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CARNET
D'UN RETOUR à KARUKERA
Berthe. Adelakoun
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Moi, cinquième génération
à
Marie - Augustine, mon arrière - grand - mère,
fille de Pauline - Ernestinne,
de la classe servile...
C'est depuis le milieu des années quatre - vingt - dix que j'ai réussi, grâce aux actes notariés conservés dans la famille, aux services de l'Etat Civil et aux fonds des Archives d'Outre - mer, à réunir certaines pièces qui m'ont permis de retrouver, partiellement, mes racines antillaises... Et puis, à la fin de l'année dix - neuf - cent - quatre - vingt - dix - sept, l'idée de ce voyage en Guadeloupe - tant de fois imaginé et tant de fois remis - s'est imposée à moi comme une évidence que je ne pouvais plus différer...
... Après un vol de dix heures d'avion et une escale à Saint Martin, le bleu rayonnant de l'océan cède la place au vert sombre de la mangrove. La terre bouge et voici la piste si proche de l'aéroport du Raizet. Bientôt, je foule avec beaucoup d'émotion le sol de cette île, presque cent vingt ans après que Marie - Augustine l'ait quittée sans savoir qu'elle n'y reviendrait plus.
POINTE A PITRE
De la Darse ,je m'élance sur la Place de la Victoire et je reconnais tout: la vaste esplanade joliment dallée ,la statue du Général Frébault, les jardins bien dessinés ,les manguiers, les flamboyants et au fond le kiosque à musique rénové. A droite, voici la sous - préfecture ,restaurée après le passage du cyclone Hugo en 1989 et aussi le théâtre-cinéma Renaissance. A gauche, l'office du tourisme, de style néo - classique, la Banque de la Guadeloupe (aujourd'hui Banque des Antilles françaises) avec ses lourdes portes en fer forgé et plus loin, l'incontournable café " Le Normandie". Bordée d'élégantes maisons créoles, l'ex - place Sartine a réussi à conserver un peu de son côté vieillot qui fait toujours son charme....
Et je remonte lentement la rue Bébian (ex - rue de la Loi ), où a vécu la famille SAMIN, m'arrêtant un nombre incalculable de fois sur le chemin du passé... Tous les types de constructions voisinent: immeubles modernes à plusieurs niveaux, habitations isolées et délabrées, maisons traditionnelles avec portes cochères, étages et galetas. Les balcons en fer forgé forment de belles galeries soutenues par de fins poteaux et les bordures des toitures sont finement ciselés. Surtout, les couleurs chaudes des bois peints, vieux rose, vert d'eau, bleu lavande ou turquoise me ravissent. Douce impression de légèreté, de gaieté et d'harmonie qui fait oublier le manque d'unité de l'architecture. C'est sans illusion que je photographie le numéro 17 : une maison en bois blanc, finement décorée de bleu, sachant très bien que cette partie de la ville a presque entièrement brûlé dans l'incendie de 1899 et qu'ensuite les tremblements de terre et les cyclones ne l'ont pas épargnée. Je ferme les yeux pour ne plus voir la circulation très dense, les voitures en stationnement et la laideur des panneaux de signalisation.
C'est l'autre côté de la place Gourbeyre, ( anciennement, place de l'Eglise ), exactement rue des Abîmes qu'elle est née, le trois décembre 1851, dans la maison du sieur Belmont, où demeurait sa mère, la demoiselle Pauline - Ernestine, qui a 33 ans. Henri - Auguste Samin, son père, riche négociant Béké, qui a déjà pourtant un fils de Pauline - Léonce, ( né vers 1838 ), ne reconnaîtra la petite fille que trois ans après sa naissance. Cependant, cet homme dont je ne sais pas grand - chose, restera célibataire et accueillera la mère de ses enfants, qui mourra chez lui en 1860.
C'est en tout cas à cet endroit, sur un terrain acheté en 1853, que Samin a fait construire un immeuble imposant, avec sa façade principale sur la rue de la Loi et l'autre sur la rue Royale, chacune de dix mètres. A l'intérieur de cet espace, profond de quarante mètres, on trouvait deux corps de logis en forme d'appentis en bois, recouverts de zinc sur la partie Est, avec plusieurs dépendances. La demeure est richement meublé : lits bateau, tables en bois de mahogany, canapé et glaces à contour doré, consoles, guéridons, dessertes, berceuses en bois de palissandre. Surtout, un piano secrétaire et une bibliothèque aux beaux livres reliés en cuir, aux chiffres H. S. - dont l'uvre de Chateaubriand en douze tomes - témoignent du niveau culturel de la famille et de la bonne éducation qui sera dispensée à Marie - Augustine.
