Centre ville anonyme, dimanche après-midi.
Milieu ou fin d'automne ? Le temps est infini.
Le gris a pris possession du décor et au-delà.
Une bruine fine et glaciale tombe sur les toits.
Elle glisse insidieusement sur la grisaille urbaine.
Tout est froid et humide ; figé, engourdi, même.
Mes pas résonnent sur les trottoirs vides,
Dans un écho si triste, qu'il est presque sordide.
Je resserre mon manteau, tout contre moi,
D'une main pressée, brusque; prise d'effroi.
Un frisson remonte soudain le long de mon dos.
Est la peur, le froid ? Est-ce le chaud ?
Je ne sais le dire ; je presse le pas, aussitôt.
Comme le reste des gens d'après l'été.
Je veux rentrer au creux de mon foyer.
Me calfeutrer, me préparer à hiberner.
Loin de cette mélancolie qui frappe l'extérieur,
Et de la tristesse qu'elle insère tout au fond de nos cœurs.