Un nuage de feu vêtu de cendre brune
Y nage comme un cygne au fond d’un soleil noir ;
Le vent gorgé de neige a passé sur la dune,
Et la campagne en deuil étend son long mouchoir.
Le ciel en est la dalle et la mer en est l’urne.
Aucun navire, aucun refuge, nul espoir.
On y entend des cris d’agonisants ; Saturne
Est un plaisir auprès de ce qu’on y peut voir …
Le rouge à l’oranger en frange se délie ;
L’émeraude au torrent des larmes s’est polie,
Et l’orbe du miroir est brisé de rayons ;
Si bien que l’on dirait, quand la nuit diminue,
Le ventre d’un vitrail devant des papillons
S’énervant de toucher, sans l’atteindre, la nue.