Tôt le matin,
J'irai au jardin,
Le voir s'éveiller.
Moi, bercée de lumière et
Lui, baigné de rosée.
Si peu de jours encore,
Il était comme mort.
Arbres nus et moroses,
Plaques de neige blanc crasse,
Et touffes d'herbe éparse.
Mais, comme les autres années,
Même si l'on en doutait,
Le miracle s’opéra.
Juste le temps d’y penser :
Le printemps était là.
Et depuis, tout s’avive.
La nature chrysalide
Ouvre sa gangue de soie.
Doucement, elle déploie
Ses ailes aux tons bleu roi.
Une à une,
Je descendrai les marches
Qui mènent au gazon.
Les tendres primevères
Y seront en bouton.
Avec précaution,
J’y poserai un pied,
Et puis deux.
Je fermerai les yeux
Et j’ouvrirai mon nez.
Je laisserai l’air frais
Porter à mes narines
Les effluves parfumées
Des boutons d’aubépine,
Des fougères, des jonquilles.
Je resterai un moment
A humer l’air du temps.
Avant de remonter,
J’irai au peuplier,
Et je l’enlacerai.
Je laisserai monter,
Comme la sève qui l’emplit,
Ses profondes vibrations,
Tel un hymne à la vie :
Que j’aime cette saison !