Depuis la source mince et jusqu’au lac énorme
Que boivent à longs traits les chênes précieux,
La feuille au limbe d’or, telle un astre difforme,
Chavire et se promène à la porte des cieux.
Ni des grèves le sable où brûle le soleil,
Ni des fraîches forêts les gerbes métalliques,
Ni l’herbe, ni la fleur, ni le bouquet vermeil
Ne troublent son sillage aux charmes italiques.
Dans la courbe neigeuse et douce de ses flancs,
Que berce mollement le vent de ses bras blancs,
Reste un peu de rosée ardente et parfumée ;
Et l’on dirait ainsi la gorge d’un flamant,
Muette au bord des eaux comme du firmament,
L’étoile paresseuse et la verte fumée.