Mes pas me portent ensuite sur la gauche, vers l'église Saint Pierre et Saint Paul, en face du Palais de Justice et d'un petit marché aux fleurs. Rien n'a changé depuis sa construction en 1849 ; la façade maçonnée, de couleur ocre, est imposante et je gravis quelques marches pour accéder à l'entrée principale L'intérieur est original : la hauteur considérable assure ventilation et éclairage mais ce qui me frappe c'est la structure métallique et antisismique qui soutient, tel un échafaudage intérieur, d'une part la toiture et d'autre part les colonnes, sur les deux côtés de la nef Plongée dans mes méditations, je m'assieds sur un banc tandis que retentissent les orgues (ou bien ai - je rêvé ?) très certainement comme le 14 février 1874 pour la messe de mariage de Marie - Augustine - Samin et de Victor - Soulary originaire de Toulon, officier de marine en mission en Guadeloupe. Je m'approche alors de l'autel - ce n'est pas dans mes habitudes, - pour faire brûler un cierge ,en mémoire du passé et pour éclairer le présent de notre famille...; Depuis ces lieux m'habitent.
Quant à ma Marie - Augustine, après avoir eu un fils Henry en 1874, elle mourra prématurément à l'âge de 27 ans, à Toulon en donnant naissance à ma grand - mère, en 1879...
VISITE AU CIMETIERE
Il fait déjà chaud au début de cette matinée quand nous remontons d'un pas rapide la rue Bébian. Sur le boulevard Hanne, nous longeons le nouveau quartier de la Mairie et de la Poste. Par le Faubourg Frébault (prolongation de la rue du même nom) nous arrivons au boulevard Hégésippe Légitimus où un buste perpétue le souvenir de ce premier député noir. Sur la gauche, entouré de la rue Martin Luther King et de la rue Youri Gagarine , voici le Cimetière central, officiellement créé en 1807 , sur le morne Miguel, au nord-ouest de la ville. De hautes murailles le ceinturent et les diverses entrées, fermées par des grilles nous donnent une petite idée de sa superficie. Ce n'est pas sans appréhension que nous pénétrons dans cette vaste enceinte. Comment l'explorer? Nous hésitons ...Une femme âgée, qui se recueille sur une tombe, nous en indique les parties les plus anciennes, à l'est, ce que nous confirme un artisan maçon occupé à une restauration, un peu plus loin. Quant au gardien qui arrive, et vers lequel va tout notre espoir, il ne peut malheureusement pas situer le lot numéro 44, acheté par Henry Samin en 1859... Je regrette, à cet instant-là de n'avoir pas fait auparavant des recherches approfondies au cadastre ,soit à la Mairie ici, soit aux Archives... Et nous nous engageons donc, chacune de notre côté, au hasard, le long d'allées peu ou pas tracées, à travers l'entremêlement des pierres tombales, souvent en très mauvais état, en déséquilibre par rapport au niveau du sol, ou en partie recouvertes de sable. De vastes caveaux de notables aux épitaphes à demi effacées, côtoient de modestes carrés de pierres anonymes ou de simples tumulus de terre bien plus récents.
...Quand nous nous rejoignons avec Domi, un sentiment de sérénité nous a peu à peu gagnées, d'autant que des fleurs séchées et flétries et quantités de petites bougies consumées attestent que les sépultures, dans l'ensemble, ne sont pas abandonnées. Cependant, à force de vouloir tout déchiffrer pour repérer la tombe des SAMIN, notre vigilance a diminué et notre attention aussi. Chapeau et lunettes ne nous protègent plus assez du soleil La chaleur, qui devient écrasante, nous contraint à cesser notre incroyable quête...Nous nous en allons, non sans amertume, mais au fond du cur, je ne sais quel sentiment d'éternité
BASSE-TERRE
De Pointe à Pitre à Basse-Terre la route suit la côte par Petit - Bourg, Goyave, Capesterre, pour plonger, après le col de Gourbeyre, sur une paisible petite ville de 16000 habitants qui s'alanguit dans une étroite plaine littorale dominée par l'amphithéâtre des monts Caraïbes et l'imposant massif de la Soufrière.
C'est ici qu'est né le 1er mars 1808, dans le quartier commerçant de Saint - François, mon arrière - arrière grand père, de Reine Permechaix et de Jean - Auguste Samin. Il est déclaré à l'état - civil au quartier de Gué - Dessus (peut-être près de la Rivière aux Herbes?) par son père, négociant, comme le sont les deux amis qui signent avec lui l'acte d'état de naissance. Cette branche de la famille Samin serait venue de Bordeaux, mais j'ignore tout: pourquoi mes lointains ancêtres se sont-ils expatriés? quand sont-ils arrivés sur l'île?
