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LES CONQUERANTS - 2 - LA STRATEGIE VICTORIEUSE Paul G. Aclinou
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Si vous étiez à Grand Popo au Bénin, et plus précisément à Hêvê ce jour - là, vous vous seriez dit : " ce sera bientôt la nuit ! " Le ciel était chargé de nuages comme chaque fin de journée pendant les premières semaines de la saison des pluies. Les pêcheurs avaient cessé très tôt leurs activités, et ceux qui d'ordinaire, s'attardaient dans les champs avaient regagné eux aussi le village. Le Mono, rendu déjà tumultueux par les premières pluies continuait son cours dans l'attente dirait - on, des événements à venir. Pourtant, aucun préparatif significatif ni attroupement ne laissait présager l'imminence d'un affrontement. Les chefs des principales familles s'entretenaient avec le chef du village dans un local d'où rien ne filtrait ; aucun propos véhément ne s'en échappait ; tout avait été dit ; le débat avait déjà eu lieu. Restait à se mettre en ordre de bataille, sans troupe véritable et sans armes visibles, mais la détermination était sans faille, empreinte de sérénité et de certitude. Un signe ne trompait pas cependant, on ne voyait aucun enfant occupé aux jeux dans les ruelles d'argile et de sable qui s'insinuaient à travers les maisons et les cases bâties sans véritable plan d'ordonnancement, ni même dans les cours intérieures des habitations qui d'ordinaire grouillaient d'activités bruyantes jusque tard dans la nuit ; ce jour - là, c'était le seul indice véritable que de grands événements allaient se produire.
Dès le coucher du soleil quelques solides gaillards sortirent de chez eux et tirèrent complètement hors d'eau une vingtaine de pirogues et s'assurèrent qu'elles étaient parfaitement sèches à l'intérieure.
Dans les maisons, femmes et enfants se tairaient ; on pouvait imaginer les premières pétries d'angoisse tandis que les seconds se demandaient pourquoi les obligeait - on à se mettre au lit si tôt. Quelques marmots remarquèrent que leurs mères avaient préparé deux ou trois ballots dans un coin de la case et voulurent en connaître les contenus ; curiosité légitime, mais la réponse, tintée d'agacement fut invariablement la même : " tais - toi et dors ! "
L'obscurité s'installa rapidement sur le village ; imperturbable, le fleuve délivrait son chant ; quelques oiseaux nocturnes, des hiboux, zébraient l'air par moments et créaient une ambiance insolite, à moins que ce ne furent des chauves - souris, mammifères nocturnes qui eux aussi semblaient ignorer le drame que les humains s'apprêtaient à vivre.
La nouvelle de l'approche des assaillants fut portée rapidement à la connaissance de toutes les localités de l'aire Hula. Ceux des villages qui se trouvaient à l'arrière des envahisseurs au fur et à mesure de leur progression n'étaient pas plus soulagés, parce que épargnés, que ceux qui, comme Hêvê, n'avaient pas encore établi de contact avec l'armée d'Abomey. Tous étaient en alertes, prêts à porter secours éventuellement à leurs frères. Les carquois et les flèches empoisonnées étaient sortis sans parler des machettes qui n'étaient jamais remisées. Il devenait certain, mais, on s'en doutait déjà, au fur et à mesure que la soirée approchait que les soldats d'Abomey n'avait que le village de Hêvê en vue ; aucune localité ne subissait leur attaque depuis leur entrée dans la région. Mieux, les troupes évitaient soigneusement tout contact avec les zones habitées ; comme ceux de Hêvê l'avait prévu, la surprise faisait partie de la stratégie de l'assaillant qui savait par ailleurs que donner l'assaut à l'un quelconque des localités Hula détruirait l'effet de surprise sur Hêvê, et provoquerait l'intervention immédiate de tous les autres ; alors que, une fois le Sazué et le Mono franchis, il leur serait aisé de contenir l'intervention des secours situés en amont ; car, ceux - là auraient les cours d'eau à franchir à leur tour ; il n'était pas aisé de le faire tout en combattant. L'ennemi n'aurait besoin dans ce cas - là que de quelques hommes pour défendre les prises tandis que le gros des troupes poursuivraient sa marche sur la capitale ; mais il leur fallait d'abord franchir les fleuves et conquérir Hêvê !
