Toute la douleur du monde
Coule le long du Styx.
Et le passeur,
Seul,
Pleure,
Sous son masque mortuaire.
Ses larmes tombent
Sur sa bien aimée.
Les souvenirs meurent
Ecrasés contre les cascades.
Et le passeur,
Seul,
Pleure.
Ses passagers,
Aveugles et sourds,
Se jettent en enfer
Et demeurent à jamais prisonniers.
Les diables se moquent
Et lâchent des mannes
Avides de culpabilité.
Styx,
Fleuve aux milles visages,
Se nourrit des souffrances.
Et le passeur,
Seul,
Pleure.
Il vogue,
Sur un océan d’ossements
Ou bien sur une mer d’éther.
Il a oublié son passé,
Mais le mal s’accroche toujours
Sur ses épaules voûtées.
Alors la beauté du Styx
Ravive en lui son cœur d’homme
Et le passeur,
Seul,
Sourit,
Les yeux pleins de larmes.