Mes
échanges avec le chef
du village se
déroulaient chez lui en
général, et plus
rarement dans notre base -
vie. Je ne le voyais jamais en
ville; ce n'était pas
délibéré
; cela ne nous était
pas arrivé tout
simplement. Une fois
cependant, j'étais
tombé sur mon
déjà vieil ami
dans Kouti ; ce fut au cours
de l'une de mes promenades
vespérales dans les
rues. Cela se passait un jour
férié que
j'avais mis à profit
pour goûter aux joies de
la grâce matinée.
J'avais lambiné
jusqu'au milieu de
l'après - midi avant de
sortir pour sentir vivre le
village. Le chef était
installé sur un banc le
long d'une palissade, et il
devisait avec deux autres
personnes ; elles
étaient au moins aussi
âgées que lui. Au
moment où je
m'avançais pour saluer
respectueusement le trio, je
vis arriver le jeune
garçon vers moi au pas
de course. Il m'avait rejoint
; et c'est ensemble que nous
adressâmes nos respects
à la vieille
génération.
J'eus l'impression que les
regards cherchaient en moi ou
autour de moi, quelque chose
que je ne saurais
définir. Ce
n'était pas la
première fois que ce
sentiment m'envahissait en
présence des habitants
de Kouti ; plus
particulièrement, en
présence des personnes
d'un certain âge. Je
vivais cette sensation comme
une sorte d'examen dans lequel
je tenais la place du candidat
sans connaître l'objet
de l'épreuve ni son
contenu.
Cet
après - midi -
là, mon impression
s'effaça rapidement
face aux trois sourires qui
nous accueillaient, mon jeune
ami et moi. L'un des
compagnons du vieux s'informa
sur la progression des
chantiers dès que nous
fûmes à
côté d'eux
:
"
- ça pousse ? " me
demanda - t -
il.
Les
trois compères
éclatèrent de
rire ; je fis de même en
guise de réponse.
Anani, c'est le nom du vieil
homme, considéra son
neveu avec
intérêt. Il lui
demanda sur le mode jovial
:
"
- alors, tu as fait tes
achats? "
Puis,
sans attendre la
réponse, il ajoutait
à mon intention
:
"
- et vous, monsieur Richard?
"
Il
faisait allusion à la
recherche du fondement
culturel dans lequel il avait
engagé son neveu en ma
présence ; mais ses
compagnons devaient l'ignorer.
Je lui dis, en guise de
réponse pour ma part,
qu'il pouvait m'appeler
Richard, tout
simplement.
"
- Je sais. "
Rétorqua - t - il avec
le sourire.
Ses
amis l'observaient avec
curiosité. Ils
s'interrogeaient ; se
demandant sans doute, quelles
sortes d'emplettes pouvaient
réunir le jeune
garçon et moi. Il ne
m'appartenait pas de leur
apprendre que le vieil homme
poursuivait une discussion qui
avait commencé un soir
chez lui entre nous trois.
L'un des compagnons affirma,
en portant le regard dans le
lointain :
"
- le marché doit
être désert
maintenant.
"
Il
prenait part à
l'échange en ramenant
les propos du vieil homme aux
banalités usuelles. Je
ne fus pas surpris que mon ami
le laissa faire. Je pensais
qu'il avait probablement
l'habitude de conduire une
discussion avec plusieurs
personnes à la fois, et
sur des thèmes
différents ; chacun des
protagonistes n'étant
conscient que de celui qui le
concernait sans se douter que
les autres traitaient de
sujets différents. Seul
le vieillard, meneur du jeu,
tenait l'ensemble des
fils.
Ce
jour - là,
c'était une
réflexion que se
faisait le compagnon de mon
hôte ; plutôt
qu'une information à
mon usage. Sans tourner la
tête vers moi, il ajouta
comme un conseil
;
"
c'est à Cotonou qu'il
faut aller.