Les anciens du village, régulièrement tenus au courant de la progression de l'ennemi, admiraient la stratégie des assaillants qui justifiaient une fois encore leur réputation d'armée redoutable ; ils souriaient cependant en songeant que la valeur de cette tactique reposait essentiellement sur l'effet de surprise escomptée.
On vit sortir trois ou quatre groupes de jeunes, armés, fébriles et déterminés ; ils allèrent se poster, bien dissimulés, dans les bois à la sortie du village à quelques mètres des rives du Sazué ; dès lors qu'on savait d'où arrivait l'assaillant, il fut aisé de se positionner pour l'attendre ; l'obscurité aidant, ces vigiles étaient assurés d'être hors de la vue de l'ennemi. Les anciens, le chef en tête, se regroupèrent sur le bord du Mono ; ils étaient sans armes ; les religieux se tenaient avec eux. Derrière, à l'écart, quelques solides gaillards armés attendaient, on aurait dit qu'ils étaient là pour assurer la protections des anciens.
Habituellement pour traverser le Sazué ou le Mono, le voyageur recourait aux services d'un passeur ; c'était plus souvent le Sazué, moins large et moins tumultueux, que l'on franchissait pour accéder à Hêvê. Une famille détenait de père en fils le monopole de cette traversée ; c'était sa profession ; le clan avait l'obligation formelle de se tenir jour et nuit à la disposition de l'usager quel qu'il soit, un devoir qui était aussi son honneur ; ces hommes s'interdisaient toute discrimination dans ce service, que le voyageur soit de Hêvê ou non, qu'il soit Hula ou non. C'était là, un des actes que depuis Tado, toutes les ethnies du golfe du Bénin considéraient, que ce soit à Abomey, Porto-Novo ou ailleurs dans l'aire qu'occupaient les migrants successifs depuis des siècles, comme un devoir qui surpassait les querelles familiales, tribales et ethniques ; une de ces obligations qui s'imposaient autant aux rois qu'aux individus. Une sorte de service minimum qui était assuré à tout être vivant quel qu'il soit. La question se posait pour savoir quelle devrait être l'attitude des passeurs si l'armée d'Abomey demandait qu'on la fasse traverser. Le chef du clan répondit sans hésiter :
- Je dois faire mon devoir...
- Si ta vie et celle des tiens n'étaient pas en danger...
- Je sais...
- Et ce sera le cas, si les troupes du roi d'Abomey devaient nous attaquer comme nous le pensons...
- Que dois - je faire ? que doit faire ma famille ? d'un côté le devoir sacré et de l'autre la survie...
- Ton devoir, bien sûr ! tu l'as dit ; le choix est simple en fait, même s'il y va de la survie de notre localité et de tout le peuple Hula...
- J'en suis conscient ...
Cette première discussion fut brève en réalité avec la famille des passeurs ; elle fut conclue sur une note insolite eu égard aux événements ; " faut il leur faire payer le passage avant ou après la traversée " demanda encore la famille embarrassée au chef du village de Hêvê !
Deux ou trois autres rencontres devaient suivre cet entretien ; elles se déroulèrent en présence des anciens, mais il fut impossible de savoir ce qui fut dit.
Un calme étrange régnait à Hêvê pendant les heures qui précédèrent la tombée de la nuit ; on savait tout le pays Hula en effervescence ; dans les villages comme dans la capitale, les hommes se tenaient prêts pour aller au combat si Hêvê ne parvenait pas à enrayer l'avance de l'ennemi ; pourtant, aucune force structurée ne vint aux côtés de ceux de Hêvê pour les renforcer ; à quoi bon en effet, les habitants, premiers concernés, ne semblaient pas envisager sérieusement de se battre ; tout au plus avait - on autorisé quelques jeunes gens bouillants d'impatience à se positionner dans les bois du coté d'où viendrait l'armée adverse ; et elle arriva.
