Dimanche après-midi,
Quinze du mois d'août.
Assomption de Marie.
Dans le ciel, que du bleu.
Dans les prés, que du vert.
Au loin, tout est désert.
Seules quelques vaches broutent,
Lançant parfois un "meuh",
Sur un coteau, au loin.
C'est comme une parenthèse,
Entre soir et matin.
Le soleil est de braise.
Sous sa chaleur intense,
La torpeur a gagné.
Tout semble être assommé.
Pour éviter la transe,
Je me suis réfugiée
A l'ombre d'un tilleul.
Un banc m'y attendait.
Caressée d'un vent frais,
Je suis bien, je suis seule.
Sur les hauteurs,
Quelques grillons
Lancent leurs cris stridents.
Ils donnent à la douceur
De cet exquis moment
Un ton lent, qui me berce.
Petite déjà, je me souviens,
J'aimais le grand tilleul,
Planté dans mon jardin.
J'y jouais si souvent,
Avec ma petite sœur,
Protégée par ses feuilles.
Aujourd'hui, sous un autre,
Je trouve la fraîcheur,
Que tant d'autres recherchent.
Le temps passe si vite :
Quelques instants sur terre,
Et déjà, je vous quitte…
Tilleul, au si grand âge,
Tant d'âmes ont pris refuge
Sous ton immense feuillage.
Sais-tu si, à l'aube de ma vie,
Je trouverai un de tes frères
Pour adoucir mes nuits ?