La souffrance des êtres te chavire le cœur
Particulièrement quand tu en es l’auteur.
Dès lors, ton obsession sera de réparer
Ce que tu as, chez l’autre, à tort, détérioré.
Même sans intention, elle semble insupportable.
La douleur qui se tait te désigne coupable,
Invite en ton âme un être destructeur
Qui grignote ta vie, ennemi intérieur.
Comment peux-tu agir pour trouver une place,
Sans écraser les pieds de tout homme qui passe ?
Comment trouver la paix, te supporter toi-même,
Sans créer le chaos auprès de qui tu aimes.
Tu imagines ainsi qu’il te faudrait tirer
Le rideau d’une vie que le ciel t’a donnée.
Seul moyen peut-être de calmer la tempête
Et de tuer l’animal, de supprimer la bête ;
Tu rêves encore souvent d’amour et d’harmonie
Où chacun d’entre nous invente un univers.
Sans ôter à tes songes un soupçon d’utopie,
Il te faut travailler pour éloigner l’enfer,
Alors ton existence parfois si misérable,
Du lointain paradis, donnera la saveur.
Ton passage sur terre deviendra supportable,
Le temps s’éclairera d’un tableau de couleurs.