La nuit était bien avancée quand enfin, les troupes du roi d'Abomey atteignirent les abords du village ; c'était voulu de la part de ses stratèges, l'intention était de surprendre les Popo dans leur sommeil. L'armée adverse s'arrêta à quelques centaines de mètres de la rivière Sazué - environ un Km, dit - on - dernier obstacle, mais, oh ! combien délicat à franchir.
Un groupe de soldats d'élite se détacha du reste de la troupe avec à leur tête, Kpossou1 et Gaou1, le chef des armées d'Abomey et son second. Le groupe, conduit par les deux généraux, se rendit au bord de la rivière. Un des soldats héla les passeurs qui, on le savait, attendaient nuit et jour sur l'autre rive pour répondre à l'appel d'un éventuel voyageur. Pendant ce temps Hêvê attendait, inquiet ; y savait - on que l'ennemi était aux portes du village ? sans doute oui, mais personne ne s'activait , ni dans le village ni dans les bois où les quelques hommes en arme se dissimulaient. Au bord du Sazué, il ne fut pas difficile de déceler l'accent étranger de l'appelant. Cette nuit - là, le chef de famille et son fils aîné veillaient sur la rive ; ils mirent leur pirogue à l'eau et traversèrent pour répondre à l'appel.
Les deux hommes manifestèrent leur surprise devant le nombre élevé de personnes à faire passer ; le père dit à celui qui lui semblait commander le groupe :
- Vous êtes nombreux ! Je n'ai que mon fils avec moi à cette heure - ci et une seule pirogue...
- Ca ne fait rien ! Lui répondit le soldat , ca ira comme ...
Mais le vieux ne semblait pas disposer à assurer le transfert ; il dit :
- Et puis, vous êtes les soldats d'un grand roi, le roi d'Abomey ; mon chef de village dort déjà, et tout le monde est couché ; je ne peux pas les réveiller pour qu'on vous reçoive dignement comme cela se doit ; vraiment, je suis ennuyé !
- Non, ne vous en faites pas répliqua son interlocuteur, nous avons pris du retard , voilà pourquoi nous arrivons à cette heure. Notre intention est d'attendre de l'autre coté à l'entrée de Hêvê que le jour se lève, nous transmettrons alors le message de mon roi à votre chef respecté avant de continuer notre voyage chez votre roi. Surtout, ne réveillez personne ! Mon roi me ferait exécuter s'il apprenait que j'ai troublé le sommeil de votre chef et de la population ; faites nous passer seulement , je vous promets un bon salaire, vraiment, un très grand salaire !
Le passeur marqua quelques secondes d'hésitation ; il prit ensuite un air résigné pour dire :
- Bon ! Je vais aller chez moi chercher mes aides pour vous faire traverser...
- Non ! N'en faites rien ; ne réveillez personne...
- Le fils resté silencieux jusque là intervenait alors et semblait soutenir le point de vue du soldat.
- Ecoutes, papa dit, ils ne sont pas si nombreux, en dix ou douze voyages, ce sera fait , ce n'est peut - être pas nécessaire de ...
- Il a raison, il a raison ! renchérit le général ; quelques voyages silencieux, et mes hommes et moi pourrons nous reposer de l'autre coté en attendant le lever du jour.
Le père hésitait, il semblait en proie à un trouble profond ; il regarda longuement le soldat, celui - ci soutenait son regard tout en souriant ; le passeur regarda ensuite son fils, puis brusquement, il dit :
- Bon ! On va faire ainsi, mais...
- Allons - y comme ca, je vous assure que ce sera bien ainsi, dit précipitamment le chef de l'armée craignant que le vieux ne change d'avis.