Nous saluons la statue de Victor Schoelcher, sur la place de la Liberté, puis la rue du Cours Nolivos nous conduit jusqu'à la cathédrale, malheureusement fermée. Comment ne pas se souvenir que c'est sur le cours Nolivos (aujourd'hui disparu) qu'a été pendue le 19 novembre, la mulâtresse Solitude, héroïne de l'insurrection de mai 1802? Retrouvée grièvement blessée à la Matouba et emprisonnée, elle aura un sursis jusqu'à la naissance de son enfant, la veille de son exécution...
Après le pont sur la Rivière aux Herbes, voici la place du Soldeur, au nom tristement évocateur. C'est à cet endroit ,en effet, qu'ont été vendus aux enchères, à "l'encan", pendant des siècles, les Nègres amenés d'Afrique par troupeaux entiers comme des bêtes de somme. C'est là sans doute, qu'ont été débarqués, humiliés et impuissants, les aïeux de Pauline - Ernestine., elle-même née à Basse-Terre, le 4 février 1818, de la demoiselle Marie-Antoinette...Quelle histoire dramatique ont-ils tous vécue? De quel coin d'Afrique sont-ils partis? Je m'interroge...et garde au fond de moi le souvenir intact de ma visite à Gorée, en février 1995, et de mon trouble si fort que je n'ai pu prendre une seule photo de la Maison des ESCLAVES...
Aux ARCHIVES DE GOURBEYRE
Dès le lendemain de notre installation à Trois-Rivières à la pointe sud de la Basse-Terre nous avons hâte de nous y rendre
Nous remontons jusqu'à Dolé pour rejoindre la Nationale 1 puis le bourg de Gourbeyre (anciennement Dôs-d'âne), du nom du Gouverneur dont le comportement héroïque, pendant le tremblement de terre de 1843 à Pointe à Pitre, n'a pas été oublié. La commune, entourée de collines à la végétation tropicale, domine la mer. Nous redescendons vers Saint - Charles à travers ravines et vallées profondes pour aboutir après quelques kilomètres, aux Archives départementales de la Guadeloupe. Le bâtiment, niché dans un creux entre les montagnes (morne Grand - Vôute, morne Cadet et tout proche, morne Houelmont) est récent, à la fois moderne et sans caractère.
Comme aux Archives d'outre-mer d'Aix-en-Provence, même vérification d'identité, fiche de renseignement et nous déposons nos sacs dans des casiers fermés à clef.
Notre premier soin est de faire mettre à notre disposition les sept registres d'état - civil de la Basse-Terre, paroisse de Saint - François, de 1670 à 1822. Rapidement, je retrouve, à la date du 1er mars 1808, la naissance d'Henry-Auguste Samin, ce qui ne m'apprend rien de nouveau. Avec Domi, nous nous partageons le travail qui est colossal: je vais rechercher la trace du mariage des parents d'Auguste, Jean-
Auguste Samin et Reine Permechaix (avant 1808) et elle, la naissance de Pauline-Ernestine (en 1818). Les difficultés sont innombrables: listes incomplètes, en désordre et mal classées sans compter le peu de lisibilité de l'écriture. Registre après registre, je remonte le fil du temps jusqu'à la Révolution, tandis que Domi relève méticuleusement toutes les "Pauline". Elles sont nombreuses. On sait que les esclaves n'avaient pas de nom, mais des prénoms qui allaient des morts aux vivants, selon un système de fichier perpétuel! Elle note une seule fois Pauline-Ernestine (mais en 1820) Nous échangeons nos réflexions et nos hypothèses se bousculent...Y a-t-il eu une erreur sur la date de naissance de Pauline-Ernestine quand son fils Léonce déclarera, en 1860, son décès?...Et les parents Samin se sont peut-être mariés ailleurs qu'à Saint - François?... Nous continuons à feuilleter et à fouiller. Certaines pages nous troublent: celles concernant les longues listes des décès, à chaque épidémie, de choléra et où sont répertoriés les affranchissements
des "Nègres", qui vont faire d'eux des hommes libres. Domi est bouleversée...et nous partageons la même émotion.
Le temps passe et nous n'avons pas de résultat. En faisant le tour de la salle, je repère sur un rayon une vingtaine de volumes de "L'annuaire de la Guadeloupe" qui couvrent à peu près 100 ans, à partir de la Révolution. Mais la série est incomplète et les volumes qui manquent sont justement ceux qui m'auraient le plus intéressée!...Pourtant, je lis un peu au hasard une foule de détails sur l'organisation de la vie de la colonie: la police, la marine les chambres de commerce, mais nulle part ne figure le nom de la famille Samin. Maigre consolation : Maître Johanneton était bien notaire à Pointe à Pitre et A. Thionville officier d'état civil pour les événements qui me concernent et les actes qu'ils ont dressés.