"
J'avais
cru bon de dire que je m'y
étais rendu
déjà ; et cela,
à plusieurs reprises.
Les trois compères
tournèrent la
tête vers moi dans un
mouvement parfaitement
synchronisé ; mon vieil
ami observa :
"
- on trouve de tout sur ce
marché ; n'est - ce
pas? "
J'avais
souri à ces mots ;
sachant que le propos portait
sur deux domaines distincts ;
l'un était à
l'usage de ses amis, tandis
que l'autre était un
clin d'il en direction
de Kuashi et de moi -
même. Il regarda
à nouveau ailleurs ;
puis, il dit encore avec une
lenteur qui trahissait la
lassitude :
"
- mais il y a trop de
monde. "
Du
marché, la conversation
était revenue sur le
village de Kouti. L'un des
compagnons de mon ami
m'apprenait que bientôt,
ce serait la fête du
pays.
Je
savais déjà que
plusieurs manifestations
avaient lieu dans la
localité chaque
année. Certaines de ces
cérémonies
n'étaient l'occasion
d'aucune réjouissance
populaire. D'autres par
contre, donnaient lieu
à un défoulement
collectif pour les habitants
du village ; elles attiraient
également ceux des
localités
voisines.
On
m'avait dit que tout
divertissement était
fortement
déconseillé pour
les premières. Pendant
les périodes où
celles - ci avaient lieu, il
était peu
recommandé, voire
interdit, de
célébrer quelque
événement joyeux
que ce soit. Même les
funérailles devaient se
dérouler
discrètement dans ces
moments - là. Les
familles s'obligeaient alors
à limiter les
manifestations qui suivaient
d'ordinaire les enterrements
aux seules réceptions
qui étaient
convenables. Elles
dérogeaient pendant ces
périodes à la
tradition qui voulait que la
musique et les chants
accompagnent le défunt
à sa dernière
demeure.
"
Que risquait - on? "
demandai - je une fois
à l'horloger ; "
rien sans doute ; "
répondit - il avec
le sourire et un regard
entendu avant d'ajouter : "
c'est la tradition ; c'est
tout. "
Les
fêtes " tristes "
avaient lieu, m'avait - on
assuré, durant les
périodes où les
prêtres des
différentes
divinités
procédaient à
l'initiation des adeptes. Il
fallait préparer ceux
et celles qui étaient
destinés à
assurer la relève des
servants dans l'office du
vaudou dont ces prêtres
étaient les officiants.
Cela m'étonnait
d'autant que je n'avais jamais
observé de
manifestations religieuses
dans les rues, telles que les
prières publiques ou
autres messes ; secret ou
silence? Le vieux se contenta
de sourire quand je lui avais
posé la question. Il me
semblait, mais la
discrétion était
totale sur le sujet, que les
féticheurs
s'entendaient pour regrouper
les dites
cérémonies dans
une même période
de l'année ; ce qui
permettait d'en limiter la
durée. Ces retraites
prenaient deux à trois
semaines
généralement, au
cours desquelles rien de
notable ne transparaissait
publiquement. Parfois, mais la
chose se produisait rarement,
nous voyions quelques
processions de novices
à travers les rues du
village pendant ces sessions.
C'était le plus
souvent, au mois de janvier ou
de février. Une
période de
l'année pendant
laquelle le soleil est avare
de ses rayons. Le temps se
mettait alors au gris ; une
sorte d'hiver sous d'autres
cieux, mais sans les frimas
habituels. Je me disais que
même le ciel faisait
grise mine pour être en
harmonie avec les exigences
culturelles.
