Hérodote et Plutarque ont parlé d'un oiseau
Qui, venu d'Éthiopie en Égypte fertile,
Se levait chaque jour à l'heure qui rutile
Et suivait le soleil qui surgissait des eaux.
Le Nil bleu lui donnait brindilles et roseaux
Pour parfumer son nid d'une senteur subtile ;
Quand la nuit appelait, l'orgueilleux volatile,
Dans sa propre chaleur, brûlait doloroso.
Mais un fluide éternel, soufre rouge et mercure,
Remplaçait par magie aveuglante et obscure
Le sang de cet oiseau qu'on appelait Phénix.
Bientôt régénéré dans d'alchimiques teintes,
Cornaline de feu parmi le noir onyx,