Il fut décidé que le père et le fils feront traverser les hommes d'abord, ensuite les deux généraux, qui seront ainsi les derniers à faire le voyage.
La pirogue embarqua le premier chargement de soldats avec armes et bagages ; Le père et son fils s'activèrent sur les perches et firent prendre le large à l'embarcation ; dans l'obscurité, il avait suffit de quelques mètres pour que la rive ne fut plus visible. Les piroguiers continuèrent encore quelques mètres puis s'engagèrent sur le lit du Mono en direction de Hêvê ; parvenus au milieu du fleuve, père et fils firent chavirer en experts la pirogue sans avoir échangé un seul mot ; les flots firent le reste. Les deux hommes remirent prestement l'embarcation à l'endroit et continuèrent jusqu'au village là où les anciens et tous les habitants attendaient en silence. Ils firent un rapide compte rendu aux anciens et précisèrent que tout se déroulait conformément au plan.
Les deux hommes changèrent de vêtements à l'identique après s'être consciencieusement essuyés ; pendant ce temps, deux hommes amenèrent une autre pirogue et s'assurèrent qu'elle n'était pas humide à l'intérieur. Le père et son fils reprirent les perches et conduisirent la pirogue jusqu'aux assaillants. Nouveau chargement de soldats ; nouveau chavirement au milieu du fleuve suivit du compte rendu aux anciens. Ce fut ensuite la séance d'habillage et le retour vers les guerriers avec une pirogue sèche. Ce fut ainsi que, groupe après groupe, les hommes d'élites du roi d'Abomey furent livrés au fleuve Mono, sans bruit, sans cris et avec sérénité. Restaient Kpossou et Gaou, les deux chefs de l'armée ; ils embarquèrent à leur tour dans la pirogue pour la dernière traversée ; père et fils les prirent en charge et les conduisirent sur le Mono, mais, ils ne les noyèrent pas ; l'embarcation aborda à Hêvê. En quittant la pirogue, les deux généraux se précipitèrent vers un groupe d'hommes qu'ils prenaient pour leurs soldats qui les attendraient dans l'obscurité. La méprise ne dura que quelques secondes ; très vite, ils s'aperçurent du traquenard quand ils purent voir de près ceux qui attendaient sur la rive, mais c'était trop tard. Impossible de fuir ! par où ? Certainement pas par le fleuve ; et pour aller où ? Ils tombèrent à genoux et se mirent à supplier...
On reste ébahi aujourd'hui encore par cette histoire ; on se demande, sauf à Hêvê où la sérénité est toujours de rigueur, comment une armée réputée, redoutable parce que bien structurée et bien entraînée, avait pu se laisser abattre si sereinement. Ici, la bravoure n'avait pas eu à s'exprimer ni la réputation de soldats bien organisés qu'avait l'armée du roi d'Abomey. On s'étonne que les assaillants comptaient à ce point sur la collaboration de ceux qu'ils allaient abattre pour précisément y parvenir qu'ils négligèrent de prendre des dispositions pour franchir un obstacle essentiel, qu'ils connaissaient, qu'était la traversée des cours d'eau.
Que les deux chefs de l'armée aient conduit personnellement cette campagne ne surprend pas, le pays Hula avait la réputation d'être intraitable ; les Fons s'attendaient à de très rudes combats d'où l'importance extrême qu'ils attachaient à l'effet de surprise afin de limiter les risques. Là se pose une question, celle de savoir comment cette armée espérait passer à proximité de tant de villages ennemis du pays Hula sans que les populations ne fassent savoir sa présence à ses frères. Certes, ceux de Hêvê avaient joué le jeu ; ils appréciaient les espions d'Abomey à leur juste valeur ; se sachant probablement espionnés, ils s'étaient appliqués à rester calmes et indifférants en apparence, vacant paisiblement aux exigences du quotidien, une sérénité qui avait sans doute renforcé ceux d'Abomey dans la certitude de les surprendre.
