Quand ta bouche écrasait ma bouche,
quand ton corps écrasait mon corps
comme nous étions loin !
Je me souviens de tous les cris
qui ne purent franchir mes lèvres.
De l'essentiel, rien ne fut dit,
rien ne perça que cette fièvre ...
Je me souviens de tous les mots
qui volaient comme des palombes
traqués par le plomb silencieux
des anges noirs chasseurs d'icônes.
Je me souviens de nos regards
que séparait un grand mur d'ombre.
Un fleuve roulait quelque part
des pépites parmi des tombes.
Quand ta bouche écrasait ma bouche,
quand ton corps écrasait mon corps,
comme nous étions loin ...
Et voici maintenant ce que l'on nomme absence.
Mes pas ne heurtent plus les bornes de la chair
tu es mon paysage.
Tu es ma barque sur la mer
Tu es l'urgence de l'espérance
Tu es l'anneau de la fidélité
au doigt charnel de l'inconstance.
Tu es vaisseau spatial en mon éternité.
Antoinette Dard - Puech