Une colombe s'est posée
Comme une étoile sur mes paumes ;
Au-delà des amours finies
Dans mes ténèbres solitaires
Une main câline caresse.
Faire éclater l'adolescence,
Aimer, être aimée jusqu'aux moelles !
La pluie féconde le nuage
J e veux donner vie à la vie.
Dans le bazar d'amour, combien
De fausses Maries se promènent
Dédaignant la maternité,
Et Meryem sourit, sereine :
"Je n'ai pas connu le péché !"
Et c'est vrai qu'elle est sans péché.
Le temps grandit et l'on franchit
Un par un les cercles du sort
Tandis qu'un à un se dissolvent
Le prime émoi, la prime peur,
La saveur du premier baiser.
La guerre, les longues disettes
Et les grands tourments de la vie
Ont emporté beaucoup de nous,
Le seul bien qui nous reste encore
C'est de pouvoir parler de nous...