La
discrétion jouait
également pour ce qui
m'apparut comme une
organisation de protection de
la communauté
autochtone ; il existait en
effet un groupe - les "
Zangbétos, "
littéralement : " les
hommes de la nuit "
qu'on ne voyait défiler
qu'exceptionnellement dans la
journée, et que je
n'avais jamais aperçut
la nuit non plus,
malgré leur
dénomination. Les
membres du groupe sont
entièrement
dissimulés sous un
habit fait de raphia ; aucune
partie de leur corps
n'était donc visible ;
on ignorait ainsi leur
identité. Les
Zangbétos ne
sortiraient que la nuit ; je
crus comprendre qu'il s'agit
en fait, d'une
confrérie dont le
rôle est de
protéger les personnes
et leurs biens ; une police
nocturne donc ; mais que les
masses populaires percevaient
sous un jour religieux. Je
trouvais remarquable que la
seule arme dont elle disposait
était la crainte
qu'elle inspirait. Les parents
utilisaient cette frayeur pour
dissuader leurs jeunes enfants
de s'attarder dans les rues du
village pendant la
nuit.
Après
l'initiation, nous avions
droit, chaque année,
aux fêtes qui
étaient propres
à chaque Esprit ;
chaque dieu était
célébré.
On assistait alors à
des processions à
travers les villages. Ces
manifestations religieuses
étaient joyeuses ou
inquiétantes, selon la
réputation qui
était faite à
l'Esprit qu'on
célébrait. Les
badauds étaient alors
enthousiastes ou circonspects,
voire franchement
affolés, quand il
s'agissait de divinités
dont la renommée
était plus terrifiante.
C'était
également dans ces
périodes - là
qu'on pouvait assister aux
phénomènes de
possession et autres
transes.
Une autre fête, plus
populaire et plus exaltante
celle - là, avait lieu
le dimanche le plus proche de
la saint Joseph, le 19 mars ;
c'est le saint patron du
village ; il l'était
également pour
plusieurs autres
localités des environs.
Je compris rapidement que plus
que la localité,
c'était l'ethnie
dominante de la région
qui se confiait au saint. Il
est évident que cette
institution n'existait que
depuis la colonisation et
l'introduction du
christianisme dans le pays.
Personne n'avait su me dire
comment le saint fut choisi.
Ce jour - là, tous les
Joseph du coin se rendaient
volontiers à la messe.
Mais c'était surtout
une fête populaire. Elle
donnait lieu à une
multitude de
réjouissances ; tout le
monde y prenait part,
chrétiens et non
chrétiens. En
réalité, tous
adhéraient peu ou prou,
à la foi
chrétienne ; sans
doute, parce que nul n'y
trouvait de contradictions
fondamentales avec les
convictions ancestrales. Ou
bien alors, plus
prosaïquement, parce
qu'on pensait que deux
assurances valaient mieux
qu'une. " De toutes
façons, Dieu
reconnaîtra les siens "
; m'avait
déclamé
l'horloger avec un
détachement qui voulait
masquer l'ironie du propos
dans les circonstances
locales.
L'enthousiasme
des habitants pendant cette
fête m'avait surpris. Je
m'attendais certes, à
des jubilations intempestives
; mais j'étais loin de
prévoir la ferveur de
la foule. Je m'étais
rendu compte peu à peu,
que loin d'être une
fête purement religieuse
ou simplement l'occasion d'un
défoulement collectif,
le jour de saint Joseph
était
considéré comme
un moment de retrouvailles
pour l'ensemble de l'ethnie.
C'était le cas à
Kouti ; ça
l'était
également à
travers tout le pays ;
là où l'effectif
de la communauté
était suffisant pour
permettre la constitution de
confréries ethniques.
En dehors de Kouti et de sa
région, cette
fête exprimait le besoin
de toute communauté de
se compter par intervalles ;
sans doute pour se rassurer
sur son existence en tant
qu'entité vivante ayant
sa
personnalité.
On commençait les
préparatifs plusieurs
mois à l'avance par des
réunions nocturnes. La
soirée était en
effet, le seul moment
où tout le monde
pouvait prendre part aux
assemblées sans pour
autant perturber les
activités de chacun.
