemplaires et des pancartes indiquant de plus amples renseignements à la disposition des visiteurs désireux d'en savoir plus sur l'Antiquité. Au dessous de ces maquettes, dans un cercueil en verre, gît une Tin - Hinan dont le squelette laisse penser qu'elle dut être une grande et belle femme. En tout cas, ses colifichets sont toujours là pour témoigner de sa coquetterie et de son rang au sein de sa tribu. Tout autour, des gravures en couleurs reflètent la beauté de notre désert et son importante participation dans l'histoire de l'Algérie. Au premier étage donc, la cour sus-citée qu'on appelle E'diwan, où de somptueux concerts de chants ont dû avoir lieu, domine plusieurs chambrées au style mauresque et dont la principale est celle de La Favorite. Cette favorite(comme son nom l'indique) était la femme la plus aimée dans le harem du prince et, on raconte, que nul ne la voyait à part lui parce que ce dernier la tenait jalousement prisonnière dans une sorte de boudoir que n'orne que deux matelas posés à même le sol, un tapis, deux gros tabourets capitonnés, quelques bibelots et une paire de savates en velours que la belle a dû porter si fréquemment et qui traîne encore là, au milieu de ses affaires personnelles. Je quitte la chambre de La Favorite à regret avec le fort pressentiment d'avoir violé son intimité et cette sensation, qui ne trompe pas, d'être épiée par elle ! Soudain, comme si le charme venait d'être rompu, je me dirige vers l'autre côté de la cour où se trouvent de très anciens instruments de musique, aux rythmes desquels tant de nymphes aux saris brodés se sont balancées : le guembri, el-galal, le rabab, etc. A quelques mètres de là, la salle d'armes recèle calmement des selles toutes de fil doré travaillées, des poignards marocains, des sabres arabes et locaux ( Flissa), des pistolets ( Bechtoula), des cornes à poudres et toute une armurerie où nous devinons le courage et la bravoure de nos aïeuls ! Par un petit couloir qu'on emprunte, je gravis respectueusement un escalier en colimaçon qui débouche sur la salle d'ethnographie rurale où sont soigneusement exposés des objets en bourre de palmier, tels que la muselière ( K'mama), le piège à oiseau (Fekha), des sandales (Naïls), des plats en halfa. Dans une salle adjacente, on peut découvrir avec joie des bijoux de l'Atlas Saharien, de la région des Touaregs, de la Grande Kabylie, de la Petite Kabylie, des Aurès, celle de l'Ouest et la poterie Nememcha des Aurès. Pour inciter le visiteur à pousser sa curiosité, de plus amples explications, concernant la technique de fabrication de ces bijoux, y sont étalées en toute générosité, montrant le moulage, le découpage, etc. Abandonnant ce monde féerique, je rejoins tout à fait en haut, une sorte de grenier, un espace restreint qu'occupe une imposante statue représentant un Touareg et qui fait peur à première vue . On penserait aisément avoir à faire à une personne réelle, nous fixant intensément de ses yeux noirs ! Des gandouras pour hommes nommées ( Tekamist), des pantalons (Ekerbci) de la région terguie, des jouets d'enfants, des chameaux ( amis), des chevaux (Ais) et bien d'autres curiosités. En ressortant de cette petite salle, un hammam nous fait face et on a accès au patio dont les portes sont verrouillées. A ce propos, il est fort dommage de ne pouvoir tout visiter car en certains endroits, des écriteaux mentionnent que certains accès sont interdits au public , ce qui laisse celui-ci sur sa faim . Le laps de temps passé à découvrir l'intérieur de la villa, ne m'a pas permis de faire un tour au jardin d'où exhalait le parfum enivrant des roses et de bien d'autres plantes aromatiques. Réellement, ce modeste tableau que j'ai fait en sorte de dépeindre ne vous donnera qu'une petite idée sur la splendeur de notre histoire.
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Propriété en Vendée
LColette
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