Dans le cadre de la journée du Patrimoine, en septembre 2002, j’ai fait une visite guidée du quartier de TAMARIS PACHA, à deux pas des Sablettes et de la Seyne. Au détour d’un chemin, notre conférencière nous a indiqué l’ancien emplacement de la « Villa Tamaris », aujourd’hui disparue, que George Sand a occupée de févrierà mai 1861. Bastide au flanc de la colline, face à la baie du Lazaret, avec ses petites cabanes sur pilotis qui jalonnent toujours le parc à moules. C’est George Sand, la première, qui a fait sortir de l’ombre TAMARIS, grâce à son roman éponyme.
En effet, pour se remettre d’une mauvaise fièvre typhoïde et fuir la neige du Berry, elle a décidé, sur les conseils d’un ami, le poète toulonnais, Charles Poncy et de son fils, Maurice Sand, parti en éclaireur, de louer une petite maison de campagne au soleil.
Le roman, qui sera écrit d’après ses notes prises sur le vif, dès son retour à Nohant, paraîtra en 1862. Si je l’ai relu, c’est moins pour l’intrigue très romanesque et romantique bien dans le style du XIXème que pour la partie descriptive, jamais ennuyeuse, de lieux que que je connais bien. Mon édition, enrichie des dessins à la plume de Maurice et d’aquarelless du peintre toulonnais, Vincent Cordouan (1874), est particulièrement évocatrice.
Dès le lendemain de son installation, Georges Sand écrit à sa fille Solange :
« Nous sommes arrivés en barque, à une demi-heure de Toulon par mer, et à une heure et demie par terre... Nous sommes sur les rochers qui font la pointe méridionale extrême de la France »...
Et dès les premières pages du roman / « Ce nom de Tamaris est dû à la présence du tamarix narbonnais, qui croît sur le rivage... au printemps... son feuillage grêle se couvre de grappes d’un blanc rosé.... qui exhalent une odeur très douce ».
En fine observatrice, elle note tout : les couleurs criardes des bastides aux terrasses pavées de grands carreaux rouge étrusque, les toits de tuiles roses , les cultures de vignes basses, séparées par des plantations d’oliviers et des sillons de céréales. Forêts de pins d’Alep en larges parasols et garrigue où poussent des lentisques, des genêts épineux, des romarins, des cistes à fleurs roses, des arbousiers toujours verts. Au loin, la mer souvent claire et brillante, grise et sinistre par vent d’est et d’un bleu opaque quand le mistral souffle en rafales. Des presqu’îles très découpées, celle du Brusc, dominée par N.D du Mai et celle de St Mandrier. Des falaises à pic, « baous » tantôt bleus, tantôt rouges, selon la roche, où les asphodèles s’accrochent à d’étroites bandes de sable. Passionnée de botanique, George Sand n’en finit pas de citer les géraniums rustiques, les liserons mauves, les gigantesques euphorbes les anémones stellaires, les gentianes jaunes, les glaïeuls pourpres...
Vous pourrez enrichir votre herbier en partant sur les traces de ses promenades (celles de ses personnages), de Six-Fours à Sanary à l’ouest, jusqu’à Hyères à l’est, sans oublier les forts dont celui de Napoléon – et les îlots des Embiez.
Après la mort de George Sand, un médaillon la représentant, sera placé au fronton de la bastide. Il se trouve désormais tout près de là, au musée du fort Balaguier.
Pour en savoir plus :
1 « Tamaris « de Georges Sand / présenté par Georges Lubin (ed. de l’Aurore / 1984)
2 « Chère Georges Sand » de Jean Chalon / Flammarion « grandes biographies 1991