Les participants
s'exerçaient pendant
ces séances ; ils
apprenaient les chants et les
danses qui étaient
offerts aux spectateurs, le
jour venu. Chaque groupe
choisissait son
répertoire et
désignait ceux qui
allaient les
exécuter.
Les
enfants bénissaient
cette période de
l'année ; car
c'était pour eux
l'occasion de veillées
tardives. Quand arrivait enfin
le grand jour, nous assistions
à ce qui pourrait
passer pour un carnaval ;
autant dire que c'était
une débauche de
couleurs qui
déferlaient dans les
rues poussiéreuses. Une
compétition
acharnée se manifestait
entre les différents
groupes d'acteurs pour la
conquête des faveurs du
public.
On
murmurait que
l'adversité la plus
redoutable venait des autres
ethnies, qui, par
l'intermédiaire de
leurs sorciers, faiseurs de
pluie, chercheraient à
ternir l'éclat de la
fête. J'avais
supposé, mais sans m'en
ouvrir à qui que ce
soit, que l'inverse devait
être vrai
également. Mes amis
chercheraient eux aussi, sans
doute, à perturber les
fêtes des autres
ethnies. Tout ceci me
paraissait bon enfant.
Cependant, des rumeurs plus
inquiétantes
circulaient également
pendant ces périodes
où les
préparatifs de la
fête occupaient les
esprits. Elles portaient sur
les risques qu'encourraient
les chanteurs les plus en vue.
L'ennemie pourrait tenter de
les éliminer
physiquement par
empoisonnement, avant ou bien
pendant les festivités
; et ce n'étaient pas
uniquement les
éléments des
tribus adverses qui seraient
seuls en cause. Je retrouvais
dans cette ambiance de
suspicion, les frictions qui
apparaissent dans tout groupe
d'humains dès l'instant
où des
intérêts,
même mineurs, sont en
jeu. Là, comme
ailleurs, ces problèmes
traduisaient les colorations
qu'imprime la culture
indigène aux
inquiétudes de
l'homme.
Je
savais donc cet après -
midi - là que la saison
des rumeurs approchait. Mes
trois interlocuteurs
insistaient sur l'importance
que revêtait cette
fête pour le village,
mais plus encore, pour le
groupe ethnique majoritaire
dont ils faisaient parti. Mon
ami Anani ajouta qu'il
consacrait cette
période de
l'année à des
retrouvailles familiales
depuis que le monde avait
éclaté en de
multiples compartiments. Je
compris qu'il faisait allusion
à
l'éparpillement des
groupes ethniques à
travers le pays, et même
dans divers Etats
étrangers. Il se
rendait à cette
occasion, chez les membres de
sa famille qui
résidaient dans les
villages environnants. Cette
fois - là, il
m'invitait à
l'accompagner le moment venu,
si je le souhaitais. J'avais
d'abord cru que je devais
cette invitation à la
commodité de
déplacement qu'offrait
mon véhicule " tous -
terrains, " bien pratique,
pour circuler sur les mauvais
chemins de brousse ; je me
trompais. J'eus honte d'avoir
supposé que sa
proposition était
intéressée. Il
préféra, en
effet, que nous fassions
l'excursion à pied.
Kuashi viendrait avec
nous.
J'étais
intrigué par le souhait
de se déplacer à
pieds qu'exprimait mon ami ;
car, je ne voyais pas
l'intérêt de ce
mode de locomotion pour
effectuer ces visites. Aucune
forme de tourisme ne pouvait
le justifier ; la
région ne
présentant pas un
attrait touristique
particulier à mon avis.
C'est une plaine
parsemée de marais. Les
champs qu'on y trouvait
étaient mal
cultivés ; à
moins que ce ne fût
l'inadaptation des
espèces qui
étaient plantées
- pour les besoins
alimentaires locaux - à
la nature géologique
des sols.