Nous consultons enfin dans un dernier effort deux journaux:" La Gazette officielle de la Guadeloupe" et "L'avenir de la Pointe à Pitre" pour les années 1874 et 1875.La lecture des microfilms se révèle pénible et vaine. Il faut ajouter que le peu d'enthousiasme de la responsable de l'accueil et la mauvaise humeur du préposé à la recherche des documents, ne nous a pas facilité la tâche!
Notre déception est réelle quand nous quittons ce lieu. Il est 16 heures et nous n'avons ni mangé ni bu depuis le matin ! Domi, précieuse collaboratrice, est prête à revenir; moi pas...
Le temps est sombre, l'averse qui menace au-dessus du morne des Palmistes, va - t - elle tomber?
UN SCENARIO POUR LA LIBERTE
C'est aussi à Trois-Rivières, exactement au Grand - Anse Hôtel, que nous avons rencontré, de façon fortuite, le cinéaste guadeloupéen Christian LARA. LA sympathie est immédiate et le film qu'il tourne si proche de mes préoccupations!(1)
Un peu plus tard, c'est l'équipe entière qui nous accueille sur la plage de sable noir qui a longtemps été la seule zone sûre de débarquement de la côte au vent. Pendant que les chevaux galopent au bord de l'eau et que les cameramen s'installent, il se confie volontiers: "J'ai toujours rêvé de faire ce film. C'est un devoir de mémoire: ne pas oublier le passé et nos glorieux ancêtres". Et le cinéaste explique que son arrière-grand-père, Moïse, était esclave. Charpentier, il a été affranchi en 1843, cinq ans avant l'abolition. Son fils, typographe et autodidacte, fonda, avec un fils de libre, " Le Progrès social " (nous en avons vu la plaque - souvenir, rue Schoelcher à Pointe à Pitre). Il fut le premier historien nègre de la Guadeloupe. Et Christian Lara, comme son grand-père, devint d'abord journaliste: " Mais, mon pays avait plus besoin de l'image que de l'écrit car dans notre civilisation antillaise la transmission qui est orale se fait par l'image qui met en jeu la mémoire visuelle. C'est pourquoi je suis devenu cinéaste".
Ainsi
donc, le film "SUCRE AMER
", sous-titré "
Le procès d'Ignace
", relate un procès
intemporel qui se tiendrait
devant le tribunal de
l'histoire, où
comparaît Ignace.
Esclave affranchi, il est
devenu commandant dans
l'armée
française pour
s'être battu pour la
France contre les Anglais.
Mais en 1802, il rejoint
l'insurrection contre le
rétablissement de
l'esclavage, supprimé
une première fois par
la Convention, en 1794.Tandis
que DELGRES, fidèle
à son serment "
Vivre libre ou mourir
", fait sauter l'Habitation Danglemont, où il est réfugié avec 300 compagnons, hommes, femmes et enfants, IGNACE est tué en tentant une sortie du fort Saint Charles.
Le procès s'ouvre: Ignace est accusé de haute trahison, mais la Défense invoque le Droit d'Ingérence. A la barre sont appelés les témoins du passé: Schoelcher, Joséphine... Une réhabilitation est-elle possible?
Coproduction franco - québécoise, le film* a pu se faire grâce à la détermination du Conseil Régional de Guadeloupe. Mais que penser de l'absence de la T.V. française et surtout du motif qu'aurait avancé T F 1, selon lequel le public français ne serait pas prêt pour voir des héros Noirs?
A la veille du 150ème anniversaire de l'Abolition de l'esclavage et du 50ème anniversaire de la Déclaration Universelle, ce film qui nous parle de tolérance, de liberté et de droits de l'homme, est d'actualité.
* Fiction 35mm 1h3 1997(1) Evasion-Mag avril-mai 1997 /D.Delaye
.... Ne rencontre-t-on pas toujours ce que l'on porte en soi? J'en suis intimement persuadée car je n'ai eu de cesse d'être interpellée, du début à la fin de mon séjour, par des endroits, des événements et des gens en rapport avec la conquête de cette île à sucre à l'histoire de la société esclavagiste, avant et après l'Abolition.
Du site de la Matouba sur les pentes de la Soufrière, au Musée Schoelcher; des rues de Pointe à Pitre à celles de Basse-Terre; en passant par la rencontre étonnante avec Christian Lara et la journée de tournage sur la plage de Grande - Anse, ce sont DELGRES, IGNACE la mulâtresse SOLITUDE, PAULINE-ERNESTINE bien sûr, et d'autres encore qui m'ont accompagnée dans ce voyage chargé d'émotion dont je garderai précieusement le souvenir...
Et je comprends mieux cette partie de moi-même reliée au monde Noir, même si mes recherches ne sont pas achevées.
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T. LANDRY
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