Au loin craquent la coque et les mâts du navire ;
Les cris bleus des oiseaux percent le bleu du ciel,
Et les traits rayonnants de l’astre qui chavire
Se perdent dans les eaux d’un très fauve arc-en-ciel.
Le sable de la grève où s’écroule la mer
Boit des larmes de sel et de lune mêlées ;
Tandis que les troncs morts se gorgent de l’amer
Embrun qui, se brisant, ceint d’étoiles fêlées
La coupe de mon cœur et le sang de mes frères.
D’ici tout est pareil à cette voile au vent,
Au gré des souvenirs de nos femmes si fières
Portée ; ou comme un long baiser, très doux, très lent,
Qu’embraseraient les feux d’une nuit d’un automne ;
D’ici tout est futile, étrange et monotone.