On
trouvait des restes de
forêts par endroits ;
mais ces zones boisées
étaient peu fournies.
Elles avaient cessé
depuis longtemps
d'impressionner par leur
densité. La luxuriance
de la végétation
ne suffisait pas à
faire disparaître
l'impression de monotonie qui
prévalait quand on
traversait ces régions.
Je n'étais pas inquiet
; j'étais seulement
intrigué. Je me
demandais quelle surprise
Anani me réservait.
J'avais rencontré son
petit neveu à plusieurs
reprises dans les jours qui
avaient suivi l'invitation. Il
attendait avec impatience, que
vienne le moment de ce voyage.
Je compris que sa joie tenait
autant à l'idée
de revoir des personnes qu'il
affectionnait, qu'au fait que
je serais, avec son grand -
père et lui -
même, pour effectuer
cette visite
familiale.
L'horloger
ne m'avait pas
éclairé
davantage, quand je lui fis
part du projet et du moyen de
locomotion que le vieux avait
retenu. Il me dit simplement
:
"
- tu sais dans le temps,
nos pieds étaient notre
seul moyen de
déplacement. Les
chevaux, les ânes et
autres chameaux, ne sont pas
des animaux que l'on rencontre
dans nos régions. On
oublie trop facilement que
nous sommes des peuples de la
forêt. Bien sûr,
les rivières
étaient mises à
contribution avec les
pirogues, quand cela
était possible ; mais
ce n'était pas toujours
le cas. Tout cela est fini
maintenant."
Il
se tut. Après un long
silence pendant lequel son
sourire ne l'avait pas
quitté, il conclut
:
"
- le vieux a peut -
être envie de revivre le
passé ; tu verras, ce
sont des gens très
gentils. "
Ce
vendredi - là, j'avais
regagné Kouti
après une
journée de travail
particulièrement
éprouvante ;
j'étais harassé.
Depuis plusieurs semaines,
nous avions
accéléré
le rythme des travaux sur les
chantiers. Nous étions
alors dans la phase de montage
des usines, avec tout ce que
cela comportait d'essais et de
mise en conformité. En
général, le
village était
déjà
plongé dans
l'obscurité quand j'y
revenais le soir ; je prenais
une douche bienfaisante avant
de sombrer dans un profond
sommeil qui durait toute la
nuit. J'avais envisagé
de me rendre en ville cette
fin de semaine - là ;
et donc, de ne pas me
présenter sur le
chantier le samedi
contrairement à mon
habitude. En franchissant la
porte de l'enclos qui
protégeait notre
demeure des regards
indiscrets, je vis mes deux
amis, Anani et son neveu, qui
m'attendaient. Ils
étaient assis sur
l'unique banc que nous avions
bricolé et
installé dans la cour.
Kuashi se leva et vint
à ma rencontre ; il
souriait
généreusement.
De loin, son grand -
père me lança
sur un ton vigoureux
:
"
- alors, pas trop
fatigué?
"
A
ces mots, je pressentis que le
voyage qu'il avait
programmé aurait lieu
bientôt. Je
répondis à son
accueil ; je lui dis
:
"
- non, ça peut encore
aller ; bientôt, nous
aurons terminé la
partie la plus fatigante du
programme.
"
Il
enchaîna aussitôt
:
"
- ensuite, ce sera à
nous de prendre la
relève.
"
Il
parlait de l'exploitation des
installations ; je l'avais
approuvé ; je lui dis
:
"
- Tout - à - fait ;
"
il
m'informa, comme je le
pressentais, que la visite
à ses parents aurait
lieu le dimanche suivant si
j'étais disponible. Il
ajouta que si j'avais trop de
travail ou bien si je me
sentais trop fatigué,
nous pouvions attendre pour
effectuer le
déplacement un peu plus
tard. Je n'avais pas voulu
qu'il modifie ses projets ;
nous nous étions mis
d'accord pour le
dimanche.