Enfin, et c'est aussi une interrogation majeure, on ne comprend pas que Kpossou et Gaou qui conduisaient le détachement de soldats d'élite aient laissé transporter ceux - ci d'abord sans prévoir de mesure de contrôle se réservant, tous les deux, pour le dernier voyage en pirogue.
Le fleuve Mono rendit quelques corps dans les jours qui suivirent, l'océan en fit autant ; on les enterra avec respect ; ne venaient - t - ils pas de Tado, le berceau commun, comme ceux de Hêvê !
Une délégation du village se rendit aussitôt dans la capitale pour annoncer que tout danger était écarté ; elle revint avec les félicitations et les bras chargés de présents.
L'histoire ne dit pas ce qu'était devenu le gros de l'armée d'Abomey qui attendait de l'autre coté du Sazué ; sans doute que les hommes, privés de leurs chefs et des meilleurs d'entre eux s'étaient dispersés dans un sauve - qui - peut discret, ne songeant qu'à leur survie. Il n'eut pas de chasse à l'homme par ceux de Hêvê ; à quoi bon ! La peur et l'incertitude sur le sort de ceux qui avaient franchi le fleuve suffisaient ; et puis, ne venaient - ils pas de Tado, eux aussi !
Cette nuit - là sur les bords du Mono, on se saisit de Kpossou et de Gaou suppliants ; il furent ligotés et conduits à la maison de Adadji2 pour attendre la suite.
Première partie : Les heures incertaines
Fin de la seconde partie. ( à suivre : Troisième partie : Les dieux ! )
1 - Kpossou et Gaou ( on peut écrire aussi Gau ) ne sont pas des noms de personnes ; ce sont des dénominations de fonctions des armées des rois d'Abomey, celle du chef d'état major et celle de son second. C'était à ces deux personnages que revenait l'organisation de l'infrastructure militaire depuis la gestion des troupes et l'armement jusqu'au recrutement et à l'entraînement des espions qui constituaient un rouage essentiel dans la politique de conquêtes des rois. C'étaient ces deux personnalités qui conduisaient , séparément ou ensemble, les campagnes militaires quand le roi ne menait pas, lui - même, les troupes au combat.
2 - Adadji eut cinq enfants, quatre filles et un garçon, Aclinou. C'est le nom de ce dernier qui est passé à la descendance sans que nous en sachions les raisons. Si le nom Aclinou est celui qui est connu aujourd'hui, comme le tronc d'où sortirent les bourgeons, notre devise est par contre celle de Adadji, la racine : " Aucune corde ne peut enserrer l'univers " ; des hommes de liberté donc. Liberté pour nous - même certes, et farouchement, mais aussi pour les autres ; c'est en ce sens qu'il nous est interdit - et cela ne souffre d'aucune exception - de piétiner qui que ce soit ou quelque créature que ce soit, pas même un lézard !
Si vous allez à Hêvê, vous y trouverez Aclinou Blainville, ( mon oncle ) le dernier fils vivant de Aclinou, né en 1913. Un respectable vieillard encore alerte, mince, un peu trop peut - être ! le regard perçant, serein, qui par moments se fixe sur le sol, longuement, on sait alors que le vieil homme se remémore les heures passées ; la tête se redresse ensuite et Blainville vous regarde comme s'il vous adressait une interrogation silencieuse, " avez - vous compris ? ", semble - t - il dire " . A Hêvê, mon cousin Aclinou Maurice , mon frère, qui veille aux cotés de l'oncle Blainville au respect des traditions familiales vous montrera peut - être, - je ne vous le garantis pas absolument - la salle où nous avons installé la galerie des portraits des disparus de la famille , vous y trouverez la photo de Aclinou notamment, mais pas celle de Adadji dont nous ne possédons aucun portrait, et pour cause ! ( Il sera nécessaire d'obtenir l'autorisation de la branche de la famille qui est installée à Cotonou à qui revient le devoir d'entretenir cette galerie ).
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